Maintenant que nous avons de l'eau, je peux aller à l'école

Quand l’accès à l’eau potable permet de retrouver le chemin de l’école et des rêves

Unicef Togo
L’introduction des pompes à eau a aussi donné à des filles telles que Sadia la possibilité de poursuivre leur éducation.
UNICEF Togo

20 March 2019

Sadia est une fille de 10 ans originaire du village de Kpamberta, situé dans la région de Kara, à environ 500 kilomètres au nord de Lomé. Avec d’autres jeunes filles et femmes de son village, Sadia, jusqu’à récemment, se levait à 5 heures du matin chaque jour pour recueillir à la rivière Kakembe 20 litres d’eau pour toute sa famille, afin qu’ils puissent boire, cuisiner et se laver. Sadia marchait 2 km dans chaque sens, transportant d’abord de l’eau pour sa famille et ensuite pour elle-même. Pendant la saison sèche, cette tâche a été encore alourdie, car ils devaient marcher 4 km dans chaque sens jusqu’à la rivière.

Finalement, Sadia a été obligée d’abandonner l’école en raison du temps passé à collecter l’eau. « C’était vraiment difficile. Nous devions marcher un long chemin jusqu’à la rivière Kakembe et au moment de mon retour, il était souvent trop tard pour aller à l’école. J’ai eu pitié aussi de ma mère qui avait déjà tellement de travail, alors j’ai arrêté d’aller à l’école. » Beaucoup de jeunes filles comme Sadia abandonnent l’école, car dans les communautés rurales, la corvée d’eau est une responsabilité qui repose généralement uniquement sur les femmes.

Sadia a été obligée d’abandonner l’école en raison du temps passé à collecter l’eau.
UNICEF Togo
Sadia faisait entre quatre a huit kilometres par jour, pour collecter de l'eau pour sa famille.

Dans les zones rurales du Togo, tout comme le village de Sadia, seulement 45% des populations ont accès au service de base de l’eau potable, contre 90% dans les zones urbaines. Le problème dépend également du revenu puisque 74% des ménages les plus pauvres n’ont pas accès à l’eau potable, alors que seulement 9,7% des familles ont un point d’eau sur leur site. Les jeunes filles et les femmes n’ont donc pas d’autre choix que de marcher plusieurs heures par jour pour avoir de l’eau souvent très sale et infestée de maladies. Antoinetta, une habitante du village de Kpamberta le confirme : « Nous savions que les 50 litres d’eau que nous, femmes, transportions en un seul voyage n’était pas potable et qu’elle pouvait rendre nos enfants malades mais nous n’avions pas le choix ». 

Boire de l’eau non potable peut constituer une menace sérieuse pour la vie d’un enfant. Au Togo, la diarrhée est l’un des quatre principaux facteurs de mortalité infantile avec le paludisme, la tuberculose et la malnutrition, et les communautés rurales sont particulièrement menacées. Le taux de mortalité infantile dans la région de Kara est en effet de 130% contre 88% au niveau national.

Sadia peut retourner a l'ecole
UNICEF Togo
« Nous pouvons dormir plus longtemps car nous n’avons plus besoin de nous lever avant l’aube pour marcher pendant des heures pour avoir de l’eau »,

Dans le but de rendre l’eau potable plus accessible dans les zones rurales du Togo, l’UNICEF a collaboré avec le Comité National Japonais et Fuji TV pour que cela devienne une réalité dans le canton d’Atalotè (Kéran). Depuis le lancement de cette initiative quatre forages équipés d’une pompe solaire manuelle ont été réalisés dans trois villages différents de la préfecture de la Kéran. Cela a aidé plus de 598 femmes et 750 filles, tout comme Sadia, qui n’a plus à marcher pendant des heures pour collecter de l’eau insalubre.

Plus tôt cette année, une pompe à eau a été installée à Kpamberta. Sadia a encore beaucoup de mal à réaliser à quel point cela a transformé sa vie et celle de sa famille. « Nous avons maintenant de l’eau potable à boire, pour cuisiner et laver nos vêtements ... nous pouvons prendre des bains et construire des latrines et des maisons. » Non seulement l’introduction des pompes à eau a remédié aux problèmes quotidiens tels que la nutrition et l’assainissement, mais elle a aussi donné à des filles telles que Sadia la possibilité de poursuivre leur éducation.

« Nous pouvons dormir plus longtemps car nous n’avons plus besoin de nous lever avant l’aube pour marcher pendant des heures pour avoir de l’eau », se réjouit Sadia. »

heureuse de retrouver l'ecole
UNICEF Togo
Sadia est heureuse de retourner a l'ecole

« Maintenant je peux aller à l’école, ce qui  me permettra d’obtenir un emploi plus tard, celui de couturière, afin que je puisse gagner de l’argent et soutenir ma famille. », ajoute-t-elle.

Antoinetta, une des habitantes du village de Sadia a aussi relevé au bout de deux semaines seulement, tous les avantages générés par l’installation du forage :

« L’eau du forage nous aide à être en bonne santé et permet aux enfants de rester à l’école pour qu’ils puissent obtenir de bons emplois. Maintenant nos enfants pourront aspirer à devenir infirmière ou enseignant et même travailler à l’étranger » , tout en apprenant dans un environnement sécuritaire avec accès à de l’eau potable », relève-t-elle les yeux brillants. « Tout cela, c’est grâce à Sadia, notre ambassadrice de l’eau. C’est elle qui avait été choisie par les japonais pour témoigner de nos problèmes et nous voilà aujourd’hui », ajoute-t-elle encore en riant !

Avec l’appui de l’UNICEF, la réalisation de ces forages a été accompagnés de la mise en place de quatre comités de gestion des points d’eau et de la formation de 20 membres de chacun de ces comités. Leur rôle principal est d’assurer la durabilité de l’eau potable dans les trois villages afin de contribuer à alimenter l’espoir d’un avenir meilleur pour les filles et garçons de ces villages.