La population de Sevalava se réjouit du « rano fitahia-nanahary »

La nouvelle source d’eau améliorée du village de Sevalava a aussi changé les habitudes et rehaussé le moral des habitants

Maminirina Jean Rakotomalala
Charmille, agent communautaire du village de Sevalava, pose en photo devant sa maison avec ses trois enfants
UNICEF/2018/Rakotomalala

08 novembre 2018

Sur le bord de la route nationale 10, quelque part entre les villes de Toliara, au Sud-Ouest, et de Taolagnaro, au Sud-Est vivent les 250 habitants du village de Sevalava. 92 d’entre eux sont des enfants de moins de cinq ans.

Ils ont toujours eu une source d’eau à proximité du village pour servir, tant à se nourrir, qu’à irriguer les champs de culture. Oui, mais. Par source d’eau, on entend marre d’eau turbide, que ces villageois boiront en dépit des débris végétaux et animaux. Par source d’eau, on entend point d’eau que les 250 habitants de Sevalava partagent avec tous les villages issus de trois fokontany : Besely, Andranolava et Agnavoha, bien que la moitié de l’année, elle ne suffit pas à irriguer la moitié des terres cultivables du village.
 

Cette marre servait de source d'eau pour le  village de Sevalava et approvisionnait également trois autres fokontany environnantes
UNICEF/2018/Rakotomalala
Cette marre servait de source d'eau pour le village de Sevalava et approvisionnait également trois autres fokontany environnantes

VAHA Charmille connait bien son village et ses habitants. A 53ans, cet agent communautaire, a consacré presque 20 ans de sa vie à prendre soin de ses co-villageois. « Notre sol a toujours été très fertile, mais le problème, c’est l’eau » confie-t-elle.

Au fil des années, la ratification de l’eau a obligé peu à peu cette communauté d’agriculteurs à trouver d’autres moyens de subsistances, passant de la culture de riz, manioc et autres … à l’exploitation de charbons de bois, réduisant encore plus leurs ressources. Et en parallèle, de plus en plus d’enfants sont victimes de la diarrhée. Comme ailleurs, les moins de cinq ans sont les plus vulnérables. Le centre de sante le plus proche, pourtant, se situe à une dizaine de kilomètres.

Depuis peu, cette population dispose de ce qu’ils appellent « Rano fitahia-Nanahary » (litteralement : une eau signe de bénédiction), une source d’eau potable qui laisse jaillir l’eau naturellement, sans pompage. Au fil du temps, l’existence de ce nouveau point d’eau n’a pas seulement apportée une eau plus sure, elle a aussi contribué à changer les habitudes et les pratiques d’hygiènes dans le village. La communauté s’est elle-même organisée pour assurer la gestion de cette nouvelle richesse.

Maintenant qu’on a de l’eau potable, il faut aussi nettoyer ce qu’il y a autour

Charmille, Agent communautaire

Plus que jamais motivée par cette nouvelle source de vie, Charmille s’est donnée comme engagement de sensibiliser les autres villageois sur la bonne gestion de l’eau et à maintenir la propreté dans le village afin que moins d’enfants aient à payer le prix de l’insalubrité.