Education
Tous les enfants, où qu'ils vivent et quelles que soient leurs circonstances, ont droit à une éducation de qualité. Voyons comment l'UNICEF au Cameroun soutient les enfants pour qu'ils puissent aller à l'école et apprendre.
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Les défis
Plus d'un million et demi d'enfants en âge scolaire (de quatre à dix-sept ans) ont besoin d'une aide à l'éducation en raison des crises dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (865 029 enfants), la Côte et l'Ouest (67 433 enfants) et l'Extrême-Nord (564 091 enfants), où quelque 1 126 007 élèves (avec 12 000 enseignants) ont besoin d'accéder d'urgence à des services d'éducation.
L'UNICEF Cameroun s'attaque à des problèmes tels que l'insuffisance des infrastructures, les disparités entre les sexes et les barrières sociales afin de promouvoir un environnement d'apprentissage sûr. L'organisation vise à améliorer l'accès à une éducation de qualité et inclusive pour les enfants d'âge scolaire dans les communautés touchées par la crise, y compris les personnes déplacées à l'intérieur du pays, les réfugiés et les enfants handicapés.
L'UNICEF réhabilite les écoles, soutient l'apprentissage numérique pour réduire la fracture numérique et met en œuvre des mesures de protection contre la violence et les mariages précoces. L'organisation se concentre également sur l'amélioration des résultats scolaires grâce à la formation des enseignants et à la distribution de matériel pédagogique, tout en renforçant les capacités locales en vue d'une planification et d'une coordination efficaces de l'éducation.
Plus de 1,5 million d' enfants en âge scolaire (de quatre à dix-sept ans) ont besoin d'une aide à l'éducation.
1. Problèmes liés à l'accès à l'éducation
Les problèmes sont plus prononcés dans les zones rurales et les régions touchées par la crise, où les enfants sont confrontés à des obstacles géographiques et économiques qui les empêchent d'accéder à une éducation de qualité et inclusive. Les enfants handicapés sont également confrontés à des difficultés, car les écoles manquent souvent d'un environnement favorable : infrastructure ou personnel formé pour soutenir l'apprentissage. Le passage à l'apprentissage en ligne pendant la pandémie de COVID-19 a mis en évidence une fracture numérique existante ; de nombreux enfants des communautés rurales et à faibles revenus n'ont pas accès à la technologie nécessaire ou à l'internet, ce qui rend difficile leur participation à l'apprentissage à distance. En outre, de nombreux enfants n'ont pas de certificat de naissance officiel, ce qui les empêche de s'inscrire à l'école et d'accéder aux services connexes, en particulier parmi les populations vulnérables. Les pratiques culturelles telles que le mariage et la grossesse précoces créent également des obstacles importants pour les filles, ce qui les conduit souvent à abandonner l'école. Pour améliorer véritablement les possibilités d'éducation au Cameroun, il est essentiel de relever ces défis avec compassion et engagement.
Dans l'extrême-nord, l'UNICEF est l'un des principaux acteurs dans la région, qui continue d'être gravement touchée par les inondations. Au 11 novembre 2024, 448 164 personnes (64 122 ménages) étaient affectées, avec 84 000 nouveaux arrivants depuis le 19 septembre. Plus de 98% des personnes touchées se trouvent dans les départements du Logone et Chari et du Mayo-Danay. Quelque 262 écoles ont été inondées, affectant 152 376 enfants de moins de 5 ans. Le gouvernement, les autorités locales/élites et diverses organisations humanitaires viennent en aide aux victimes.
2. Les défis de la qualité de l'éducation
Les niveaux élevés de pauvreté dans la plupart des dix régions du Cameroun font qu'il est difficile pour les familles d'acheter le matériel scolaire nécessaire à leurs enfants, ce qui est l'un des facteurs conduisant à l'augmentation des taux d'abandon et à la réduction de la fréquentation scolaire. Les disparités entre les sexes exacerbent la situation, les filles étant souvent confrontées à des obstacles à l'éducation que les garçons n'ont pas, en particulier dans les communautés rurales et marginalisées. En outre, le manque de ressources éducatives inclusives pour les enfants handicapés a historiquement laissé un grand nombre de ces élèves sans accès à une éducation de qualité et adaptée à leur handicap. L'inefficacité de la gouvernance scolaire, caractérisée par une formation inadéquate des comités de gestion des écoles, a entravé la responsabilité locale et la capacité à répondre efficacement aux besoins de l'école et de la communauté. En outre, la formation et le développement des enseignants n'ont pas suivi le rythme des exigences de la pédagogie moderne, ce qui limite l'efficacité des pratiques d'enseignement dans la salle de classe.
1,9 million d'enfants en âge d'être scolarisés ont besoin d'un soutien éducatif, selon le plan de réponse humanitaire (PRH).
3. Gouvernance
En 2024, avec le soutien essentiel de l'UNICEF et de partenaires clés, dont la Banque mondiale et l'UNESCO, des progrès significatifs ont été réalisés dans le renforcement du système éducatif camerounais. Les contributions clés de l'UNICEF ont été déterminantes pour la finalisation d'un plan sectoriel de l'éducation (PSE) tenant compte de l'égalité des sexes pour 2023-2030 et la validation du document de politique nationale sur l'éducation inclusive. Son rôle central dans le plaidoyer pour la finalisation du plan sectoriel de l'éducation et l'élaboration du pacte de partenariat souligne le caractère indispensable du soutien de l'UNICEF.
L'UNICEF a également plaidé en faveur d'une analyse fondée sur les données et d'un soutien stratégique en collectant des données sur les taux de scolarisation et d'abandon scolaire afin d'identifier les disparités dans l'accès à une éducation de qualité, en particulier dans les communautés marginalisées. Par exemple, dans le cadre de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, l'UNICEF collabore avec Plan International pour protéger les droits des enfants dans les situations d'urgence et prévenir les agressions contre les élèves à l'école et sur le chemin de l'école. Ce cadre souligne non seulement l'importance de la sécurité dans l'éducation, mais informe également l'élaboration de politiques visant à créer des environnements d'apprentissage sûrs.
L'UNICEF contribue à faire en sorte que tous les enfants, en particulier ceux des zones rurales et des zones touchées par un conflit, aient accès à une éducation sûre et de qualité. Nous travaillons avec des responsables gouvernementaux, des éducateurs et des ONG pour lever les obstacles tels que l'insuffisance des infrastructures et la pénurie d'enseignants. Par exemple, en facilitant la formation des enseignants et en plaidant pour la construction de nouvelles salles de classe et de latrines inclusives et respectueuses de l'égalité des sexes.
En outre, l'UNICEF met l'accent sur les politiques d'éducation inclusive qui répondent aux besoins des enfants handicapés et de ceux issus de milieux défavorisés. En utilisant des données qui mettent en évidence les défis spécifiques auxquels ces groupes sont confrontés, l'UNICEF mène des interventions ciblées qui soutiennent un accès équitable à l'éducation : par exemple, en 2024, le gouvernement du Cameroun a validé le programme d'éducation inclusive pour les enfants handicapés.
4. Les attaques contre l'éducation
Dans les régions touchées par des crises , les enfants sont confrontés à diverses formes de violence, notamment la maltraitance, l'exploitation et les brimades, qui rendent les écoles peu sûres et créent une peur et un stress qui réduisent leur engagement dans l'apprentissage. Les effets psychologiques de cette violence et de ces traumatismes peuvent entraver la capacité d'un enfant à réussir à l'école. Il est donc important de fournir des ressources en matière de santé mentale pour les aider à faire face et à s'épanouir. En outre, la violence et la discrimination fondées sur le sexe dans les établissements d'enseignement créent un environnement peu sûr pour les filles et les dissuadent d'aller à l'école. Pour promouvoir l'équité, il est essentiel de développer des espaces d'apprentissage favorables et sensibles au genre qui peuvent aider tous les enfants. En abordant ces questions, on peut orienter des interventions efficaces dans le cadre d'un plan de résilience pluriannuel, ce qui permet de créer des environnements éducatifs plus sûrs et plus inclusifs.
Les solutions
Quelles solutions proposons-nous aux enfants vulnérables?
Notre réponse à l'éducation dans les situations d'urgence:
Espaces temporaires d'apprentissage (ETA)
L'UNICEF a mis en œuvre des interventions ciblées pour améliorer l'accès à l'éducation des enfants non scolarisés et de ceux qui n'ont jamais été à l'école, en particulier dans les régions touchées par la crise comme le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, l'Extrême-Nord et l'Est du Cameroun. Les principaux objectifs de ces initiatives sont d'augmenter les taux de scolarisation et de réduire les inégalités en matière d'éducation, en accordant une attention particulière aux filles.
Ces régions sont confrontées à de graves attaques contre les établissements d'enseignement et à des déplacements massifs dus à l'insécurité. L'UNICEF a mis en place des espaces temporaires d'apprentissage (ETA) pour permettre aux enfants des zones de crise de poursuivre leur éducation. Ces environnements d'apprentissage sont essentiels pour que les enfants déplacés par la violence puissent bénéficier d'un apprentissage structuré.
Programme d'enseignement accéléré (CARED)
Dans les régions de l'Extrême-Nord et du Nord, par exemple, qui sont fortement touchées par la crise du bassin du lac Tchad et le changement climatique (en particulier les inondations récurrentes), l'UNICEF a non seulement construit des espaces d'apprentissage temporaires (EAT) supplémentaires, mais a également mis en œuvre le programme d'éducation accélérée (CARED). Ce programme a permis à 7 665 enfants (54 % de garçons et 46 % de filles) de réintégrer l'enseignement formel en 2024. Pour répondre aux besoins éducatifs immédiats des populations déplacées, l'UNICEF a également fourni du matériel d'enseignement et d'apprentissage essentiel.
Programme d'éducation par radio (REP)
Pour résoudre le problème des enfants qui ne peuvent pas aller à l'école, l'UNICEF a lancé le Programme d'éducation par radio (REP), qui utilise des leçons audio enregistrées pour offrir des possibilités d'apprentissage accessibles. Cette initiative a permis de toucher 29 283 enfants (46 % de garçons et 54 % de filles), leur offrant une alternative flexible et sûre à la scolarisation traditionnelle dans les zones touchées par le conflit. L'utilisation innovante de l'enseignement par radio témoigne du potentiel des solutions d'apprentissage flexibles dans les régions en proie à la violence et à l'instabilité.
Le succès de ces initiatives (TLS, CARED et REP) repose sur des partenariats solides avec les autorités locales et les organisations de la société civile, qui sont essentiels pour garantir l'impact à long terme et la durabilité des efforts de l'UNICEF. Les programmes de transformation des genres veillent à ce que les filles, qui sont souvent exposées à des situations plus vulnérables, soient prioritaires dans toutes les interventions.
En 2024, ces actions et collaborations ciblées ont permis d'enregistrer des progrès tangibles et transformateurs, offrant à des milliers d'enfants non scolarisés et vulnérables l'accès à l'éducation. C'est particulièrement vrai dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, durement touchées par les attaques contre les établissements d'enseignement et les déplacements de population massifs, où le REP a fourni une ressource d'apprentissage vitale.
Soutien psychosocial (PSS) et réduction des risques de conflit et de catastrophe (CCRR)
De 2022 à 2024, plus de 1 185 826 enseignants ont été formés au soutien psychosocial (PSS) et à la réduction des risques de conflit et de catastrophe (CCRR). 6 953 enseignants, superviseurs et parents ont reçu une formation sur l'eau, l'assainissement et l'hygiène dans les écoles, le VIH/sida, le genre, la parentalité positive, la non-violence, l'innovation et les compétences du 21e siècle. L'engagement actif des enfants et le dévouement des enseignants et des parents à l'éducation transformatrice ont permis à 100 % des filles et des garçons ciblés de rester scolarisés de 2022 à 2024.
Coordination des groupes sectoriels
Afin d'améliorer la qualité et la rapidité de la réponse éducative aux crises complexes et protégées au Cameroun, l'UNICEF a continué à coordonner les interventions humanitaires dans le domaine de l'éducation. Un aperçu des besoins humanitaires et un plan d'intervention humanitaire pour 2025 ont été élaborés en collaboration avec OCHA. En 2024, l'UNICEF était également en première ligne aux côtés du Cluster mondial pour l'éducation et de Plan International, pour former 45 acteurs dans les régions touchées par les crises sur les mécanismes de réponse rapide avec l'élaboration de plans de réponse éducative.
Environnement éducatif protecteur (EEP)
Le développement participatif de la stratégie "Environnement éducatif protecteur" (EEP) souligne le rôle crucial que joue la musique dans l'éducation des enfants. Le programme " Je suis musique" en cours est conforme à cette reconnaissance et vise à renforcer les compétences de la vie courante tout en encourageant la fréquentation de l'école et en améliorant la rétention. Adoptant une approche centrée sur les filles pour remédier à l'absence de progrès en matière de droits des filles, le programme a mis en œuvre avec succès la méthodologie El Sistema dans trois centres musicaux pilotes, améliorant les aptitudes à la vie quotidienne des enfants par le biais de chants et de jeux collectifs. Ce faisant, le programme vise à libérer leur potentiel, à encourager leur développement personnel et à les aider à faire des choix de vie positifs, en les détournant des situations à risque et en facilitant la constitution de réseaux familiaux et communautaires. Les enfants qui participent à des activités musicales bénéficient d'un environnement favorable qui s'étend au-delà de la salle de classe et influence positivement leurs interactions sociales au sein de la communauté au sens large, réduisant l'agressivité et augmentant la maîtrise de soi, la confiance et l'estime de soi, renforçant le travail d'équipe, la discipline et le respect.
La musique, qui fait partie de la culture camerounaise, transcende les frontières culturelles, ce qui fait du programme Je suis musique de l'UNICEF un outil puissant pour les ministères de l'éducation afin de promouvoir la croissance et le développement des enfants camerounais de manière pratique et en douceur. Basé sur le processus de co-création que le programme préconise, il y a une forte institutionnalisation et appropriation du programme au sein du système éducatif, puisqu'il est intégré dans le programme de musique des écoles de formation des enseignants. La méthodologie El Sistema, l'approche des droits de l'enfant et la pédagogie musicale ont été incluses dans le programme obligatoire des enseignants, et tous les professeurs de musique du pays ont été formés à l'approche des droits de l'enfant, à la méthodologie El Sistema et à la pédagogie musicale.
L'appropriation par les partenaires gouvernementaux, les bénéficiaires et les artistes, le respect des spécificités culturelles, la phase pilote et la promotion de la co-création et d'un processus participatif ascendant avec les principaux bénéficiaires du programme (à savoir les adolescents et les adolescentes) contribuent à l'adoption réussie et à l'éventuelle extension du programme.
Coordination
En 2024, l'UNICEF, en collaboration avec des partenaires clés dont la Banque mondiale et l'UNESCO, a réalisé des progrès significatifs dans le renforcement du système éducatif camerounais grâce à la finalisation d'un plan sectoriel de l'éducation (PSE) sensible au genre pour 2023-2030 et à la validation du Document de politique nationale sur l'éducation inclusive. L'UNICEF a joué un rôle clé dans le plaidoyer en faveur de la finalisation du plan sectoriel de l'éducation et de l'élaboration du pacte de partenariat. L'approche de l'UNICEF, fondée sur les données, a permis au gouvernement de disposer d'éléments précis pour prendre des décisions fondées sur des données probantes et élaborer des stratégies éducatives adaptées. Ce plaidoyer a permis de s'assurer que le secteur de l'éducation recevait l'attention et les ressources dont il avait besoin. En s'appuyant sur des partenariats avec la Banque mondiale, l'UNESCO et d'autres agences, l'UNICEF a facilité le dialogue stratégique et la collaboration qui ont été essentiels pour surmonter les goulets d'étranglement et atteindre les objectifs fixés.
Les réalisations de 2024 ont conduit à des progrès systématiques et transformateurs vers un accès équitable à une éducation de qualité au Cameroun. L'achèvement du plan sectoriel de l'éducation et la validation de la politique nationale d'éducation inclusive ont permis d'éliminer les principaux goulets d'étranglement et de garantir un meilleur accès à l'éducation pour les enfants, en particulier ceux qui souffrent d'un handicap. Les efforts coordonnés au niveau communautaire par le biais du programme de résilience pluriannuel "L'éducation ne peut attendre" ont renforcé le lien entre la politique nationale et les interventions sur le terrain, promouvant ainsi un système éducatif plus inclusif et plus efficace.
Les efforts de l'UNICEF en matière de renforcement des capacités et des systèmes ont permis d'améliorer la gouvernance et la coordination du secteur de l'éducation. Il s'agissait notamment de renforcer le dialogue sectoriel et de guider le secteur pour qu'il donne suite aux engagements pris lors du sommet sur l'éducation pour la transformation. En outre, l'UNICEF a continué à soutenir une formation de haut niveau à l'Institut international de planification de l'éducation (IIPE - UNESCO), où sept fonctionnaires ont renforcé leurs compétences en vue d'une planification et d'un suivi efficaces du système éducatif. L'UNICEF a assuré la participation de hauts fonctionnaires à des réunions internationales clés sur l'éducation (la première conférence panafricaine de l'Union africaine sur l'éducation des filles et des femmes en Éthiopie, l'Africa Foundational Learning Exchange au Rwanda et la Conférence continentale sur l'éducation en Mauritanie).
Opération spéciale d'enregistrement des actes de naissance
L'UNICEF, en collaboration avec la Banque mondiale, a aidé le ministère de l'Éducation de base à lancer une opération d'enregistrement des actes de naissance pour 48 000 enfants de l'école primaire. La présentation de ce document est obligatoire pour se présenter aux examens de fin d'études primaires. Cela a permis d'améliorer à la fois le taux de réussite et la transition entre l'école primaire et l'école secondaire. Ces résultats sont le fruit de la puissance des partenariats et des stratégies basées sur des preuves pour transformer le secteur de l'éducation au profit de tous les enfants du Cameroun, ainsi que du leadership stratégique et de l'approche collaborative de l'UNICEF.