PLAN STRATEGICQUE NATIONAL DES SOINS ESSENTIELS DANS LA COMMUNAUTE

PLAN STRATEGICQUE NATIONAL DES SOINS ESSENTIELS DANS LA COMMUNAUTE

Points forts

Le Mali, depuis l’adoption et la mise en oeuvre de la Politique Sectorielle de Santé et de Population (PSSP) en Décembre 1990, a connu des avancées notables dans le rapprochement des soins aux populations et l’amélioration de leur qualité. Cependant, la croissance de la population au Mali est de loin supérieure à la capacité des pouvoirs publics d’étendre l’offre des services conventionnels de santé (préventif et curatif) à l’ensemble de la population surtout en milieu rural qui est la cible principale de l’orientation de la politique. Presque 50% de la population du Mali vit au-delà de 5 km d’une formation sanitaire ; 30% vit au-delà de 15 km (EDSM IV, 2006). Les agents de santé existants ne peuvent pas à eux seuls couvrir de façon adéquate toute la population du territoire national.


Des expériences d’autres pays africains (Niger, Sénégal, Madagascar, etc.) présentées lors du forum national sur l’amélioration de l’accès aux soins essentiels au niveau de la communauté tenu du 17 au 21 Mars 2009 à Bamako, montrent que les Agents de Santé Communautaires (ASC) peuvent contribuer à l’augmentation de la couverture, et améliorer l’accès aux services préventifs tels que la distribution des contraceptifs et la promotion des Pratiques Familiales Essentielles, ainsi que des services curatifs comme la prise en charge des cas simples comme la fièvre, la diarrhée, et les Infections Respiratoires Aiguës (IRA).


Au Mali, des expériences encourageantes existent où les relais communautaires ont été mis à contribution pour diverses tâches et par plusieurs programmes ainsi que des ONG, notamment dans la promotion de la communication pour le changement de comportement, les campagnes de masse pour la distribution de certains médicaments (Journées Nationales de Vaccination - JNV, Semaine d'Intensification des Activités de Nutrition. - SIAN, lutte contre l’onchocercose, la dracunculose et la schistosomiase) et des programmes spécifiques comme la Distribution à Base Communautaire (DBC). Ces relais ont été utilisés sous diverses appellations: distributeur d’Ivermectine, d’azythromicine, d’albendazole, de praziquantel ; agent DBC, Accoucheuse Traditionnelle Recyclee (ATR), relais communautaire, gérant de Caisse Pharmaceutique villageoise, agent ver de guinée, agent nutrition, etc. Ce répondant des services de santé au niveau village a besoin d’être situé dans son contexte d’interface entre les professionnels de la santé et les populations villageoises, d’où la nécessité d’une harmonisation des approches.
En 2009, le Département de la Santé, ses partenaires techniques et Financiers (PTF) et la société civile, ont décidé d’élaborer une stratégie sur les Soins Essentiels dans la Communauté (SEC) qui se définissent comme « l’ensemble des services et des actions préventifs, curatifs et promotionnels ayant une efficacité scientifiquement prouvée, socialement acceptables, accessibles géographiquement et financièrement, mis en oeuvre avec la communauté pour réduire la morbidité et la mortalité au niveau des ménages et des familles », afin de se pencher sur ces questions de fond et d’échanger avec les acteurs impliqués dans le domaine de la santé communautaire. Cela devrait permettre de traiter durablement la question des soins à fournir au niveau communautaire dans un esprit de collaboration et de recherche de consensus pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Les OMD 4 et 5 pour la mère et l’enfant indiquent qu’en 2015, le pays
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devrait diminuer le taux de mortalité infanto-juvénile de 2/3 et le taux de mortalité maternelle de 3/4 par rapport aux taux de 1990 (OMD 4 et 5).


Ce plan stratégique a été développé en tenant compte des leçons apprises lors de la première phase de mise en oeuvre dans les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou et Sikasso. Il vise essentiellement à accroitre la couverture géographique, à renforcer la gouvernance et la gestion des ressources, à accroitre la demande, l’offre et l’utilisation des services, à renforcer l’engagement de l’Etat et ses partenaires dans le financement de la stratégie et à renforcer le suivi évaluation du programme. Le présent plan initialement prévu pour la période de 2014 à 2018 a été reporté à la période 2016 -2020.

Auteur
MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE
Date de publication
Langues
Français

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