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L’école de Mohamed renaît de ses cendres

Par Cindy Cao

Au début de la crise politico-sécuritaire qui a éclaté en 2012 au Mali, la région de Kidal était à feu et à sang. Mohamed Harouna n’avait que huit ans quand il a fui avec ses parents à Gao une autre région du Mali. Au cœur de la ville de Kidal, l'école Baye Ag Mahaha a été pillée, endommagée et occupée par des groupes armés. Beaucoup d'autres enfants de son école ont fui comme Mohamed vers d'autres régions, tandis que d'autres ont commencé un terrible et dangereux périple pour l'Algérie, le Burkina et le Niger. Certains enfants ont été séparés de leurs parents et les moins fortunés sont devenus des enfants soldats ou des délinquants.

La violence a affecté le bien-être psychosocial de la plupart des enfants. Cet environnement hostile est une première contrainte pour la qualité de leur apprentissage. Mohamed comme la plupart des enfants de Kidal a interrompu sa scolarité pendant quatre années. Il raconte: «Je me sentais désespérée quand je voyais les autres enfants aller à l'école. » Issu d’une famille pauvre, le petit garçon devait aider sa famille pour tâches ménagères, principalement en transportant de l'eau du puit à sa maison où il vivait avec 9 frères et sœurs ainsi que ses parents.

De nombreux enseignants ont perdu leurs possessions et ont fui les combats. Le 30 Juin 2014, l'école de Mohamed a été touchée suite à un attentat à la voiture piégée qui a visait la banque à côté. L’explosion a sérieusement endommagé la clôture de l’école. Bien qu’aucun enfant ou enseignant n’était à compter parmi les victimes, le sentiment d'insécurité ressenti par les enseignants, les enfants et leurs familles s’est aggravé.

Un an après cet incident, un accord de paix a été parachevé au Mali le 20 Juin 2015. Beaucoup d’activités de sensibilisation et de dialogue communautaire ont été menées pour préparer la rentrée scolaire dans le cadre de la campagne de l'UNICEF «Chaque enfant compte.» Cette campagne vise un total de 100 000 enfants dans 5 régions touchées par le conflit.

« C’est la première fois depuis des années que nous parvenons à atteindre les enfants de Kidal avec des activités d'éducation», explique Fabio Manno chef de l'éducation pour l'UNICEF Mali. « Mohamed comme 1 000 autres enfants de cette école ont bénéficié de matériel d'enseignement et d'apprentissage. Cette distribution permet de les attirer à l'école et il joue un rôle important sur leur motivation. »

Mohamed reste exposé au danger des restes explosifs de guerre sur le chemin de l'école ou dans la cour. En raison de l’explosion de la clôture l'année dernière, il n’est pas en sécurité à l’école ou les risques d'attaques sont toujours réels. Il pourrait également être associé à des groupes armés ou tomber malade car il n’y a ni latrine, ni point d'eau à l'école.

« L'éducation est un facteur clé dans le processus de récupération pour les enfants touchés par un conflit. Il les aide à restaurer un sentiment de normalité et de surmonter les formes psychologiques et autres de détresse. L'éducation est cruciale dans ce contexte pour construire la paix, en favorisant une culture de confiance et de compréhension mutuelle entre les groupes, » a ajouté Fabio Manno.

L'espoir de Mohamed pour un avenir meilleur est de mise grâce à l'école Baye Ag Mahaha. Il a maintenant une nouvelle chance d'apprendre et d’acquérir les compétences nécessaires pour avoir plus d’opportunités économiques et sociales à l'avenir. « Je rêve de devenir enseignant. Voilà pourquoi je tiens à mes études, » a t-il conclu.

Plus d'infos:

> Le communiqué de presse: Plus de 380,000 enfants ne vont pas à l'école dans les zones affectées par le conflit

> La fiche d'info: La campagne 'Chaque Enfant Compte'

> La vidéo sur l'école Baye Ag Mahaha (en Anglais)

 

 
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