Investir dans les secteurs sociaux pour assurer à long terme le bien-être des enfants

Investir dans les secteurs sociaux augmente la capacité de production des biens et services dans un pays, et donc, augmente la croissance économique

18 juin 2018
Enfant au dos de sa mere
UNICEF Madagascar/2014/Ramasomanana

A l’occasion de la célébration du mois de l’enfance, l’UNICEF, en collaboration avec les partenaires gouvernementaux et la société civile, a organisé ce lundi 18 juin un débat et table-ronde sur les « investissements dans les secteurs sociaux : Combien, comment, et pourquoi ? » au Development Learning CenterAnosy.

En ratifiant la Convention Internationale des Nations Unies des Droits de l’Enfant en 1991, Madagascar a accepté les obligations de respecter, protéger, et réaliser les droits des enfants. Selon l’article 4 de la Convention : « les États parties doivent prendre toutes les mesures législatives, administratives et autres appropriées pour la mise en œuvre des droits reconnus dans la Convention. En ce qui concerne les droits économiques, sociaux et culturels, les États parties prennent de telles mesures dans toute la mesure de leurs ressources disponibles ».

Le Comité International des Nations Unies sur les droits de l’Enfant, qui est chargé du suivi de la mise en œuvre par les Etats de la Convention, reconnaît que l’allocation des ressources publiques dans les secteurs sociaux est essentielle pour réaliser les droits des enfants, tout en notant que cette allocation doit être efficace, efficiente, transparent, et durable pour mieux atteindre les enfants.

Les dépenses dans les secteurs sociaux constituent des investissements pour augmenter le bien-être de la population, les familles, y compris les enfants. Mais aussi l’investissement dans l’éducation, santé, nutrition, protection de l’enfant et protection sociale, augmente la capacité de production des biens et services dans un pays, et donc, augmente la croissance économique. A titre d’exemple, 1 euro investi dans la nutrition et développement de la petite enfance aura un retour sur l’investissement du pays de 18 %. Cela veut dire un gain de 18 euros pour chaque euro investi.

En référence à la déclaration d’Abuja, tout pays devrait s’engager à dépenser 15% de son budget annuel en santé publique pour améliorer ce secteur social. Par ailleurs, l’UNESCO recommande d’allouer 6% du Produit Intérieur Brut à l’éducation, tandis que l’OMS recommande d’allouer 5% du Produit Intérieur Brut a la Santé Publique.

A Madagascar, des efforts et améliorations sont faites dans le budget de l’Etat. Mais, avec la croissance démographique, les allocations doivent encore être augmentées si nous voudrions profiter des avantages offerts par le dividende démographique. Le budget public a augmenté en montant nominal en passant de 3.116 milliards d’Ariary en 2014 à 7.173 milliards d’Ariary en 2018. Le budget alloué aux secteurs sociaux a augmenté de 1.097 milliards d’Ariary à 1.990 milliards d’Ariary pendant la même période. Cependant, les investissements dans les secteurs sociaux évoluent moins vite que le budget total : si le budget de l’Etat varie de 28% en 2015, 5% en 2016 et 17 % en 2017, le budget des secteurs sociaux varie moins vite avec les taux suivants : 13% en 2015, 3% en 2016 et 5 % en 2017. Fait positif, le budget des secteurs sociaux dans la loi de finance 2018 est en hausse de 11 % en 2018 contre 8% en 2017.

Le Président du Cercle de Réflexion des Economistes de Madagascar (CREM), Rado RATOBISON, lors de son intervention, a noté à ce propos « Si on envisage de promouvoir une croissance économique équitable et entretenue, il nous faut renforcer l’investissement social – dans le cadre de la préparation d’un capital humain qualifié. Il est urgent de focaliser sur l’éducation et la santé de la population ». Quant à la Secrétaire Générale du Collectif des Citoyens et Organisations Citoyennes, Hony RADERT, elle a mis l’appui sur la nécessité des investissements dans l’éducation et la santé et pour plus d’efficacité, l’information au niveau terrain même des budgets qui seront alloués.

La pertinence de l’investissement dans les secteurs sociaux pour le bien-être des enfants malgaches est d’autant plus renforcée par situation inquiétante des enfants à Madagascar. A travers quelques chiffres : 1 enfant sur 2 souffre de malnutrition chronique ; 6 enfants sur 10 n’achèvent pas le cycle scolaire primaire ; 1 enfant sur 2 n’a pas accès à l’eau potable. D’où l’initiative de l’UNICEF et de ses partenaires de saisir le mois de l’enfance à Madagascar pour ouvrir les débats entre les parties prenantes pour changer la situation et assurer un avenir meilleur pour chaque enfant.

Durant le débat de ce jour qui s’est déroulé au Development Learning Center (DLC) Anosy, l’UNICEF a présenté sur l’Investissement dans les secteurs sociaux à Madagascar : tendances et perspectives ». Le Collectif des Citoyens et Organisations Citoyennes, partenaire de l’UNICEF, a présenté sur les « Faits marquant de l’analyse des budgets de l’Education et de la Santé ». Les panelistes ont été notamment composés des parties prenantes au niveau des Ministères sociaux, de la société civile, du Cercle de Réflexion des Economistes de Madagascar (CREM) et de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM).  Ensemble, les participants ont débattu largement des améliorations possibles en faveur de la population vulnérable, notamment des enfants.

Contacts presse

Fanja Saholiarisoa

Communication Officer

UNICEF Madagascar

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