Claudine, la bonne fée des enfants de Betafo

Le rôle de cette Agent Communautaire Nutritionnel est essentiel aux enfants de sa communauté

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Claudine, Agent communautaire nutritionnel à Betafo, mesure le périmètre bracchial de la petite Miaro
UNICEF/2018/Rakotobe

29 janvier 2019

Verte plaine, rizières gorgées d’eau,Betafo s’offre radieuse à ceux qui visitent cette région du Vakinankaratra. La commune d’AlakamisyAnativato, à une vingtaine de kilomètres d’Antsirabe, n’est plus la ville, mais elle n’est non plus tout à fait la campagne.Rafanomezanjanahary Anna Claudine et Rabenandrasana Soloniaina Jacky, nous y attendent, précisément près du bureau du fokontany d’Ampamelomana, où se tient un centre destiné à la pesée des bébés et des enfants en bas âge.  Claudine est agent communautaire nutritionnel (ACN) depuis deux ans, mais officie également en tant qu’agent communautaire (AC) auprès du fokontany. Jacky l’accompagne. Il est chargé de superviser son travail.

Le petit local où ils reçoivent les mamans est devenu une salle de pesée en 2016. Le local appartient à une association et se trouve près du bureau du fokontany. C’est dans la grande cour que sont organisées les activités festives, les assemblées ainsi que les démonstrations culinaires. Les fokontany d’Alakamisy Anativato, regroupées en cinq îlots, s’y retrouvent à l’occasion.

Claudine reçoit les mamans dans un petit local fournit gracieusement par une association
UNICEF/2018/Rakotobe
Claudine reçoit les mamans dans un petit local fournit gracieusement par une association

Ce jour-là, Landrice, 33 ans, est venue conduire Miaro, 22 mois, le deuxième d’une fratrie de trois enfants. Landrice vient régulièrement au centre depuis la naissance de son enfant, afin de contrôler le poids et la taille du bébé. Miaro accuse un retard de croissance qu'il ne pourra plus rattraper. En effet, il n'a pas pu bénéficier d’un environnement propre, de la santé, de la nutrition et des soins familiaux optimaux avant l’âge de deux ans et présente maintenant des conséquences irréversibles sur sa croissance et son développement.  Le supplément en poudre minéraux « Zaza tomady », qui se compose de 15 vitamines et minéraux indispensables à une bonne croissance, a été donné gratuitement grâce au généreux support du comité danois pour l’UNICEF. Claudine explique à Landrice comment administrer ce supplément nutritionnel. Il doit être mélangé avec du yaourt ou le plat de l’enfant lors du repas.  

Avec une alimentation saine, l’enfant est plus à même de combattre les maladies

Entre pesée, prise de la taille et mesure du périmètre brachiale de l’enfant, Claudine exhorte les mères à varier les repas qu’elles donnent à leurs enfants, mais surtout les ingrédients utilisés. A ses côtés, Jacky renchérit : si l’enfant bénéficie d’une alimentation saine, dit-il, l’enfant est plus à même de combattre les maladies et de se développer normalement au niveau physique et intellectuel.
Pascale donne essentiellement du riz et son accompagnement à son enfant. Elle essaie de varier autant que possible les ingrédients mais ne peut pas se permettre de le faire quotidiennement faute d’argent. Elle donne du riz, des patates, des brèdes, de la courgette, des carottes à son enfant. La famille consomme de la viande seulement une fois par mois. Lors des périodes de soudures, les haricots se substituent à la viande.

Les rôles de Claudine et de Jacky sont essentiels.  Ils encouragent la population à faire vacciner leurs enfants, à adopter le planning familial et suivent de près la santé de la mère et de l’enfant. C’est ainsi que dans le centre où officie Claudine, la pesée et le suivi des femmes enceintes est également effectué. Mais Claudine, à travers les démonstrations culinaires, encourage surtout fortement les mères et les familles à donner une alimentation variée à leurs enfants. Y sont indiquées d’autres manières de préparer le repas à moindre coût pour se défaire petit à petit de la manière traditionnelle. Le « sakafomaroloko », fait d’ingrédients de différentes couleurs (au moins cinq) sont encouragés à être utilisés assurer une alimentation équilibrée.
L’enjeu est majeur. La région du Vakinankaratra abrite environ 2.108.896 habitants. 380.000 enfants ont moins de cinq ans. Le nombre de femmes enceinte est estimé chaque année à 80.000. Le Vakinankaratra est la région où le taux du retard de croissance des enfants est le plus élevé (65%).