Un nouveau souffle après le Covid

Un nouveau souffle après le Covid

Solofonirina Claudia RAKOTOARISON
Une famille vulnérable qui a reçu l'aide Tosika Fameno
UNICEF Madagascar/2020/Solofonirina Claudia RAKOTOARISON
21 octobre 2020

Munies chacune de masques et avec des distanciations entre elles, plusieurs personnes se mettent en file dans le hall de la poste de Tsaralalana (Antananarivo), ce sont les bénéficiaires du programme Tosika Fameno. Un programme de protection sociale de transferts monétaires, en réponse à la pandémie Covid19 et dont l’objectif principal est de venir en aide aux populations vulnérables dont le revenu a été le plus affecté par les effets ravageurs de cette maladie.

Nous avons pu approcher Razafindrahaja Beby, une des bénéficiaires du programme Tosika Fameno.  Haja travaille à plein temps en tant que lavandière chez quelques familles dans son quartier, Anosizato Atsinanana, pour subvenir aux besoins de sa famille où il y a son mari, qui travaille en tant qu’agent de sécurité d’une église, et leurs quatre enfants.  Pour des milliers de gens comme Haja, qui cherchent leurs repas au jour le jour, les impacts socio-économiques étaient plus dévastateurs que la maladie elle-même. Durant les périodes de confinement, même si les mesures de confinement ont permis à la population de travailler jusqu’à 17h, faute d’employeur, elle a dû arrêter temporairement son travail de lavandière.

« A l’heure actuelle, notre famille a pu recevoir les deux allocations d’un montant de 100, 000 Ariary (26 US$) chacune, la première en mois de Mai et la seconde en mois de Juillet. Les sommes que nous avons reçues nous ont surtout aidé à régler nos dépenses prioritaires. Nous avons pu acquitter nos arriérés de loyer, les frais de scolarité de notre ainé et faire un approvisionnement en nourriture»,  nous confie Haja durant notre échange.

Durant cette période de crise sanitaire, mais surtout socio-économique, les programmes de protection sociale se sont avérés comme des instruments d’aide incontournables pour soutenir les ménages les plus vulnérables. Cela leur a permis de s’acquitter de leurs charges prioritaires et mais surtout de ne pas recourir à des stratégies de survie malgré les différentes restrictions occasionnées par le confinement.

À Madagascar, les différentes réponses d’urgences sociales ont démarré quelques semaines après le confinement grâce à la coordination des acteurs principaux en protection sociale réunis dans le cadre du Cash Working Group. Effectivement, cette réponse harmonisée de la protection sociale est le fruit de la coordination et de la synergie des différents acteurs de protection sociale sous le leadership du Ministère de la Population, de la Protection Sociale et Promotion de la Femme (MPPSPF) et appuyés par les partenaires techniques et financiers comme la Banque Mondiale, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Union Européenne via Action contre la Faim (ACF), CARE International, Humanity & Inclusion, SOS Villages d’Enfants, Docteurs Sans Frontières et la Croix Rouge Malgache.

Lors de sa première vague de paiement, le Tosika Fameno comptait 240 000 bénéficiaires dans les trois villes où le confinement était initialement en vigueur, dont Antananarivo, Toamasina et Fianarantsoa. Dans le cadre de sa deuxième vague de paiement, le programme s’est étendu tant en couverture géographique, couvrant maintenant d’autres villes comme Moramanga, Fenerive Est, Ambatondrazaka, Manakara, Tuléar et Fort Dauphin, tant en nombre de bénéficiaires couverts, comptant à présent plus de 345, 000 bénéficiaires.

L’UNICEF à travers sa section Politique Sociale et Evaluation a appuyé le MPPSPF et contribué à cette réponse de protection sociale en soutenant 8,500 ménages bénéficiaires dans la région d’Antananarivo via deux vagues d’allocations de transfert monétaire de 100,000 Ariary (26 US$) par ménage.

« Les allocations de Tosika Fameno a permis d’alléger les charges financières de notre famille, cette aide nous a procuré un nouveau souffle pour bien redémarrer après cette longue période de confinement », conclue Haja avec soulagement.