Laha Luco, survivant de polio garde l’espoir de réaliser son rêve un jour

Il rêvait un jour de devenir joueur de foot professionnel, mais il est touché par une terrible maladie : la Poliomyélite

Abela RALAIVITA
Laha luco, jeune garcon victime de la poliomyelite
UNICEF Madagascar

15 août 2017

Laha Luco, 16 ans aime le football et rêvait un jour de devenir joueur professionnel. Aujourd’hui, il ne peut pas réaliser son rêve d’enfance car il est atteint d’handicap et ne peut plus marcher. Alors qu’il avait 14 ans, Luco était touché par une terrible maladie : la Poliomyélite.

C’était arrivé un jour ordinaire, un peu comme les autres jours ou il partait pour l’école le matin. Alors qu’il allait se réveiller, ses jambes étaient paralysées. Il a quand même essayé de se lever mais il était tombé. Son oncle l’a emmené à l’hôpital et après les différentes analyses effectuées, les médecins ont confirmé quelques semaines plus tard que l’enfant était atteint de la Poliomyélite, ce qui a paralysé de manière irréversible ses membres inférieurs.

Si nous avions su qu’une telle maladie pouvait frapper les enfants, nous l’aurions fait vacciner malgré ces difficultés

Luco est né à Sakaraha, une ville se trouvant à l’Ouest de Madagascar. Ses parents travaillaient dans une carrière de pierres précieuses et n’ont jamais fait vacciner leur enfant. Selon son père, le centre de santé était trop loin de leur village et leurs occupations ne les permettaient pas de le fréquenter. «Nous devions travailler à plein temps dans la carrière. Si nous avions su qu’une telle maladie pouvait frapper les enfants, nous l’aurions fait vacciner malgré ces difficultés», regrette son père.

Aujourd’hui, Luco vit avec son père à Amboasary au sud de l’ile, après le décès de sa mère. Luco était le meilleur joueur de football de son école. «Lorsqu’il jouait au foot, il est capable de dribler plusieurs joueurs et de marquer beaucoup de but. Mais même s’il ne peut plus jouer aujourd’hui, il va surement réussir dans les études car c’est un enfant très intelligent», raconte son père avec fierté. Luco vient d’obtenir son premier diplôme et continue actuellement ses études en secondaire. Il veut devenir un jour médecin malgré toutes les difficultés auxquelles il doit faire face. Il a changé de rêve mais il a gardé l’espoir de pouvoir le réaliser. « En faisant le métier de médecin, je pourrai vacciner beaucoup d’enfants malagasy et contribuer au développement de mon pays. », affirme Luco la tête haute.

En Octobre 2014 et en Janvier 2015 des cas de poliovirus ont été notifiés respectivement dans les régions de Sofia et Vatovavy Fitovinany. En Juin 2015, 08 cas dont deux chez des enfants de plus de 5 ans dans les régions de Boeny, Menabe, Androy, Anosy et Atsimo Andrefana portant à 11 cas le nombre rapporté au cours de ces deux dernières années. Le VDPV tout comme le poliovirus sauvage peut se transmettre et avoir les mêmes conséquences sanitaires.

Les cas de virus sauvage et les VDPV surviennent dans un contexte de faible couverture vaccinale en PEV (programme élargi de vaccination) de routine comme à Madagascar. Chaque cas de VDPV doit faire l’objet d’une riposte avec l’organisation de campagne de masse. Depuis la découverte du premier cas, le Ministère de la santé publique avec l’appui de tous les partenaires comme l’UNICEF a organisé dix campagnes en tout. Deux campagnes sont encore prévues jusqu’à la fin de l’année 2017 et bien d’autres encore en 2018. Madagascar est dans la bonne voie pour la certification du « Polio free ».

Parallèlement à tout cela, Luco poursuit sa petite vie tranquille dans le sud de Madagascar, tout en espérant un avenir meilleur pour tous les enfants de Madagascar.