La gestion de l’hygiène menstruelle, on peut en parler

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Ny Hasina RAMAHENINA
Lucienne la couturière des serviettes lavables avec le supporter des droits de l'Enfant de l'UNICEF
UNICEF Madagascar/2021/Ramahenina
06 août 2021

Lucienne, la couturière

Lucienne est la seule couturière dans son village de la Commune de Mandromoromotra, dans le Sud de Madagascar. Avec d’autres couturières des communes environnantes, elle a reçu une formation en mai pour fabriquer des serviettes hygiéniques lavables dans le but de les commercialiser afin d’en faire une source de revenue pérenne à long terme. La formation entre dans le cadre du programme de gestion de l’hygiène menstruelle de l’ONG SEED Madagascar, soutenu par l’UNICEF. À l’issu de la formation, elle a reçu un kit de démarrage. Aujourd’hui elle a fabriqué quelques serviettes lavables et a réussi à en vendre aux femmes de son village. « J’arrive difficilement à vendre les serviettes lavables que je fabrique aux filles et femmes du village malgré les sensibilisations autour de l’hygiène menstruelle qui sont régulièrement menées au village et même si je dis que je leur accorde des rabais » confie Lucienne. Mais malgré cela, elle ne baisse pas les bras et persévère. Le changement de comportement est un processus lent, qui prend beaucoup de temps, ce qui expliquerait cette réserve.

Lucienne étale aussi quelques échantillons devant le petit commerce qu’elle tient devant sa maison, au cas où elle arriverait à attirer l’attention des voyageurs qui passent devant chez elle, comme la route qui passe devant sa maison relie la ville de Fort-Dauphin à la Côte Est de Madagascar.

 

 

 

Lucienne la couturière
UNICEF Madagascar/2021/Ramahenina
Lucienne, chez elle, montrant les kits de production de serviette lavable

Fransisca découvre les serviettes lavables

Faravavy Fransisca a 20 ans, elle a accouché de son premier enfant en juin dernier. C’est sa maman, Marie qui lui a acheté les serviettes lavables fabriquées par Lucienne à l’approche de son accouchement. « C’était une coïncidence, la date d’accouchement de ma fille approchait et c’était par hasard que j’ai assisté à une sensibilisation autour de l’hygiène menstruelle. Cela m’intriguait et j’étais restée à écouter. Et c’était là, pour la première fois que j’ai entendue parler des serviettes lavables, à la suite de quoi j’en avais acheté pour ma fille. » raconte Marie fièrement. En plus de cela, afin d’apporter encore plus de soutien à sa fille, Marie a aussi fait aménager une douche adjacente à la maison de Fransisca.

Avant de découvrir les serviettes lavables, Fransisca utilisait des lambeaux de tissu, complètement inadéquats. « Aujourd’hui, je peux comparer et je peux dire que les serviettes lavables sont confortables et sont respectueux de mon corps, de ma santé et de mon bien-être. »

Marie et sa fille Fransisca
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Marie au chevet de sa fille Fransisca qui observe une période de repos après son accouchement

Miza Georgine, la grand-mère convaincue par l’importance de l’hygiène menstruelle

Miza Georgine a 70 ans, c’est l’une des doyennes de son village de la Commune de Mandromoromotra. Elle fait partie des personnes qui sont sensibles aux messages de sensibilisation sur la gestion de l’hygiène menstruelle et essaie à son tour de convaincre son entourage. Après le passage des facilitateurs, formés eux aussi par l’ONG SEED Madagascar pour mener les campagnes de sensibilisations, et Lucienne qui a fait une démonstration sur le mode d’emploi de ces serviettes lavables, Miza Georgine était encore restée devant sa maison à rassembler ses filles et petites filles, ainsi que d’autres groupes de femmes et même quelques hommes pour insister sur l’importance de l’hygiène menstruelle. « J’ai 14 enfants, 30 petits-enfants et je ne sais plus combien d’arrière-petits-enfants j’ai » dit-elle en ricanant et poursuit « j’essaie de leur faire comprendre qu’il est important de parler de la gestion de l’hygiène menstruelle, car la santé des femmes en dépend. »

Georgine en comité devant chez elle
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Miza Georgine, au premier plan, rassemble son entourage pour discuter de la gestion de l'hygiène menstruelle.

Razanatsimba Laurent, Coordonnateur en charge de la communication et de la mobilisation sociale de l’ONG SEED Madagascar, vient régulièrement avec son équipe pour soutenir les efforts de sensibilisations des facilitateurs sur le terrain et le travail acharné des femmes comme Lucienne. L’ONG SEED Madagascar avec le soutien de l’UNICEF œuvre actuellement au sujet de la gestion de l’hygiène menstruelle dans 21 communes dans la Région Anosy, dans le Sud de Madagascar.

Le comité de facilitateurs de la GHM
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Laurent de l'ONG Seed Madagascar, avec les facilitateurs de la GHM devant le bureau de la Commune de Mandromoromotra