Une mère cherche à protéger sa fille du nouveau coronavirus

Dès la survenue de la pandémie COVID-19, l’UNICEF a déployé une réponse forte et multisectorielle en Haïti

Ndiaga Seck
Un homme se lavant les mains
Ndiaga Seck
01 juin 2020

Dès la survenue de la pandémie COVID-19, l’UNICEF a déployé une réponse forte et multisectorielle en Haïti. En collaboration avec le Ministère de la sante publique et de la population et avec l’appui de multiples donateurs, l’UNICEF a mobilisé 15 ONG nationales et internationales pour mener des activités de sensibilisation et de prévention dans les 10 départements du pays. Aujourd’hui, les agents sensibilisateurs vont de plus en plus loin pour atteindre les plus vulnérables.

Tiburon, Haïti, 25 mai 2020 - Quand elle a entendu parler des ravages que fait le nouveau coronavirus à travers le monde, Raymone Notus, 39 ans, a dompté sa peur pour trouver les moyens de protéger ses trois enfants. La résidente du petit village de Sevré dans le sud d’Haïti a appris à la radio comment attraper le virus et comment se protéger, et elle s’est mise aussitôt à chercher un outil de prévention : un seau à robinet. « Nous voudrions mettre un seau au milieu du village mais nous ne pouvions pas en trouver. Nous avions même cherché au marché hebdomadaire, sans succès, » a-t-elle expliqué.

Haïti a connu ses deux premiers cas de COVID-19 le 19 mars 2020. A la date du 25 mai, 1063 cas ont été enregistrés, avec 31 décès. Bien qu’elle n’eût encore vu de cas dans sa commune, Raymone ne voulait pas prendre le risque de voir sa petite fille de 7 ans, Ismanite, attraper le virus. Son vœu fut exaucé quand les agents sensibilisateurs arrivèrent dans le village pour les sensibiliser. « Il y’a quelques jours, la Croix-Rouge nous a fait don de ce seau. Nous y avons mis de l’eau et nous lavons les mains très souvent », a-t-elle relaté.

Chokarella
L'UNICEF et ses partenaires renforcent la lutte contre le COVID-19

Le seau à robinet communément appelé « bokit » trône sur une vieille chaise sans dossier au milieu de la concession. Ismanite Mercier ne va plus à son école à Cahouane, à cause de la pandémie. Elle a eu vent des gestes barrières qui peuvent freiner la propagation du virus et les applique à la lettre, même à son âge. « Nous devons éviter de nous toucher la bouche, le nez et les yeux. Nous devons nous laver les mains régulièrement avec de l’eau propre et du savon », a récité la petite fille, joignant le geste à la parole. Le lavage des mains est recommandé comme une pratique efficace contre la propagation du virus, mais seul 26% des haïtiens le pratiquent convenablement.

Le village de Sevré n’est pas très accessible. Il est séparé de Tiburon, la ville la plus proche, par une rivière. Mais les agents de la Croix Rouge vont de plus en plus loin chaque jour, pour atteindre les populations les plus vulnérables. L’ONG, partenaire de l’UNICEF, a aussi installé des stations de lavage des mains dans les lieux publics tels les marchés, les stations de bus et les points d’eau, pour atteindre le plus grand nombre de personnes.

Fort de 20 ans d’expérience de terrain, Jameson Téranfort, chef de projet à la Croix Rouge néerlandaise se donne à cœur-joie à décrire la stratégie appliquée pour protéger les communautés. « Aujourd’hui, nous sensibilisons les personnes qui fréquentent le marché hebdomadaire de Tiburon. Nous leur montrons comment se laver les mains avec de l’eau, du chlore ou du savon », a-t-il expliqué. « Les volontaires de la Croix Rouge haïtienne érigent des points fixes dans des zones stratégiques tels les bars, les places publiques, là où il y’a beaucoup plus de monde. Ils sensibilisent les gens dans leurs communautés en utilisant les messages de prévention élaborés par le MSPP ».

L’UNICEF a appuyé le Ministère de la santé et de la population (MSPP) dans l’élaboration d’une stratégie de communication, la conception de messages clé et la production de 500.000 dépliants, 250.000 feuillets informatifs et 100.000 affiches de prévention de la COVID-19. Depuis le début de la crise, les partenaires ont informé plus 1,8 million de personnes, engagé 8100 leaders communautaires et installé plus de 2.100 stations de lavage des mains. Grâce à une coordination incluant les divisions gouvernementales et les ONG, l’UNICEF oriente ses partenaires vers les communautés qui ont le plus besoin d’assistance.

« Là, spécifiquement sur la côte Sud, une zone qui a été complètement ravagée en 2016 par l’ouragan Mathew, on se focalise d’abord sur comment protéger au maximum les enfants et les femmes, pour protéger toute la population de ces communautés de ce virus de la COVID-19 », a clarifié Jean Stenio Pierre, Chef du sous- bureau de l’UNICEF dans le Sud. « En fait, c’est le niveau de vulnérabilité qui détermine l’approche utilisée », a-t-il ajouté.

Sachant ce qu’il faut faire pour se protéger, les familles de la commune de Tiburon n’ont pas toujours tout le nécessaire pour faire face à la pandémie. Raymone vend des haricots au marché et le peu qu’elle gagne, suffit à peine pour nourrir sa famille. « Nous avons besoin du savon et du chlore pour nous laver les mains. Nous avons aussi besoin de cache-nez », a-t-elle souligné. Depuis quelques semaines, le MSPP impose le port du masque pour se prémunir d’une infection à coronavirus.

Haïti n’a pas enregistré autant de cas de COVID-19 que de nombreux pays, mais le nombre de cas ne cesse d’augmenter. Tout le mois d’avril, le pays a enregistré 65 cas confirmés. Pour la journée du 25 mai seulement, 111 cas confirmés ont été enregistrés. La prévention servira à réduire la propagation du virus et sauver la vie de milliers de familles et d’enfants.

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La réponse de l’UNICEF à la pandémie de la COVID-19 en Haïti est financé par l'Agence américaine pour le développement international (USAID), la Banque interaméricaine de développement (BID), la Banque Mondiale, le Gouvernement du Canada, les comités nationaux français et espagnol de l’UNICEF, le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies (CERF), le Gouvernement du Japon et le Service d'Aide Humanitaire de la Commission européenne (ECHO).