La vaccination des femmes enceintes et les consultations prénatales, des priorités pendant COVID-19

La continuité des services pendant la pandémie COVID-19

Angelin Rabezandriny
Vaccination de FANJANIRINA Marie Luciane lors de sa visite prénatale au CSB2 Anjoma
UNICEF Madagascar/2020
01 septembre 2020

Continuité des services en temps de crise

Ce jour-là, FANJANIRINA Marie Luciane, âgée de 23 ans, a marché pendant près d’une heure sur les routes escarpées de Fianarantsoa (Principale ville de la Région Haute Matsiatra, au Centre de Madagascar) avec son masque pour rejoindre le Centre de Santé de Base de Niveau 2 (CSB2) d’Anjoma en vue de faire un suivi de grossesse et recevoir la deuxième dose du vaccin antitétanique.

Se trouvant dans le centre-ville de Fianarantsoa, le CSB2 d’Anjoma est l’un des centres de santé les plus fréquentés en temps normal. Il propose aux patients des services préventifs, curatifs et promotionnels et couvrent 26,441 personnes dont près de 80% habitent à plus de 5km du centre.

Le CSB a toujours assuré la continuité des services durant cette période d’urgence sanitaire avec la mise en place des permanences et en s’adaptant aux dispositions prises par rapport à la situation.

Le personnel a pris des mesures nécessaires pour minimiser les risques de transmission du virus, tels que le dispositif de lavage des mains à l’entrée, le circuit des patients avec un système de tri pour rechercher les cas suspects de COVID et le port de masques obligatoires pour le personnel et toute autre personne fréquentant le CSB2.

Luciane raconte son vécu durant la crise sanitaire : « Je suis enceinte et j’habite à environ 4km de notre CSB. Habituellement, pour y aller nous allons en bus, mais depuis que le coronavirus est arrivée dans la région, je n’ose plus prendre le bus car la distance d’un mètre ne peut pas être respectée. Alors, je dois partir très tôt de la maison le matin, en compagnie des autres femmes enceintes de mon quartier pour marcher pendant près d’une heure afin de se rendre au CSB. Arrivée au CSB, il faut encore faire la queue ».

Durant cette épidémie de COVID, la recherche de service de santé est devenue de plus en plus difficile pour la population. La situation est encore plus complexe pour les femmes enceintes et les responsables d’enfants qui ont peur d’utiliser le transport public et doivent marcher à pied, pendant près de trois quart d’heure à plus d’une heure, ensuite faire la queue en attente d’être servi et se précipiter de rentrer à pied sur le même trajet.
Comme d’autres centres, le CSB d’Anjoma a connu une baisse de fréquentation car les gens ont peur de contracter la maladie sur la route mais surtout sur place.

« Je suis consciente que le risque de contracter la maladie est là, pourtant je ne suis pas tranquille pour ma santé et la santé de mon enfant, en plus c’est ma première grossesse donc je dois faire les suivis médicaux et se faire vacciner normalement », ajoute Luciane heureuse de sa décision.

Grace aux efforts des agents de santé d’Anjoma, elle a pu avoir sa consultation prénatale.
« Depuis le début de l’épidémie dans le district, nous nous sommes organisés dans notre temps de travail pour revoir les horaires de travail et le nombre de permanence. Cette organisation nous a permis de tenir à ce jour. De plus, le risque d’exposition à cette maladie nous inquiète aussi tout le temps mais nous sommes conscients que nous devons maintenir le service ouvert en cette période de crise car normalement ce genre de traumatisme pousse les gens à rechercher plus d’aide et de service de santé. Nous organisons même des services en stratégie avancée pour rapprocher l’offre à la population », explique pour sa part Fanomezantsoa, la sage-femme et la responsable du programme vaccination et santé maternelle.

Le Responsable du programme vaccination et santé maternelle CSB2 Anjoma racontant son vécu.

 

La santé, une priorité indéniable en situation humanitaire

Si les autres secteurs peuvent assurer le service minimum pour réduire le risque de propagation du virus, le système de santé, au contraire, doit maximiser les efforts pour accompagner efficacement la population à traverser la crise. Les risques de mortalité et de morbidité pour les autres maladies restent toujours préoccupants, en particulier le paludisme, la peste et aussi les dangers liés à la grossesse et l’accouchement. Il n’en est moins pour le risque sur l’épidémie de l’une des maladies évitables par la vaccination.

Tous les centres de santé de base et de référence dans la région Haute Matsiatra ont assuré la continuité des services essentiels de santé et de vaccination durant cette pandémie COVID-19, pour mieux prévenir les autres maladies courantes. Grâce à l’appui de Gavi Alliance, tous les services sanitaires au niveau des districts ont bénéficié d’une connexion Internet qui leur permet de suivre et coordonner de manière efficace leurs activites malgré le contexte de distanciation sociale.

Enfin, le district de Fianarantsoa fait partie des 49 districts mettant en œuvre de juin 2020 à janvier 2021 le renforcement des services de santé familiale comme la vaccination, les consultations prénatales et post-natales, l’accouchement au niveau des CSB et la supplémentation en vitamine A. Des stratégies avancées au niveau des communautés seront menées pendant six mois pour mieux atteindre la population locale surtout dans les zones enclavées, améliorer la supervision et la coordination des activités et mener des activités de plaidoyer avec les autorités locales, traditionnelles et religieuses.

Les patients dans la salle d’attente du CSB2 Anjoma pour la CPN et CPoN
Les patientes au CSB2 Anjoma en attente pour la Consultation Pré-Natale (CPN) et la Consultation Post-Natale (CPoN)