8 mars: réfléchir sur la contribution des femmes au développement de la société
Le 8 mars nous rappelle d'investir en faveur des femmes et d’ « accélérer le rythme » pour une société plus équitable et égalitaire où hommes et femmes, filles et garçons sont tous égaux.
Au Burkina Faso, la Journée internationale des droits des femmes a été célébrée sous le thème : « Promotion de l’entreprenariat communautaire : quelle contribution des femmes ? », qui s’inscrit en droite ligne avec celui retenu au niveau global pour la 167ème commémoration : « Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ».
A l'UNICEF, les femmes ont célébré la journée. Mais elles ne se sont pas arrêtées à célébrer d’une manière vide et creuse : elles ont réfléchi, discuté, échangé sur l'apport des femmes dans la communauté.
« Cette année, nous voulons ramener la Journée des droits des femmes à notre vécu quotidien. En tant que femmes et hommes, réfléchissons sur ce que nous aimerons qui soit diffèrent dans nos vies. En quoi notre genre nous a-t-il limité et nous limite encore ? Que pouvons-nous transformer, pour changer la situation. Comment pouvons-nous soutenir les femmes dans leurs entreprises, de manière à renforcer leur moyens d’existence », dit Johanne Desormeaux, cheffe du programme Nutrition, pour lancer le débat.
Les femmes sont revenues sur le mot « pouvoir » et son importance. Car, tout dépend du pouvoir et de quel côté il se situe. « Les 3 P sont importants : pouvoir pour les femmes, pouvoir par les femmes, et pouvoir sur les femmes", explique Assiatta Kaboré, charge de santé communautaire, afin qu'il soit compris que depuis la nuit des temps, ce sont les hommes qui détiennent le « pouvoir », et l'exercent à leur guise. C'est à se demander ce qu'ils en ont fait si nous voyons le monde dans lequel nous vivons, avec la guerre, la famine, le réchauffement climatique, entre autres.
La femme ne doit jamais perdre son pouvoir de décision. C’est depuis Fada N’gourma que la Spécialiste en nutrition Sylvie Forgo, a conseillé aux femmes de rester forte face aux défis de la vie.
« Tomber c’est de l’expérience. Se battre c’est du caractère. Ne pas abandonner c’est la vie. Si tu ne prends pas le temps de créer la vie que tu désires, tu seras forcée à passer beaucoup de temps à vivre une vie dont tu ne veux pas », déclare Sylvie Forgo, encourageant les femmes de se soutenir mutuellement.
La condition de la femme requiert un accompagnement multiforme car, dans bon nombre de situations, l’homme est mieux outillé que la femme, et par conséquent, les opportunités, les chances s’offrent à lui, et non à elle. Cet état de fait est tout de même alimenté et entretenu par les hommes, d’où le besoin de renforcer la sensibilisation sur le genre, la masculinité positive et l’équité.
« Nous sensibilisons les hommes pour qu’une transformation profonde s’opère dans la société. On s’est rendu compte que tant que les hommes ne comprennent pas et n’adhérent, la situation des femmes ne changera pas. Nos efforts seront vains », souligne Ida Tamini, Spécialiste Genre et Développement.
Si la femme a aussi accès aux opportunités, elle contribuera beaucoup plus efficacement au sein de la communauté. Pour jouer pleinement son rôle dans l’engagement communautaire, la femme doit comprendre celui-ci. «L’engagement communautaire, c’est la mobilisation et l’engagement de différents acteurs du développement autour de la communauté pour qu’ensemble ils mènent des interventions en faveur de la communauté, alors que l’engagement de la communauté renvoie à la participation des membres de la communauté au processus participatif de développement leur permettant de définir leurs priorités et de prendre action pour résoudre les problèmes identifiés », clarifie Charles Tayo Jiofack, Spécialiste SBC, expert dans le domaine.
Ce 8 mars, l’UNICEF célèbre aussi des gains contribuant au bien être des femmes et des filles au Burkina Faso. Au cours des 5 dernières années, les mariages d'enfants ont baissé de 50% à 36%. Les filles qui ne sont pas victimes de mariages d’enfants ont plus de chance de poursuivre leur éducation, acquérir des compétences et renforcer leur employabilité et leur entreprenariat.
« Investir dans une femme, c’est la libérer de l’ignorance, de la pauvreté et la discrimination. C’est lui donner des outils d’autonomisation et créer des solutions à ses problèmes. Elles deviennent un véhicule pour la transformation sociétale », déclare James Mugaju, Représentant adjoint de l’UNICEF.
Les femmes ont des rôles et des responsabilités. Mais au regard de la crise que traverse le Burkina Faso, de nombreuses femmes ne parviennent pas à déployer leur plein potentiel parce qu’elles sont obligées de quitter leur domicile et de s’enfuir avec leur famille, à cause de l’insécurité.
« En ce 8 mars, mon cri du cœur est que nous nous engageons dans un élan de solidarité et de fraternité, à œuvrer en faveur des droits des femmes, en contribuant à l’autonomisation des femmes en situation difficile, notamment celles déplacées internes », conclut Mireille Cisse, présidente des femmes de l’UNICEF.