À Madagascar, former les parents pour mieux suivre l’état nutritionnel de leurs enfants

Plus de 100 000 parents du sud de Madagascar ont été formés à l'utilisation d'un outil simple pour dépister la malnutrition chez leurs enfants.

Abela Ralaivita
Sanasoanandrasana lavant les patates douces et son fils Razafimanfimby qui est heureux de pouvoir en manger au déjeuner.
UNICEF/UN0602388/Ralaivita
13 mars 2022

Au village de Bevoalavo dans le sud de Madagascar, Sanasoanandrasana (25 ans) laboure difficilement la terre dans le champ de maïs appartenant à ses parents, sous une chaleur étouffante avoisinant les 30°C. Elle est accompagnée par son fils Razafimandimby, 2 ans, qui l’attend patiemment sous le soleil avec son frère Nicolas. Razafimandimby est atteint de malnutrition aigüe sous une forme sévère. « C’est la deuxième fois en un an qu’il est admis au centre de santé car la nourriture que je lui donne s’avère insuffisante pour le garder en bonne santé » confie sa mère.

Sanasoanandrasana est mère célibataire et ce sont ses parents qui subviennent à leurs besoins. Elle fait partie des mères ayant reçu la formation sur l’utilisation d’un outil simple afin de détecter la malnutrition chez les enfants : le bracelet de mesure du périmètre brachial composé de trois codes couleurs : vert, jaune et rouge.  « Mon fils a continué de maigrir et en vérifiant le tour de son bras à l’aide du bracelet, j’ai constaté qu’il est dans la zone rouge qui signifie qu’il est sévèrement malnutri. Je l’ai immédiatement emmené au centre de santé le plus proche, se trouvant à trente minutes de chez nous », raconte Sanasoanandrasana. L’UNICEF et ses partenaires ont formé plus de 100,000 parents dans le but de les aider à identifier instantanément la malnutrition chez leurs enfants. Dans le village de Bevoalavo, Tirisoa (18 ans) fait partie des agents communautaires ayant appuyé cette formation. « Les parents sont attentifs et appliquent les consignes qu’on leur donne » affirme-t-il.

Sanasoanandrasana labourant la terre dans le champ de maïs qui appartient à ses parents
UNICEF/UN0602392/Ralaivita
Sanasoanandrasana labourant la terre dans le champ de maïs qui appartient à ses parents
Sanasoanandrasana montrant aux autres parents comment mesurer le périmètre de bras pour détecter la malnutrition
UNICEF/UN0602370/Ralaivita
Sanasoanandrasana montrant aux autres parents comment mesurer le périmètre de bras pour détecter la malnutrition

La dernière analyse de la malnutrition aiguë a révélé qu'environ 309,000 enfants dans le Grand Sud de Madagascar sont susceptibles de souffrir de malnutrition aiguë jusqu'en août 2022. Cela comprend environ 60,000 enfants souffrant de malnutrition sévère. Le dépistage de masse soutenu par l’UNICEF est un élément clé dans la lutte contre la malnutrition. Environ 130,000 enfants sont dépistés chaque mois par les agents de santé avec l’aide de ces parents. Grâce à cela, les enfants peuvent recevoir à temps le traitement adéquat au niveau des services de santé.

Chaque vendredi Sanasoanandrasana vient au centre de santé pour recevoir la ration hebdomadaire d’aliments thérapeutiques pour son fils. Ces intrants sont fournis par l’UNICEF et ses donateurs comme la Commission européenne chargé de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO), le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), l’U.S. Agency for International Development (USAID) et le Gouvernement du Japon. Normalement, Razafimandimby sera rétabli dans quelques semaines en suivant ce traitement. « A partir de maintenant, j’essayerai de ne pas négliger l’alimentation de mon fils même si nous vivons dans des conditions précaires », conclut Sanasoanandrasana.  

Un agent communautaire pesant Razafimandimby pour le contrôle hebdomadaire au centre de santé d’Ambohimalaza
UNICEF/UN0602377/Ralaivita
Un agent communautaire pesant Razafimandimby pour le contrôle hebdomadaire au centre de santé d’Ambohimalaza
Razafimandimby mangeant l’aliment thérapeutique prêt à l’emploi en sortant du centre de sante d’Ambohimalaza
UNICEF/UN0602381/Ralaivita
Razafimandimby mangeant l’aliment thérapeutique prêt à l’emploi en sortant du centre de sante d’Ambohimalaza