Aucun parent ne devrait éprouver le chagrin de voir son enfant souffrir ou mourir

Les décès de nouveau-nés ont été réduits de moitié en l’espace d’un an dans la région de Tambacounda

Lalaina F. Andriamasinoro
Soins Néo-Natals
UNICEF Senegal/2022/Massamba Fall
13 avril 2022

TAMBACOUNDA (Sénégal), le 13 avril 2022 – Imaginez un moment où vous êtes sur le point d’accoucher. Vous êtes chez vous, accompagnée seulement de quelques membres de votre famille. Vous souffrez, mais vous n’avez pas accès à un médecin, une infirmière ou une sage-femme. Le premier hôpital se trouve à des centaines de kilomètres de chez vous.  Vous savez qu’il y a un risque réel pour vous et votre bébé de ne pas survivre. Et même si vous et votre bébé survivez, vous savez que les jours et les semaines à venir sont remplis de danger.

Imaginez maintenant que vous êtes sage-femme et que vous vous apprêtez à accoucher un bébé prématuré. Le centre de santé où vous travaillez ne dispose pas des équipements nécessaires pour une telle opération. La future mère devant vous a seulement 16 ans. Elle entre dans sa phase active de travail. Vous êtes sa seule source d’aide médicale et d’espoir.

Ces scénarios illustrent la dure réalité à laquelle sont confrontés des mères, des bébés et des agents de santé dans les coins reculés de la région de Tambacounda, dans le sud-est du Sénégal. C’est une réalité que nous pouvons et devons changer pour garder chaque enfant et chaque maman en vie.

La représentante de l'UNICEF visitant l'unité de néonatalogie de l'hôpital régional de Tambacounda
UNICEF Senegal/2022/Massamba Fall
La représentante de l'UNICEF visitant l'unité de néonatalogie de l'hôpital régional de Tambacounda

Dr Bayal Cissé est le premier responsable de la santé de la région de Tambacounda. Pour lui, les facteurs liés aux décès des mamans avant, pendant ou après l’accouchement sont multiples.

"Certaines mères sont trop jeunes ; d’autres sont victimes d’hémorragie ; certaines sont anémiées ; les évacuations ne sont pas faites à temps ; les mamans habitent très loin du premier centre de santé ; certains blocs opératoires ne sont pas fonctionnels ; certaines zones font face à un manque de personnel qualifié ; d’autres n’ont pas de gynécologues, ni d’anesthésistes ; et bien d’autres raisons" a-t-il listé.

"Ce ne sont là que des facteurs liés uniquement à la santé. Mais la problématique dépasse largement le secteur" nous précise-t-il. "Si les mamans qui viennent ici sont anémiées, c’est qu’elles font face à des problèmes liés à la malnutrition. Si les mamans qui arrivent dans les centres de santé sont trop jeunes, c’est qu’il y a des problèmes liés à la protection de l’enfant. La santé des adolescentes, la grossesse précoce, le mariage d’enfants sont des situations  qui doivent être abordées" nous confie-t-il.

"C’est pour cette raison que dans le KKBG – en faisant référence aux communes de Kothiary, Kohar, Bala et Goumbayel – nous essayons de promouvoir cette intersectorialité, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales. C’est un modèle assez prometteur, dans lequel l’ensemble des parties prenantes unissent leurs efforts pour le bien-être des enfants et de leur maman, en améliorant l’environnement dans lequel ils vivent. Qu’il s’agisse de la santé, de la nutrition, de l’eau, hygiène et assainissement, de la protection de l’enfant ou de leur éducation" précise-t-il avec beaucoup d’enthousiasme.

La représentante de l'UNICEF visitant l'unité de néonatalogie de l'hôpital régional de Tambacounda
UNICEF Senegal/2022/Massamba Fall

Aussi bien dans la région de Tambacounda que dans d’autres, l’UNICEF a renforcé en équipements les unités de néonatalogie à travers le pays, avec l’appui d’un certain nombre de partenaires, dont le Fonds Français Muskoka et le Gouvernement du Japon. L’hôpital régional de Tambacounda compte parmi les bénéficiaires.

"D’importants efforts ont été fournis pour réduire de manière drastique la mortalité néonatale dans la région. Outre les équipements offerts par l’UNICEF, nous avons également pu mobiliser des ressources pour renforcer les capacités du personnel de santé dans la région" explique-t-il.

"Nous nous sommes assurés que les mamans pendant la grossesse, l'accouchement et les premiers jours et semaines de la vie aient accès à un établissement de santé propre et fonctionnel doté d'agents de santé qualifiés, et aient accès aux médicaments et équipements essentiels."

"Entre 2020 et 2021, le nombre de décès néonatal notifié est passé de 354 à 186, soit une réduction de presque la moitié en l’espace d’un an. Pour autant, de nombreux défis doivent être relevés."

"La naissance d'un bébé devrait être un moment de joie, mais pour de nombreuses familles, ce n'est pas le cas. Aucun parent ne devrait éprouver le chagrin de voir son enfant souffrir ou mourir. En veillant à ce que chaque mère et chaque bébé aient accès à des soins abordables et de qualité, nous pouvons sauver des vies de nouveau-nés" a pour sa part renchéri Silvia Danailov, Représentante de l’UNICEF au Sénégal.

"Donner à chaque nouveau-né une chance équitable de survivre et de s'épanouir nécessite cependant une coopération étroite entre toutes les parties prenantes - les autorités nationales et régionales, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, la société civile, les travailleurs de la santé, les communautés et les familles. Ces acteurs doivent s'unir pour exiger et fournir des soins de santé abordables et de qualité pour chaque mère et chaque bébé, en commençant par les plus vulnérables" a-t-elle conclu.