Avoir accès aux soins est un droit fondamental pour la population en particulier les enfants

Seheno et sa famille peuvent désormais avoir accès aux soins au niveau du centre de santé de base qui se trouve à deux pas de chez elle

Abela RALAIVITA
Seheno n’est plus obligée de faire de longues marches lorsque Justin tombe malade
UE-UNICEF

25 septembre 2018

Rasoarivelo Heritiana Seheno, 28 ans vit avec son mari et son fils Justin dans la commune de Beratsimanina à 20 km de Maevatanana (Région de Betsiboka). Aujourd’hui, grâce au programme d’appui aux services sociaux de base – santé ou PASSOBA-SANTE, elle et sa famille peuvent désormais avoir accès aux soins au niveau du centre de santé de base qui se trouve à deux pas de chez elle. Ce qui n’était pas le cas auparavant car le centre de santé était fermé après la crise antérieure de 2009 faute de ressources humaines. Durant cette période, l’accès aux services de santé était très difficile pour elle.

Seheno raconte les difficultés auxquelles elle a fait face pendant sa grossesse : «Lorsque j’étais enceinte de Justin, il a fallu partir à Maevatanana pour les consultations prénatales. C’était difficile pour moi car je devais d’abord marcher pendant une heure avant de prendre le taxi-brousse et payer le frais de transport qui coute cher, sans parler des autres dépenses liées à l’hébergement. Un mois avant l’accouchement, je suis partie chez ma mère, au village d’Ambalajia. C’était très pénible car je devais marcher pendant cinq heures et traverser une rivière avant d’arriver au centre de santé pour l’accouchement».

Grâce au programme, le centre de santé de Beratsimanina a été rouvert en 2014 et a été équipé en ressources humaines et matérielles. Un médecin et une infirmière y travaillent aujourd’hui, au grand soulagement de quelques 6594 habitants de la commune. Seheno n’est plus obligée de faire de longues marches lorsque son bébé est malade. Justin a d’ailleurs fait tous ses vaccins au niveau du centre selon le calendrier vaccinal. «Je suis très heureuse car on a pu faire des économies grâce à l’existence de ce centre. De plus, on a l’esprit tranquille car lorsque Justin tombe malade, les agents de santé qui sont juste à deux minutes de chez nous l’examinent immédiatement », affirme Seheno.
 

Je devais marcher pendant cinq heures et traverser une rivière avant d’arriver au centre de santé pour l’accouchement

Seheno, 28 ans, mère de Justin
Seheno et son fils Justin sont reçus par le docteur Rijaniaina lors d’une consultation au CSB de Beratsimanina
UE-UNICEF
Seheno et son fils Justin sont reçus par le docteur Rijaniaina lors d’une consultation au CSB de Beratsimanina

La coopération entre l’UNICEF et l’Union européenne

Le PASSOBA - SANTÉ est un programme financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’UNICEF et l’Agence française de développement (AFD) pour une durée de cinq ans. Il a été lancé le 27 Septembre 2012 et a pris fin au mois de Décembre 2017. Malgré la période de transition traversée par le pays entre 2009 et 2013 et la suspension de l’aide internationale directement allouée au gouvernement, l’Union européenne et l’UNICEF en partenariat avec le Ministère de la Santé Publique maintiennent l’appui en faveur des populations vulnérables en supportant le système de santé dans neuf régions ainsi que la SALAMA qui est en charge de l’approvisionnement des médicaments. La réponse apportée consiste à intervenir à la périphérie en garantissant la présence des ressources humaines nécessaires à des prestations de soins de qualité, géographiquement et financièrement accessibles et en renforçant la gestion des intrants pharmaceutiques et des ressources financières disponibles à la périphérie.

Le programme tend vers le but de maintenir l’accessibilité géographique et financière des populations vulnérables ainsi que le renforcement du système de santé. Le PASSOBA-SANTE couvre environ 10,777,521 personnes dans les 09 régions bénéficiaires en 2017 soit environ 43% de la population Malagasy.

Des résultats palpables et des bonnes pratiques

Les résultats de ce partenariat sont remarquables et c’est le fruit d’une collaboration effective entre divers acteurs. Le programme présente quelques résultats majeurs notamment : l’amélioration de l’accessibilité aux soins via la remise en opération de 73 centres de santé qui étaient fermés et la diminution du nombre de centre de santé fonctionnant avec un seul staff (42%) à travers le recrutement et intégration à la fonction publique de 538 agents de santé (dont 84 médecins, 241 sages-femmes et 213 infirmier(e)s. L’amélioration de l’offre de service par la dotation en matériels médicaux et équipements. L’appui à l’amélioration de la gestion pharmaceutique au niveau régional et périphérique. Enfin, la mise à jour annuelle des listes des personnes les plus défavorisées qui bénéficient de soins gratuits grâce aux fonds d’équité des centres de santé.

L’étude menées à la fin du programme révèlent six bonnes pratiques : la planification ascendante décentralisée des activités et du budget, la recapitalisation et l’amélioration de la gestion du fonds d’équité, la contractualisation décentralisée du personnel, la culture des résultats par la gestion de l’information et les supervisions/réunions, la participation communautaire comme mécanisme d’appropriation et de performance, et finalement l’implication des Agents Communautaires dans la couverture du paquet minimum d’activité.

Ces bonnes pratiques tirées à partir des différentes approches du programme ont montré une efficacité dans l’amélioration de la santé de la population en particulier celle des femmes et des enfants. Elles peuvent potentiellement être répliquées dans toute l’étendue de Madagascar ou ailleurs dans le monde pour un meilleur renforcement des systèmes de santé, en particulier au niveau décentralisé.