Apprentissage à distance en pleine crise COVID-19

Amara, un élève malien, candidat aux examens d’études fondamentales partage son expérience

Par Fatou Diagne avec Eliane Luthi
Amara Zagnet Berthé 14 ans, est élève en classe de 9ème année à l’école Cathédrale de Bamako. Il suit des cours à distance à la télévision nationale. A la suite de la pandémie de Covid 19, le gouvernement du Mali a ordonné la fermeture des écoles et a initié depuis le 14 avril des cours à distance via la télévision et la radio Nationale pour permettre aux élèves des classes d’examen de pourvoir passer leurs examens, ville de Bamako, république du Mali, Mai 2020.
UNICEF Mali/2020/Dicko
04 juin 2020

« Cette année, je me prépare pour l’examen du Diplôme d’Etude Fondamentale. J’aime l’école et j’aime réussir tout ce que j’entreprends. Je ne souhaite donc surtout pas rater mon examen ! »

Amara Zagnet Berthé, 14 ans, élève à l’école « la cathédrale » de Bamako, est candidat au diplôme communément appelé « DEF » au Mali. En plus de ses deux parents, Baba Berthé, professeur d’université, et Kobana Berthé, enseignante en économie, il a un grand frère et deux grandes sœurs qui sont déjà mariées et mamans. Il a décidé de nous ouvrir les portes de sa maison et nous partager son nouveau quotidien pendant cette crise sanitaire de COVID-19.

Avec l’arrivée de la pandémie au Mali et l’enregistrement de plus de 1000 cas positifs au virus, la routine du jeune Amara a complètement changé. Dorénavant, le réveil matinal s’effectue plus tard qu’avant. A 9h, il se réveille, prend son petit déjeuner avec ses frères et sœurs et autres membres de la famille. « Ici à la maison le lavage des mains avant chaque repas et après les toilettes, étaient déjà ancré en nous, mais avec le coronavirus, cela est devenu encore plus récurrent », nous explique-t-il en se frottant soigneusement les mains déjà bien moussées, juste avant que la diffusion de son cours d’anglais ne commence à la télévision nationale du Mali.

« L’apprentissage à distance est une bonne chose pour nous qui sommes en classe d’examen »

Amara Zagnet Berthé 14 ans, est élève en classe de 9ème année à l’école Cathédrale de Bamako. Ici, il se lave les mains avec de l’eau et du savon, ville de Bamako, république du Mali, Mai 2020.
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Il est 11h30 et Amara est déjà bien installé devant sa télévision, télécommande en main. Il allume sa télé pour suivre son cours d’anglais, qui durera 30 minutes. « L’apprentissage à distance est une bonne chose pour nous qui sommes en classe d’examen. Cela nous permet de continuer notre enseignement et nous préparer pour les examens », explique Amara qui suit soigneusement sa leçon du jour. « Pour certaines matières comme les mathématiques ou la physique cela est plus difficile, mais heureusement pour moi, mon grand frère qui est en classe de terminale et mes parents sont là pour m’aider quand je ne comprends pas ».

La plupart des pays ont temporairement fermé des établissements d’enseignement à l’échelle nationale, touchant plus de 91% des élèves dans le monde, soit plus de 1,57 milliard d’élèves. Cela affecte l'apprentissage des enfants, en particulier pour les enfants et les jeunes les plus pauvres et les plus marginalisés. Au Mali, 2 millions d’enfants étaient déjà en dehors du système scolaire même avant l’éclatement de la pandémie COVID-19. La nouvelle situation affecte désormais également tous les enfants scolarisés – au nombre de 3,8 millions.

Amara Zagnet Berthé 14 ans, est élève en classe de 9ème année à l’école Cathédrale de Bamako. Il suit des cours à distance à la télévision nationale. A la suite de la pandémie de Covid 19, le gouvernement du Mali a ordonné la fermeture des écoles et a initié depuis le 14 avril des cours à distance via la télévision et la radio Nationale pour permettre aux élèves des classes d’examen de pourvoir passer leurs examens, ville de Bamako, république du Mali, Mai 2020.
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L’apprentissage à distance fournit une opportunité à ces enfants de continuer leur apprentissage, même dans un contexte difficile. « L’apprentissage à distance est une excellente opportunité, non seulement pour que nos enfants puissent continuer leur quête de savoir, mais surtout que cela évite la propagation du coronavirus tout en nous rassurant, nous les parents », raconte le papa d’Amara Baba Berthé, qui en plus de son travail suit désormais quotidiennement l’apprentissage de ses deux garçons candidats aux examens nationaux.

Au Mali, le Ministère de l’Education Nationale, les professionnels de l’éducation et les parents eux-mêmes prennent la situation à bras-le-corps en inventant de nouvelles méthodes pour permettre aux enfants de poursuivre leur apprentissage.

« Les parents sont à féliciter. En plus de leurs activités quotidiennes, ils s’occupent de l’apprentissage de leurs enfants et je peux vous dire qu’ils le font avec amour. Certains parents viennent me voir en personne pour me demander de leur remettre les cours sur des supports numériques afin qu’ils soient certains que leurs enfants y aient accès en tout temps » nous explique Madame Aissata Doumbia, Directrice du Centre d’Animation Pédagogique de Bamako-Coura.

Amara Zagnet Berthé 14 ans, avec son père Baba Berthé qui l’assiste lors de ses cours à distance à la télévision nationale. A la suite de la pandémie de Covid 19, le gouvernement du Mali a ordonné la fermeture des écoles et a initié depuis le 14 avril des cours à distance via la télévision et la radio Nationale pour permettre aux élèves des classes d’examen de pourvoir passer leurs examens, ville de Bamako, république du Mali, Mai 2020.
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« Les radios solaires sont une alternative pour ceux qui n’ont pas de télévision ou de radios »

Inge Vervloesem, Chef de l’Education à l’UNICEF au Mali

Au-delà de l’interruption de la scolarité des enfants, la fermeture des écoles a un impact sur d’autres dimensions de la vie des enfants, y compris leur droit à la protection. Les écoles, qui agissent également comme des espaces sûrs et protecteurs pour les enfants vulnérables, réduisent considérablement le risque d'exposition d’enfants à la violence. Elles fournissent également souvent des repas scolaires, un service essentiel pour les enfants les plus vulnérables. Face à cette situation, l'UNICEF soutient la planification pour la réouverture des écoles en aidant le gouvernement à créer un environnement protecteur pour accueillir les enfants à leur retour à l'école.

En attendant, en partenariat les membres du Cluster Education, l'UNICEF soutient le Ministère de l'Education Nationale avec des contenus numériques accessibles via la radio, des contrats avec les radios communautaires et du matériel d’apprentissage. Pour les étudiants sans radio ni télévision, et grâce à l’appui d’Education Canot Wait, l'UNICEF prévoit de fournir des radios solaires pour faciliter la continuité de l'apprentissage.

« Les radios solaires sont une alternative pour ceux qui n’ont pas de télévision ou de radios. L’éducation est un droit pour chaque enfant, quelques soient les moyens dont ils disposent », nous explique Inge Vervloesem, Chef de l’Education à l’UNICEF au Mali.

Amara quant à lui, commence à s’acclimater avec sa nouvelle routine, entre divertissements, apprentissage via la télévision et exercices à domicile. « Je souhaite réussir mon examen et décrocher mon diplôme de DEF cette année. Plus tard j’aimerais devenir ingénieur ou médecin. »  


L'UNICEF travaille avec l'OMS, les agences des Nations Unies et les ONG pour soutenir le Gouvernement du Mali dans sa réponse à la pandémie de COVID-19. L’appui de l’UNICEF est rendu possible grâce à des partenaires tels que la Suède, le Danemark, l’Allemagne, Education Cannot Wait, The Office of U.S. Foreign Disaster Assistance, le Fonds central d’intervention d’urgence et le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

Amara Zagnet Berthé 14 ans, ici avec sa famille. A la suite de la pandémie de Covid 19, le gouvernement du Mali a ordonné la fermeture des écoles et a initié depuis le 14 avril des cours à distance via la télévision et la radio Nationale pour permettre aux élèves des classes d’examen de pourvoir passer leurs examens, ville de Bamako, république du Mali, Mai 2020.
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