Une classe passerelle pour retourner à l’école

Grâce à la mise en place de classes alternatives, les élèves déscolarisés rejoignent les classes.

Par Julie Crenn
Hama entrain d'etudier chez-lui
UNICEF Mali/2020/Allaye
13 novembre 2020

Donou, pays dogon - Hama est prêt pour la reprise. Après neuf mois de formation au centre de stratégie de scolarisation accélérée passerelle (SSA/P) du village de Segue-Iré, le garçon de douze ans a hâte de retrouver les bancs de l’école.

Lancée par l’UNICEF et son partenaire de mise en œuvre l’ONG APIDEV, à travers l’appui de KOICA, cette stratégie de scolarisation accélérée, dite de « classe passerelle », permet aux élèves déscolarisés âgés de 8 à 12 ans de bénéficier de cours accélérés pendant neuf mois afin de réintégrer le système scolaire formel.

« J’ai appris à lire, à écrire et à faire des calculs » témoigne Hama, dont la scolarité avait été interrompue à sept ans. « Le manque de moyens des familles, la distance de l’école ou le manque de confiance dans le système d’enseignement public sont autant de raisons à la déscolarisation des enfants » explique Allaye Ouologuem, superviseur des centres SSA/P pour l’ONG partenaire APIDEV dans le cercle de Bandiagara. Au Mali, l’UNICEF estime que plus de deux millions d'enfants sont en dehors du système scolaire.

L’action de l'UNICEF bénéficie en premier lieu aux enfants les plus vulnérables : ceux qui sont en dehors du système scolaire, les filles, les enfants déplacés, les enfants à besoins spéciaux et ceux qui sont affectés par le conflit ou d'autres urgences. Grâce à ce programme d’apprentissage accéléré et des programmes de réinsertion directe soutenus par KOICA, l’UNICEF travaille avec ses partenaires pour fournir aux enfants déscolarisés et non scolarisés une éducation de base de qualité.

« C’est à travers son éducation qu’un enfant va se projeter dans l’avenir. Un bon citoyen est celui qui a reçu une bonne éducation de l’école et de sa famille. »

Allaye Ouologuem, superviseur des centres SSA/P
Portrait d’Allaye Ouologuem superviseur SSAP Bandiagara, ville de Sévaré, région de Mopti, Septembre 2020.
UNICEF Mali/2020/Keita

« En tant qu’agent d’une ONG et père d’un enfant, je sais à quel point la continuité scolaire est importante » rappelle Allaye. « C’est à travers son éducation qu’un enfant va se projeter dans l’avenir. Un bon citoyen est celui qui a reçu une bonne éducation de l’école et de sa famille. »

Cette formation accélérée SSA/P facilite la réinsertion des enfants dans le système scolaire par le rapprochement de ces structures des communautés les plus en besoin. « Chaque centre SSA/P doit être à 5 km maximum d’une école classique. Ainsi on est sûr que ces élèves vont pouvoir retrouver le chemin de l’école » insiste Allaye Ouologuem en souriant sous sa casquette.

La région de Mopti compte aujourd’hui 20 centres SSA/P et 600 enfants ont bénéficié de l’aide et du soutien de ce programme d’éducation. « Depuis que notre enfant est entré dans ce centre nous avons reçu des kits scolaires et nous n’avons rien payé, tout a été pris en charge » soulignent Issaka et Aïssetou Kansagne les parents d’Hama. « Vraiment nous remercions l’UNICEF et l’APIDEV ».

« Chaque mois les apprenants sont soumis à des évaluations pour suivre l’évolution de leur niveau et, au mois de juin, un examen final est organisé avec l’appui des services techniques en charge de l’éducation pour évaluer les apprentissages et transférer les enfants dans le système formel » explique Allaye. C’est le cas d’Hama qui a obtenu la moyenne et attend désormais la rentrée 2020-2021 pour rejoindre sa nouvelle école à Donou. Admis en classe de 4e année, le garçon vise plus loin : « Je suis très fier d’avoir appris tout ça et je veux continuer à étudier tant je le pourrai. » Plein d’espoir, Hama indique même rêver de devenir directeur d’école « parce que l’enseignement c’est trop important, ça aide beaucoup d’enfants ».