20 juin 2024

Relever le défi de l’éducation pour l’avenir des filles et garçons malagasy

‘’ Ny fianarana no lova tsara indrindra‘’ : ‘’L’éducation est le meilleur héritage’’Cet adage malgache souligne l’importance de l’éducation pour réussir dans la vie et envisager l’avenir.C’est sans doute dans cet esprit que l’Union Africaine (UA) a déclaré 2024 comme Année de l’éducation et a choisi ce thème pour la Journée de l’Enfant Africain, célébrée chaque année en ce 16 juin : « L’éducation pour tous les enfants en Afrique : l’heure est venue ».Cette priorité donnée à l’éducation s’inscrit dans la logique de l'Agenda 2063, avec le plan ambitieux de de transformer l'Afrique en une puissance mondiale, grâce à des investissements ciblés dans l'éducation, la technologie et l'entrepreneuriat. Rappelons aussi qu’en septembre 2022, les Etats membres des Nations Unies, dont Madagascar, se sont engagés à agir pour répondre à la crise mondiale de l’éducation lors du Sommet sur la Transformation de l’Education. Défis d’accès et de qualité A Madagascar, pour de multiples raisons, des centaines de milliers d’enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas sur les bancs de l’école. Et pour ceux qui s’y trouvent, beaucoup ne sont pas en mesure d’acquérir les connaissances de base en lecture, écriture et mathématique à cause de la faible qualité de l’enseignement. Les résultats des évaluations nationales et internationales montrent que la grande majorité des élèves à Madagascar ne maîtrisent pas les compétences de base en lecture, en écriture et en mathématiques. Seuls 4% des élèves de la 4e année du primaire parviennent à avoir 80% de bonnes réponses en mathématique et en lecture. Cette situation compromet non seulement leur capacité à réussir dans la vie, mais représente aussi un défi majeur pour constituer le capital humain nécessaire au développement du pays.La question des enseignantsLes enseignants constituent une ressource critique qui conditionne la qualité d’un système éducatif. Cependant, Madagascar est confronté à une insuffisance quantitative et qualitative d’enseignants qui se traduit par des disparités importantes dans la taille des classes et les conditions d’apprentissage.Les données montrent que dans l’ensemble, le ratio élèves-enseignant toute catégorie confondue est de 33 pour 1 sur l’ensemble des niveaux. Mais si l’on considère seulement les enseignants qualifiés, le ratio élèves-enseignant qualifié passe alors à 161 :1. De plus, ces statistiques varient fortement selon les régions et entre le milieu rural et urbain. Il est connu que certaines zones rurales moins favorisées attirent difficilement les enseignants qualifiés. Des mesures incitatives adéquates seraient nécessaires pour inverser la tendance. Mais surtout, il est urgent d’investir dans la formation d’enseignants qualifiés en nombre suffisant. En effet, si le recrutement des enseignants communautaires (ou FRAM - Fikambanan'ny ray aman-drenin'ny mpianatra) a permis de pallier le manque d’enseignants face aux besoins croissants de la population, on observe que la grande majorité des enseignants du primaire n’ont pas de diplôme pédagogique, ce qui impacte négativement la qualité de l’enseignement. Pour répondre à ce problème, l’ensemble des partenaires de l’éducation a inscrit la question enseignante au coeur du pacte de partenariat qui a été adopté en novembre dernier par tous les membres de la Plateforme Nationale pour le Pilotage du Secteur de l’Education (PNPSE) comprenant les représentants des trois ministères de l’éducation, le secteur privé, les syndicats, la société civile et les partenaires techniques et financiers. L’UNICEF, comme tous ces acteurs, est prêt à s’engager aux côtés du gouvernement pour relever ce défi de la question enseignante.Importance du préscolaireEn lien avec l’Objectif du Développement Durable 4.2 dont le but est d’assurer des services de développement et d’éducation préscolaire de qualité pour tous les jeunes enfants, la nouvelle Loi d’Orientation du système éducatif à Madagascar promulguée en janvier 2023 préconise que le préscolaire doit être partie intégrante de l’éducation formelle avec une année préscolaire obligatoire. Il s’agit là d’une mesure importante. En effet, toutes les études montrent que les enfants qui ont été inscrits en pré-primaire vont obtenir de bien meilleurs résultats à l’école par la suite. Cela évitera à ces élèves de redoubler durant leur parcours scolaire, ce qui coûte si cher à l’Etat. Actuellement seuls 11% des enfants en milieu rural fréquentent un programme d’éducation préscolaire à Madagascar, contre 30% en milieu urbain3. Cette inégalité d’accès à l’éducation constitue un autre défi que nous devons relever ensemble.Investir dans l’éducationInvestir dans l'éducation et particulièrement celle qui vise le développement du jeune enfant, c'est investir dans l'avenir d'une nation, avec un rendement exceptionnellement élevé. A l’inverse le « coût de l’inaction » peut être également très élevé, impliquant le risque de compromettre l’avenir de plusieurs générations.Avec cette proclamation de l’Année de l’Education par l’Union Africaine, il y a un réel engagement de la part des dirigeants africains de donner une place prioritaire à cet agenda à travers tout le continent.Cet engagement du plus haut niveau est une indication de la reconnaissance croissante que l'éducation en Afrique doit être repensée pour répondre aux besoins de la société présente et future. De même, le gouvernement de Madagascar a identifié le capital humain comme priorité de la nouvelle Politique Générale de l’Etat. Cet accent mis sur le capital humain est une opportunité pour mener une profonde réforme du système éducatif et effectuer des investissements conséquents dans la formation et le recrutement de personnel enseignant qualifié.Comme l'a dit Nelson Mandela : "L'éducation est l'arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde". Face aux défis auxquels le pays est confronté, l’éducation doit être considérée comme une priorité nationale pour en faire un levier du changement et du développement durable. Chaque enfant malagasy doit pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité et devenir ainsi un citoyen actif et productif qui pourra pleinement contribuer au développement de la nation. 
25 avril 2022

Rapport de ligne de base pour l'évaluation des innovations du programme national de Cours de Remise à Niveau (CRAN) pour les enfants déscolarisés à Madagascar

L’évaluation des innovations apportées au programme national des Cours de Remise à Niveau (CRAN) (2021-2023) pour les enfants déscolarisés est une évaluation sommative et formative qui a pour objectif principal d'identifier les leçons, les bonnes pratiques et les innovations afin d'alimenter le développement de stratégies pour étendre les cours de remise à niveau. Lors de cette évaluation de la situation de référence, qui s’est déroulée entre septembre 2021 et décembre 2021, l’équipe d’évaluation a cherché à rendre compte des premiers efforts qui ont été fournis dans le cadre du programme et des premières impressions quant à l’aspect innovateur de la méthodologie Teaching at the Right Level (TaRL) et suite à la mise en place du Farimbon’Ezaka ho Fahombiazan’ny Fanabeazana eny Ifotony ou Comités locaux de gestion des écoles (FEFFI). A cet effet, la collecte de données a été concentrée dans la région d’Anosy, première région où la méthode TaRL proposée par le programme TAFITA qui, outre l'UNICEF, bénéficie de l'appui de JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale). L’observation et l’analyse de ces données permettent de tirer un bilan préliminaire sur les bonnes pratiques et les points d’attentions ainsi que les recommandations à prendre en compte pour le déroulement du programme, mais aussi les recommandations pour les étapes à venir de l’évaluation externe.