Les agents communautaires, un pilier contre le refus des vaccins au sein des populations

Les agents communautaires, un pilier contre le refus des vaccins au sein des populations

Iavilisy Rame Kara
vaccination
UNICEF/UN0314226/Pudlowski
01 mars 2021

Anjangoveratra, une des communes les plus peuplées (avec plus de 26000 habitants) du district de Sambava, dans le Nord Est de Madagascar. La commune avait un des taux le plus élevé de refus de vaccination. Selon le chef du centre de santé de base, les parents ne sont pas forcément enclins à faire vacciner leurs enfants même si les fokontany sont proches du centre de santé de base. Soit les maris sont contre, ou alors cela vient de leur religion ou encore un obstacle culturel.

Pour y faire face, l’agent de santé peut s’appuyer sur les agents communautaires. Aviline est un des agents communautaires qui y travaille. Elle est très impliquée dans la santé de sa communauté et accompagne toujours les femmes de son fokontany aux séances de pesée et de vaccination.

 Comme les autres agents communautaires, elle travaille de manière rapprochée avec le chef fokontany pour signaler les situations de refus. Elle renforce sa relation de confiance avec la communauté, et certaines personnes changent quand même d’avis malgré leurs refus préalable. « Le plus souvent, ce sont les mamans qui me sollicitent pour y aller avec elles » souligne Aviline. Elle n’a même plus besoin d’insister, un gentil rappel suffit à mobiliser les mères vers le centre de santé de base (CSB). « Elles ont confiance en nous » dit Aviline fièrement.

Ce qui la chagrine pourtant un peu, c’est le peu d’importance que tout le monde semble donner aux Agents Communautaires qui vivent proches des CSB. « Loin ou proche des CSB, dit Aviline, la base du travail d’un agent communautaire, c’est la confiance qui s’instaure entre nous et la population.

Ses efforts ont porté fruit car depuis le lancement de l’introduction de la deuxième dose de vaccin antirougeoleux (VAR2) dans la commune d’Anjangoveratra, 183 enfants ont été vaccinés en VAR2 tout le mois d’octobre 2020.

Le travail de sensibilisation des Agents Communautaires y est pour beaucoup selon le chef CSB, de même que les activités de mobilisations sociales financées par GAVI, donateur de l’UNICEF. Judmina est parmi les femmes qu’Aviline a accompagné ce jour-là. Elle est venue avec son fils Vargam pour se faire peser et s’assurer de son rendez-vous le jeudi suivant pour recevoir sa deuxième dose de VAR.

 

 

Aviline agent communautaire entourée de mères avec leurs enfants au Centre de santé
UNICEF Madagascar/2021/Kara
Aviline, l'agent communautaire, accompagne les mères pour faire vacciner leurs enfants au Centre de santé.