Comment la famille de Ranivoson & Pauline vit leur quotidien pendant la pandémie Covid 19

Comment la famille de Ranivoson & Pauline vit leur quotidien pendant la pandémie Covid 19

Solofonirina Claudia RAKOTOARISON
La famille Ranivoson et Pauline
www.fid.mg/2020/RAKOTONDRAVELO Heriniaina Jean Christian
13 août 2020

Ranivoson, Pauline et leurs cinq enfants vivent dans le Fokontany de Lazamasy, situé dans la Commune Rurale d’Anoloka, du district de Vohipeno, dans le sud-est de Madagascar. Bien qu’on ne relève que peu de cas positifs au Covid-19 dans ce district, les mesures de confinement prescrites par le Gouvernement y sont respectées.

Pauline, vannière, et son mari, agriculteur, doivent encore aller travailler quotidiennement pour subvenir aux besoins de leurs cinq enfants, malgré les mesures restrictives relatives au Covid-19. La crainte de contracter le virus et de contaminer leurs enfants est constamment présente. Comme tous les commerçants du pays faisant face à la pandémie, les ventes au marché diminuent terriblement. Les deux parent admettent donc que le revenu quotidien de la famille en est substantiellement impacté.

Lorsque le Gouvernement a déclaré la réouverture des écoles pour les élèves en classe d’examen, ils étaient réticents pour renvoyer leur fils, Juloce, en classe de Troisième, non seulement par crainte pour sa santé, mais aussi à cause de leurs difficultés financières.

Heureusement pour la famille, Juloce et ses deux sœurs, Marcelline, et Martina, ont pu être soutenus par le programme de transfert monétaire de l'UNICEF. Ce programme de transfert monétaire soutenu par les fonds de Let Us Learn (LUL) offre une allocation aux familles vulnérables ayant des enfants en âge de fréquenter l'école secondaire, âgés de 11 à 18 ans, afin qu'ils puissent poursuivre leurs études.
C’est ainsi que pendant cette période de pandémie, seul Juloce a repris l'école, pour préparer le  BEPC et ainsi espérer passer au lycée. Ses quatre sœurs, pour le moment, restent à la maison.

L’instituteur surveillant ses élèves pendant le lavage des mains avant d’entrer de gagner les salles de classe.
©www.fid.mg/2020/RAKOTONDRAVELO Heriniaina Jean Christian

 

Suivant les Directives du Gouvernement, le CEG de Lazamasy que fréquente Juloce a mis en place les différentes mesures barrières telles que le lavage obligatoire des mains avant d'entrer dans les salles de classe, le port obligatoire de masques, la distanciation sociale pendant les cours et l'alternance des horaires d’étude. Et avec les fonds supplémentaires du LUL, les parents sont plus rassurés, de même que Juloce qui s’est également senti soulagé.  

“Etant donné que nous sommes limités à juste 10 élèves dans la salle de classe pour une demi-journée, et chacun doit obligatoirement porter un masque, je n’ai plus peur d’aller à l’école” dit Juloce. 

Juloce et ses camarades de classe respectant la distanciation sociale et portant des masques pendant qu’ils étudient, et ce pour limiter la propagation de la pandémie.
©www.fid.mg/2020/RAKOTONDRAVELO Heriniaina Jean Christian

 

Grâce aux fonds supplémentaires qu'ils ont reçus et aux stratégies d’épargne qu'ils ont apprises grâce au programme de transfert d'argent, ils ont pu faire des économies et investir un peu d'argent dans l'élevage de poulets, une autre activité génératrice de revenus qui aide la famille à être plus résilient en ces temps difficiles. De plus, malgré les mesures de confinement, ils ont continué à recevoir leur transfert d'argent bimensuel, ce qui les a aidés à faire face au manque de revenus et à subvenir aux besoins de nutrition et d’hygiène de la famille.

Même si la pandémie a eu un impact sur leur vie quotidienne, la famille garde espoir. "Ce n’est que temporaire", disent-ils à leurs enfants. "Nous continuons à avancer lentement. Nous avons gardé et bien pratiqué les bonnes habitudes que nous avons acquises grâce au programme de transfert d'argent LUL, et nous en sommes extrêmement reconnaissants. Nous économisons et nous nous préparons à d'éventuelles situations imprévues comme celle à laquelle nous sommes confrontés actuellement et nous cherchons toujours des activités génératrices pour des revenus supplémentaires.
Nos enfants aiment et prennent vraiment plaisir à étudier, nous veillerons à ce qu'ils ne redoublent jamais leur année scolaire", a déclaré Pauline.                                               

Grâce au généreux soutien de la Fondation Susan & Stefan Findel à l'UNICEF Madagascar, un total de 8 766 enfants (6 143 dans le secondaire et 2 623 en dernière année du primaire) (dont 51 % des filles) ont bénéficié d'un transfert d'argent pour soutenir l'enseignement secondaire (y compris à Vohipeno) pour l'année scolaire 2019/2020. 


Histoire collectée par ANDRIMIHAZA Philippe, Fonds d’Intervention pour le Développement (FID), écrite par Solofonirina Claudia RAKOTOARISON, UNICEF MADAGASCAR.