Nambinina Françoise est la mère de tout un village

Dans le District de Tsihombe, cet agent communautaire de 62 ans pouvait marcher des kilomètres pour aider sa communauté

Abela RALAIVITA
Nirina Francoise est agent communautaire a Tsihombe
UNICEF Madagascar/2018/Ralaivita

15 avril 2018

Nambinina Françoise, 62 ans, est agent communautaire au village de Namoia, dans le district de Tsihombe – Région d’Androy. Elle pratique ce métier depuis 21ans, et est l’une des rares femmes leaders du village.

Lorqu’elle était plus jeune, elle était tombée gravement malade à cause de la tuberculose. Son père, un homme très instruis, a alors décidé de l’emmener au centre de santé de base le plus proche, à 7km du fokontany (village). Elle a retrouvé la santé grâce au traitement qu’elle a reçu au centre. Françoise a compris que seules des personnes qualifiées pouvaient apporter les soins nécessaires pour traiter ce genre de maladie. Elle a alors décidé de devenir agent communautaire car le manque de connaissance, mais aussi les différentes croyances, étaient des facteurs majeurs pour lesquels les villageois ne fréquentaient pas les centres de santé lorsqu’ils tombaient malades.

Prendre soin de la population est une priorité pour Françoise. Elle est perçue comme une mère pour tous les habitants de son village. Ses principales taches se résument à informer, sensibiliser et convaincre la population sur les bonnes pratiques de vie.

Nous avions l’habitude d’aller chez des guérisseurs traditionnels lorqu’on tombait malade.

“Nous avions l’habitude d’aller chez des guérisseurs traditionnels lorqu’on tombait malade. Maintenant grâce aux efforts de sensibilisation des agents de santé et des agents communautaires, la population fréquente de plus en plus les structures sanitaires”, explique t-elle. Etre agent communautaire n’est pas une tâche facile malgré elle. Toutefois, grâce aux aides reçues notamment les équipements comme les vélos, les sacs à dos ou les t-shirts; les agents communautaires sont plus que motives pour parcourir les kilometers afin d’atteindre les habitants des hameaux avoisinant le fokontany. Comme tous les autres agents communautaires, Françoise a aussi reçu de nombreuses formations à propos de la santé, la nutrition et l’eau – l’assanissement et l’higyène. Ces formations comme la PECIMEC (prise en charge intégrée de maladies de l'enfant au niveau communautaire) ou le rapportage ont renforcé leur capacité à traiter les maladies de l’enfant comme la diarhée, le paludisme et la pneumonie mais aussi à référer les cas avec complication.

Intervention Santé et WASH dans le Grand Sud

846.000 enfants vivants dans des zones atteintes de forte sècheresse, 3.652 agents communautaires, 80.000 personnes ayant eu accès à l'eau potable ... Derrière ces statistiques, il y a la vie de mères de famille comme Clarisse et Pierette, il y a le dévouement de gens comme Françoise et le docteur Tsida. Pourriez-vous imaginer marcher pas moins de 11km pour emmener votre enfant malade chez le médecin ou aller encore plus loin pour puiser de l'eau insalubre ? Nous intervenons avec nos partenaires, et avec l'appui du Japan - The Government of Japan afin que cela s'améliore. Nous n'abandonnons jamais.

Posted by UNICEF Madagascar on Saturday, October 6, 2018

Collaboration avec les agents de santé

Françoise ne travaille pas seule! Même si elle est la personne la plus écoutée par les habitants du village, elle est souvent accompagnée d’un autre agent communautaire et d’un agent de santé qui la soutiennent dans la réalisation des activités. Le docteur Tsida Randriatsiafara, chef du centre de santé de Nikoly, témoigne de la franche collaboration qui existe entre le centre et les agents communautaires. “Nous ne pouvons pas travailler sans les agents communautaires. Ce sont des leaders d’opinions et nous avons besoin de leur expertise en matière de communication pour pouvoir être en interraction avec la population”, affirme t-il avec sourire.

Dans le cadre de la collaboration entre le gouvernement japonais et l’UNICEF, en réponses aux urgences face à la secheresse dans le sud de Madagascar, le secteur santé et WASH (Eau, assanissement et hygiène) ont reçu de nombreuses aides comme la réhabilitation de centres de santé, la réhabilitation du pipeline d’Ampotaka en collaboration avec le Ministère tutel et d’autres bailleurs, la formation des agents de santé et agents communautaires, la dotation en matériels... Grâce à toutes ces aides, les conditions de travail des acteurs locaux ont été améliorées.  “Je devais marcher à pied pour vacciner les enfants dans les villages pendant les stratégies avancées mais grâce à cette dotation de moto, il est plus facile d’atteindre les villages éloignés et enclavés”, souligne Docteur Tsida. Malgré la secheresse, les acteurs locaux ne ménagent pas leurs efforts pour rendre meilleure la vie des habitants. Engagés comme Françoise ou bien le docteur Tsida, ces personnes sont des acteurs clés pour  la résilience de la population mais aussi pour le développement du pays.