A Nosy Be, le centre «Vonjy » offre un deuxième espoir pour les victimes de la violence sexuelle

De nombreuses victimes, agés de 12mois à 18 ans, y trouvent refuge

Fanja Saholiarisoa
Une famille vient consulter le Centre Vonjy de Nosy Be
UNICEF/2018/Fanjaniaina

16 octobre 2018

N. et C., un couple de pêcheurs originaires de Bemoko Orangea, Djamandjar Nosy Be, une ville touristique de Madagascar, affirment mieux vivre aujourd’hui malgré l’incident qui les a secoués il y a sept mois de cela.

Leur fille aînée, âgée aujourd’hui de 17 ans, a été victime d’un viol collectif. Un incident qui a failli lui couter la vie. Mais grâce aux orientations et prise en charge qu’ils ont pu bénéficier du centre public de prise en charge intégrée des enfants victimes de violence sexuelle, « Vonjy » textuellement secours comme l’objectif est d’apporter le secours aux victimes, ouvert il y a un an au sein du centre hospitalier de référence du District de Nosy Be, la fille a pu être recevoir à la fois toute sorte de prise en charge : psychosociale par les assistantes sociales, médicale par les médecins de l’hôpital et judiciaire par les agents de police.

Je confirme que sans  «Vonjy », notre fille et même notre vie aurait tourné en cauchemar

Père d'une victime

Grace à la poursuite, les auteurs ont été écroués en prison. « Ce qui s’est passé nous a tous bouleversé. Je confirme que sans  «Vonjy », notre fille et même notre vie aurait tourné en cauchemar. Après le signalement, le centre a tout pris en main », explique le père de la jeune fille. Il raconte que tout le processus s’est terminé juste en trois jours. Leur fille continue de fréquenter l’école aujourd’hui grâce à la continuité de la prise en charge et est admise en classe de 5eme. C’est le délai accéléré de traitement des dossiers qui motive les victimes ainsi que la gratuité des soins.

De nombreuses victimes y trouvent refuge. Leur âge varie de 12 mois à 18 ans. Selon le Dr Tsikomia Nyelsen, coordonnateur technique du Centre, le centre est devenu une référence pour la population qui ose dénoncer et qui fait de plus en plus confiance.

Ce centre, inauguré par l’UNICEF il y a un an de cela avec l’appui du Gouvernement Japonais et les partenaires ministériels, a pu recevoir en total 127 cas pris en charge.  La population est de plus en plus au courant de l’existence du centre et de son efficacité. Auparavant, les victimes tardaient à signaler ou déposer leurs plaintes. « Les cas se faisaient rares car la population a dû faire des vas et viens pour tous ces services. Ce qui décourage la plupart des proches des victimes laissés aux oubliettes », affirme Fostine, assistante sociale au sein du centre. Comme le cas de cette grand-mère venue un matin pour emmener sa petite fille de 8 ans victime d’un attouchement d’un garçon voisin de 12 ans. Elle nous a confessé que l’existence du centre « Vonjy » est un soulagement pour une ville comme Nosy Be reconnue pour ses touristes, ses bars et ses fêtes.

Mais Nosy Be n’est pas un cas isolé car la maltraitance des enfants est identique et alarmante à Madagascar avec 14% des jeunes filles de 15 à 19 ans victimes de violences sexuelles et 15% de violences physiques dans tout Madagascar. Depuis trois ans, UNICEF a cherché des partenaires financiers pour appuyer l’ouverture de ces centres intégrés. Actuellement, trois autres grandes villes en disposent dont Antananarivo, Mahajanga et Toamasina. Bientôt, deux autres centres vont ouvrir pour Taolagnaro et Toliary prochainement. Les services sont identiques avec les prises en charge psychosociale, judiciaire et médicale de toutes victimes. En 2017, plus de 930 cas ont été admis et traités dans les quatre centres.