Réalité de vie

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Nosy Be : Le réseau de protection de l’enfant redonne une deuxième vie aux enfants victimes

Larissa
© UNICEFMadagascar/2017/Fanjaniaina
Larissa et sa maman

 Larissa (nom d’emprunt), 13 ans, voudrait devenir docteur quand elle sera grande. Elle va passer en classe de 5ème à la prochaine année scolaire. A première vue, elle a la joie de vivre et reste positive. «J’adore l’école et j’adore aider les autres », explique-t-elle, le sourire aux lèvres. Elle garde l’espoir d’y arriver un jour ; en attendant, elle vit tranquillement avec sa mère Catherine dans un fokontany (quartier) dans la ville de Hell-ville, sur l’ile de Nosy Be au nord-ouest de Madagascar. Il y a deux ans, un incident a chamboulé leur vie qui est tourné en cauchemar car Larissa a été victime d’un viol et l’auteur n’est autre que leur voisin.
A l’époque, Larissa avait l’habitude de se rendre chez des voisins pour regarder la télé comme elle n’avait pas chez elle. Mais en septembre 2014, la femme du voisin était partie assister à un évènement familial, et la petite fille s’est rendue chez le voisin comme d’habitude. Celui-ci a profité de l’absence de sa femme pour abuser la fille. Elle a crié très fort mais personne n’a pu l’entendre car la musique a été très forte. Quand il a fini, il s’est enfui en laissant la fille seule.
Selon sa mère, sa fille a gardé le secret pour elle toute seule pendant des jours avant de lui dire par peur des représailles de l’auteur. « Celui-ci m’a menacé de me tuer si elle dit un mot », explique sa maman en racontant cet épisode noir de leur vie. Elle a raconté que Larissa a dû abandonner l’école pour un certain temps et a dû redoubler car elle a été fortement troublée.
Signalé auprès du réseau de protection de l’enfance de Nosy Be, le cas de Larissa a pu bénéficier d’une prise en charge intégrée depuis 2015. La prise en charge consiste à la prise en charge médicale ; le suivi et accompagnement psychologique ; la prise en charge judiciaire ; et l’appui au déplacement et à l’hébergement en collaboration avec le Centre de Santé de Base à Hell-ville, le Centre Hospitalier Manarapenitra d’Antsiranana, l’organisation non Gouvernementale Coeur et Conscience et la Direction régionale de la protection et des affaires sociales Diana et l’appui scolaire.
Mais si aujourd’hui Larissa a pu reprendre une vie normale, c’est grâce à cette chaine de suivi mis en place par UNICEF et ses partenaires, dont le service de la direction régionale de population. Elle est scolarisée, sa santé s’est améliorée, l’auteur est en train de purger sa peine (7 ans d’emprisonnement ferme) en prison. «Nous sommes témoins de l’évolution de leur vie et nous sommes fiers du chemin qu’elles ont fait pour sortir de cet enfer », explique Sousanah Yahya, intervenant social du service régional de la population.
Larissa est très motivée pour les études. Sa mère se dit prête à la soutenir. Mais la capacité de la mère à prendre en charge durablement l’éducation de sa fille est limitée par le manque de ressources financières car elle n’a pas de revenu stable. Pour ce faire, la maman a mis en place une vente de friperie avec l’appui du Réseau de Protection de l’Enfant de Nosy Be (RPE) et le soutien technique et financier de l’UNICEF. Pour Nosy Be, seize familles ayant des enfants victimes d’exploitation et de violence sexuelle bénéficient des activités génératrices de revenus depuis octobre 2016. Elles essaient de refaire une autre vie avec le fond financier qui leur est offert pour redémarrer une nouvelle vie à travers des commerces. Cette activité entre dans le cadre de la prise en charge des familles d’enfants victimes de l’exploitation sexuelle. Mais récemment, les victimes pourront bénéficier de la prise en charge après l’acte grâce à l’ouverture du centre de prise en charge intégré dénommé « Vonjy », fruit du partenariat avec l’ambassade du Japon sur Nosy Be.
Par Fanjaniaina Alida

Larissa 2
© UNICEFMadagascar/2017/Fanjaniaina
La maman de Larissa a trouvé un petit commerce de friperies pour arrondir ses fins du mois

 

 
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