Prévenir le coronavirus et s’en protéger, c’est l’affaire de tous !

Samba*, 13 ans, un enfant en situation de rue est désormais un vrai champion du lavage des mains !

Par Fatou Diagne avec Eliane Luthi
Samba *, 13 ans (à gauche), aide un ami à mettre un masque facial dans un abri temporaire ouvert à Bamako par l'UNICEF et son partenaire Samusocial pour soutenir les enfants vivant dans la rue pendant la pandémie de COVID-19.
UNICEF/UNI332885/Dicko
28 juillet 2020

« Le coronavirus, c’est une maladie dangereuse et mortelle et pour laquelle il n’y a pas de médicaments », nous explique Samba*.

Le garçon de 13 ans fait partie des milliers d’enfants qui vivent dans la rue de Bamako, la capitale malienne, et d’autres villes. Séparés de leurs familles, déscolarisés, ces enfants ont peu ou pas accès aux services sociaux de base, tels que les soins de santé. De plus, ils sont régulièrement exposés aux violences physiques et sexuelles et aux abus.

L’arrivée de la pandémie de COVID-19 au Mali aggrave encore cette situation déjà critique. Les enfants comme Samba, qui sont déjà vulnérables, sont exposés de manière accrue au nouveau coronavirus car ils n’ont pas suffisamment d’accès à l’information et aux moyens pour s’autoprotéger face au virus.

Face à cette situation, l’UNICEF et l’OMS appuient le Gouvernement du Mali dans la diffusion de messages de prévention à travers des canaux qui peuvent atteindre les couches les plus vulnérables.

Un nouveau partenariat entre l’UNICEF et Samusocial Mali vient en aide spécifiquement aux enfants, filles et garçons, en situation de rue. Grâce au partenariat, désormais 600 enfants en situation de rue comme Samba bénéficieront de dispositifs de lavage de mains installés sur une dizaine de sites, de masques de protection, d’un suivi nutritionnel et médical. Des abris d’urgence ont aussi été mis en place pour leur permettre de quitter temporairement la rue. Le projet a été rendu possible grâce au Fonds central d’intervention d’urgence (CERF).

« Le coronavirus, c’est une maladie dangereuse et mortelle et pour laquelle il n’y a pas de médicaments »

Samba*, 13 ans
Samba *, 13 ans, se lave les mains dans un abri temporaire ouvert à Bamako par l'UNICEF et son partenaire Samusocial pour soutenir les enfants vivant dans la rue pendant la pandémie de COVID-19.   se Translations of se PronounFrequency themselves se, eux-mêmes, elles-mêmes himself se, sa personne, lui-même herself se, elle, elle-même
UNICEF/UNI332882/Dicko

Aujourd’hui, Samba maîtrise non seulement les notions de base par rapport au coronavirus et sa transmission, il maîtrise également les gestes barrières, tels que le lavage des mains à l’eau propre et au savon pendant au moins 20 secondes.

« Durant les séances de sensibilisation avec les animateurs sur la COVID-19, j’ai compris beaucoup de choses » dit-il.

« Maintenant je montre à mes autres camarades enfants comment bien se laver les mains, l’importance de porter les masques et surtout, je leur dis d’éviter de saluer les personnes avec la main, surtout ceux qui toussent, ont un rhume ou font de la fièvre. »

Samba *, 13 ans, explique les techniques de lavage des mains à d'autres garçons dans un abri temporaire ouvert à Bamako par l'UNICEF et son partenaire Samusocial pour soutenir les enfants vivant dans la rue pendant la pandémie de COVID-19.
UNICEF/UNI332883/Dicko

Désormais à l’abri temporaire au centre de Quinzambougou à Bamako, Samba appréhende une nouvelle vie marquée par un rituel auquel il n’avait pas l’habitude. Prise de température chaque matin, bains, lavage des mains avant les repas, activités sociaux-éducatives et récréatives et des séances de sensibilisation sur la COVID-19 sont désormais son nouveau quotidien.

Le projet n’a pas seulement armé Samba de connaissances essentielles pour se protéger contre le virus, il a également créé un nouveau sentiment de sécurité. « Je me sens en sécurité ici et je me suis fait de nouveaux amis », explique-t-il, pendant qu’il mène une partie de tennis de table avec ses nouveaux camarades.

Face à l’augmentation des besoins, le centre de Quinzambougou a été réouvert par le Samusocial avec l’appui de l’UNICEF. Ce centre, tout comme 2 autres centres et 15 habitations pour filles et jeunes mères, a été doté en dispositifs de lavage des mains et savons, de masques de protection ainsi que de supports visuels pour la sensibilisation. Ils assurent aux enfants une prise en charge holistique à travers la fourniture de repas, de kits d’hygiène et une prise en charge médico-psychosociale et éducative.

« Le centre accueille actuellement 13 enfants âgés de 12 à 15 ans dont Samba, mais dans le contexte de la pandémie les besoins demeurent grands et il est nécessaire d’ouvrir d’autres abris temporaires pour plus d’une centaine de bénéficiaires », nous confie Awa, animatrice sociale et infirmière à Samusocial.

Awa Yacoulyé, infirmière et assistante sociale au Samusocial, dans un refuge temporaire ouvert à Bamako par l'UNICEF et le Samusocial pour soutenir les enfants vivant dans la rue pendant la pandémie de COVID-19.  
UNICEF/UNI332891/Dicko

« Cette crise sanitaire ne fait qu'exacerber une situation déjà très fragile pour les enfants »

Daniela Luciani, responsable de la Protection de l'enfance à l'UNICEF au Mali.

En effet, la situation déjà fragile en matière de protection de l’enfant au Mali est en train de s’exacerber avec la crise sanitaire de la COVID-19. Au Mali, plus d'un million d'enfants seront confrontés à des problèmes de protection cette année, soit deux fois plus que l'année dernière. Parmi les enfants les plus à risque figurent les filles, les enfants affectés par le conflit, les enfants déplacés ou réfugiés, les enfants en situation de rue, les enfants talibé et les enfants vivant hors du cadre familial.

« Cette crise sanitaire ne fait qu'exacerber une situation déjà très fragile pour les enfants » explique Daniela Luciani, responsable de la Protection de l'enfance à l'UNICEF au Mali. « Il est donc plus que jamais notre responsabilité collective de s'assurer de la pleine protection des droits de l'enfant en cette période difficile. »

Avec ses partenaires, l'UNICEF s'efforce de garantir la continuité des services de protection de l'enfance, par exemple en aidant les pays à mettre en place des canaux sûrs et accessibles pour signaler les cas de violence, de négligence et d'abus contre les enfants, ainsi qu'à informer les enfants, les jeunes et leurs communautés sur leurs droits et les services de protection disponibles.

Au Mali, l'UNICEF s’est associé au Gouvernement du Mali et à des organisations de la société civile pour fournir des services de protection de l'enfance, notamment un soutien psychosocial et des soins alternatifs aux enfants touchés par la COVID-19 ou exposés à un risque élevé de contamination.

Pour Samba, l’après COVID-19 présage un nouvel espoir et une lueur de réunification familiale. « Nous sommes en communication avec sa famille et nous avons déjà engagé un processus de médiation et de réunification. Cela peut prendre du temps parfois, mais nous n’abandonnerons pas afin qu’il puisse enfin retrouver un cadre familial qui lui sera plus protecteur », conclut Awa.

Un groupe de garçons joue au tennis de table dans un abri temporaire ouvert à Bamako par l'UNICEF et son partenaire Samusocial pour soutenir les enfants vivant dans la rue pendant la pandémie de COVID-19.
UNICEF/UNI332889/Dicko

L'UNICEF travaille avec l'OMS, les agences des Nations Unies et les ONG pour soutenir le Gouvernement du Mali dans sa réponse à la pandémie de COVID-19. L’appui de l’UNICEF est rendu possible grâce à des partenaires tels que la Suède, le Danemark, l’Allemagne, Education Cannot Wait, the Office of U.S. Foreign Disaster Assistance, le Fonds central d’intervention d’urgence et le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

* Le nom a été changé pour protéger l’enfant.