Les mères mènent le changement

Témoignages des mères de familles bénéficiaires du programme de protection sociale FIAVOTA

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Vaha Manirisoa, mère leader, rencontre une autre maman de sa communauté
FID

17 septembre 2019

A Behara, commune située à une dizaine de kilomètres au Nord d'Amboasary, des mères de familles prennent en main leur familles et inspirent les autres mères de la communauté à  pour briser le cycle de la pauvreté. Elles témoignent.

Vaha Manirisoa, mère-leader, inspire le changement

Modèle, leader et serviable, Vaha Manirisoa est une mère leader engagée et déterminée du programme Fiavota dans le site Ankirikirika, district d’Amboasary. En accompagnant 25 mères bénéficiaires regroupées dans le groupe Mamiratra, elle inspire le changement. Ecoute, dialogue et conseil sont les maîtres mots de son comportement dans la gestion du groupe.

Rappelons que les mères leaders ou « Reny mahomby » ont été mises en place pour accompagner leurs paires vers le changement de comportement. Ce sont des bénéficiaires élues au sein de leur communauté et qui ont été préalablement formées sur différentes thématiques (pratiques familiales essentielles, développement de la petite enfance, gestion financière, etc.), objet de sensibilisation.

Quadragénaire avec six enfants à charge, Vaha Manirisoa fait l’éloge de sa réussite en tant que mère leader : « l’animation d’un groupe n’est pas chose aisée. Surtout quand il s’agit de sensibiliser les mères, les familles à changer leurs habitudes et leurs comportements. Avec mon groupe Mamiratra, la tâche a été difficile au départ mais à force de persévérer et d’adapter les méthodes de sensibilisation, l’espace de bien-être est devenu un espace d’éducation, d’échange et de concertation. En adoptant l’approche participative, j’ai pu amener les autres bénéficiaires à parler de leurs soucis, à partager leurs idées. A ce jour, je peux dire que la majorité des membres du groupe adopte les pratiques familiales essentielles, comme le lavage des mains ou l’utilisation de l’eau potable, à travers des petites actions qu’on peut réaliser  dans la vie quotidienne. Pour convaincre, il est important de tisser un lien étroit avec les cibles. C’est pourquoi je ne manque pas d’effectuer des visites à domicile tous les mois. Mais, quoi qu’il en soit, le changement de comportement est progressif et demande de la patience »

May Liavatae : une mère optimiste

May Liavatae, une mère optimiste
FID
Avec sept enfants à charge, May Liavatae, une mère de 30 ans est bénéficiaire du Fiavota dans la commune rurale de Behara. Avant de devenir modèle dans la société, elle a ramé un début modeste.

Avec sept enfants à charge, May Liavatae, une mère de 30 ans est bénéficiaire du Fiavota dans la commune rurale de Behara. Avant de devenir modèle dans la société, elle a ramé un début modeste. « Ma famille vivait dans des conditions difficiles. A cause de la faible précipitation en 2015, la production agricole n’était pas fructueuse et nous avons dû vendre nos bétails, les ustensiles de cuisine pour nourrir la famille. Au bout de quelques mois, nous n’avions plus rien. Il était difficile de joindre les deux bouts », se remémore-t-elle en soupirant. Malgré cette situation dramatique, la famille de Liavatae a gardé son optimisme. Le Fiavota est la bouée de sauvetage qui a permis à la famille de tenir la tête hors de l’eau. « Depuis quelques mois, la diversification alimentaire s’invite chez nous. Si auparavant, on ne mangeait que du manioc séché, faible en apport nutritionnel maintenant, on peut profiter du goût du riz, du maïs et bien d’autres. Par conséquent, mes enfants sont devenus plus résilients », aime dire Liavatae.

Pour elle, santé et éducation riment avec bien-être de la famille. C’est pourquoi elle a décidé de scolariser ses enfants. « Seule l’école peut assurer un avenir meilleur pour mes enfants. Je ne ménage pas d’efforts pour qu’ils puissent concrétiser leur rêve. La cadette souhaite devenir sage-femme », souligne-t-elle avec fierté.

 

La santé, une préoccupation pour Elisabeth

La santé, une préoccupation pour Elisabeth
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Salanaly Elisabeth est une mère de dix enfants, vivant dans le fokontany Behara haut du district d’Amboasary.

Parmi les bénéficiaires du Fiavota, Salanaly Elisabeth est une mère de dix enfants, vivant dans le fokontany Behara haut du district d’Amboasary. L’espace de bien-être animé par les mères leaders était le curseur du changement pour la famille. « Il vaut mieux prévenir que guérir. La sensibilisation de notre mère leader sur les pratiques familiales essentielles m’a permise de mieux comprendre l’importance de boire de l’eau potable, de laver les mains, d’utiliser les latrines. En fait, ce ne sont que des petits gestes au quotidien pour se prémunir des maladies infectieuses ». Convaincue de ces pratiques, elle franchit le pas et commence à sensibiliser ses voisines pour l’adoption de ces petits gestes qui sauvent des vies. « La plupart des habitants de notre fokontany se lèvent très tôt le matin pour chercher de l’eau à des dizaines de kilomètres, à pied ou en bicyclette. A la rencontre de l’eau, ils n’ont pas l’habitude de le traiter mais le boivent et l’utilisent directement pour cuire les aliments. En plus de la fatigue occasionnée par l’exploration, la diarrhée frappe ces familles. Outre les coûts de soins auprès des centres de santé, la maladie emporte souvent des vies. C’est pourquoi j’ai décidé de partager auprès de ces familles les connaissances que les mères leaders du Fiavota m’ont transmises », raconte la mère engagée.

 

Le programme Fiavota est un programme de protection sociale mis en œuvre par le gouvernement malagasy avec l’appui financier de la Banque Mondiale et de l’UNICEF. Il a permis l’autonomisation des femmes, souvent assignées à gérer la maison, la santé de l’enfant. Pour le district d’Amboasary, l’UNICEF finance les 4.000 sur les 70 000 ménages bénéficiaires.

Chaque famille reçoit une somme minimum de 25 000 Ariary pour la scolarisation de l’enfant. Cette somme augmente de 10 000 Ariary si l’enfant est scolarisé et a plus de 5 ans. Aussi, elle bénéficié d’un fonds de redressement de 180 000 Ariary payable en deux tranches après évaluation.

Retrouvez ces témoignages ainsi que celle d'autres bénéficiaires sur le site du Fond d'Intervention pour le Développement (FID)