« Vert, jaune, ou rouge » comment les mères agissent en première ligne contre la malnutrition

Avec le programme de prise en charge de la malnutrition aigüe sévère (PECMAS), les mères sont impliquées dans le dépistage actif de leurs enfants

Clémence ANDRIANAIVOSON
Vorienge donne du plumpy nut à son enfant
UNICEF/2019/Rajaonisaona

24 octobre 2019

Vorienge a eu son premier enfant à l’âge de treize ans. Pour son entourage, c’est courant. Elle a aujourd’hui 21 ans et est mère de cinq enfants.

Ce jour-là, elle a rejoint le village d’Anjeky Ankilikira, à 50 km d’Ambovombe Androy, avec Manamiasy, son petit dernier. Avec d’autres mamans, toutes venues des villages aux alentours, Vorienge écoute attentivement les explications des agents de l’équipe mobile de nutrition reliée au Centre de Récuperation Nutritionnelle Ambulatoire Sévère (CRENAS) d’Ambovombe: « Si vous mesurez le bras de votre enfant et que le ruban mesureur affiche la couleur rouge, venez au centre de santé car votre enfant pourrait bien être victime de malnutrition aiguë sévère ». Cette équipe mobile de nutrition, rattachée au Centre de Santé de Base d’Ambovombe, à plus de 50 km, vient dans le village chaque semaine et regroupe les mamans et leurs enfants sous cet arbre qui fait office de salle de consultation, le temps d’une matinée.

José, animateur communautaire, rappelle comment bien mesurer le bras de l’enfant, puis un par un, chaque enfant est pesé, mesuré, et admis dans le programme s’il remplit les critères de malnutrition aiguë sévère.

C’est au tour de Manamiasy de se faire examiner. Il faut dire qu’avec juste 4 kg, il est loin d’avoir le poids d’un enfant de 9 mois bien-nourri et il est visiblement très faible. Le ruban mesureur indique la couleur rouge, Manamiasy souffre donc de malnutrition aiguë sévère. Il est immédiatement enrôlé dans le programme de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère.

On lui donne un aliment thérapeutique prêt-à-l’emploi (ATPE) à manger pour tester son appétit. C’est  un paquet contenant ce qui ressemble à première vue a du beurre de cacahuète, prescrit pour remettre sur pied un enfant victime de malnutrition aigüe sévère. Il contient en réalité tous les nutriments, vitamines et minéraux, dont les enfants sévèrement malnutris ont besoin pour se rétablir.  Manamiasy va devoir manger trois fois par jour un sachet d’ATPE jusqu’à sa guérison complète, ce qui prend en moyenne 3 à 4 semaines.

Mesure de perimetre brachial (PB) pour le depistage de la malnutrition
UNICEF/UN0314695/Pudlowski
Vert : tout est bon ;  Jaune : c’est la malnutrition modérée, consultez le site de nutrition communautaire   Rouge : consultez le Centre de Santé le plus proche, c’est urgent !   

Avec ce que l’équipe mobile de nutrition lui a appris aujourd’hui, Vorienge pourra mesurer elle-même l’évolution de l’état nutritionnel de son fils en mesurant la taille de son bras : 
Vert : tout est bon ; 
Jaune : c’est la malnutrition modérée, consultez le site de nutrition communautaire  
Rouge : consultez le Centre de Santé le plus proche, c’est urgent !   

La lutte contre la malnutrition aigüe sévère dans le sud de Madagascar continue grâce à l’appui de l’UNICEF et d’autres partenaires comme le Gouvernement Japonais, la Principauté de Monaco, la Banque Africaine de Développement, ECHO, l’UN CERF et l’USAID-FFP. Vorienge peut aujourd’hui garder un œil sur l’état nutritionnel de tous ses enfants sans parcourir à chaque fois les dizaines de kilomètres qui la sépare du centre de santé le plus proche. D’ailleurs, l’agent communautaire du village lui rend aussi visite de temps en temps pour la conseiller sur l’alimentation optimale des jeunes enfants et ainsi prévenir la malnutrition de ses enfants.