Réduire l’Incidence de la malnutrition pour sauver les enfants

L’UNICEF appuie le programme nutritionnel du ministère de la Santé publique et de la population (MSPP).

Jean Panel Fanfan
Natahlie et son enfant
UNICEF Haiti/Fanfan

31 mai 2019

L’ UNICEF appuie le programme nutritionnel du ministère de la Santé publique et de la population (MSPP). Avec le support de bailleurs, principalement l’USAID, l’UNICEF intervient dans plusieurs aspects de la lutte contre la malnutrition, notamment dans la distribution d’aliments thérapeutiques prêt à l’emploi dont le plumpy nut.

Port-au-Prince le 30 mai 2019- Au centre communautaire de Christ-Roi, à Port-au-Prince une vingtaine de mères sont assises avec leurs enfants. Elles attendent que les infirmières de service commencent leur consultation pour la prise en charge ambulatoire de la malnutrition aigüe sévère. En dépit d’une pluie battante, elles n’auraient manqué ce rendez-vous important pour le suivi de leurs enfants pour rien au monde.            

Sur une chaise, bien à l’abri se trouve Nathalie G, 36 ans et mère de trois enfants, elle est mère seule et ne travaille pas. Le petit dernier, Elie Shama, seulement âgé de 7 mois est dans ses bras. L’enfant est tranquille, le corps est frêle, il ne joue pas et ne pleure pas. Il souffre de malnutrition aigüe sévère, qui a été diagnostiqué il y a un mois.

Dès les premiers moments, Nathalie a craint le pire pour son enfant car son état était grave. « J’avais très peur, il avait de la fièvre, ne voulait pas prendre le sein et vomissait tout ce qu’il avalait. En tant que mères notre souhait est que notre enfant vive en bonne santé », déclare-t-elle.

« L’ enfant a rapidement été référé à l’hôpital La Paix de Delmas où il a passé quelques jours. Ensuite je suis retournée au centre de santé où les infirmières ont continué les soins en lui donnant du plumpy nut. Il va beaucoup mieux, il a gagné du poids mais il n’est pas encore guéri », explique-t-elle.

Elie doit venir chaque semaine au centre de santé afin de recevoir sa ration hebdomadaire de plumpynut, un aliment spécial pour la renutrition. A chaque visite, les infirmières évaluent ses progrès notamment en mesurant son poids et son périmètre brachial. Le traitement jusqu’à guérison prend en moyenne 4 à 6 semaines.

« Je suis scrupuleusement les conseils qu’on me donne au centre car je n’aimerais pas que mon enfant retombe malade. Je lui accorde une attention particulière », poursuit-elle.

L’ infirmière responsable du centre, Mme Rose-Laure Milor, insiste sur l’importance du plumpy nut pour traiter la malnutrition aigüe sévère. En moyenne, chaque mère reçoit 14 paquets de plumpy nut, à raison de deux paquets par jour par enfant. « Nous arrivons à sauver un grand nombre d’enfants et les taux de guérison avoisinent plus de 95%, lorsque les mères suivent le protocole de traitement à la lettre », souligne-t-elle.

Conformément à l’ODD 2 « éradiquer la faim et la pauvreté », l’UNICEF lutte contre la malnutrition en soutenant les actions du Ministère de la Santé. Parmi les domaines d’interventions de l’UNICEF dans le secteur de la nutrition on peut compter : la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère avec 15 000 enfants traités par an, la supplémentation en minéraux/vitamines, 500 000 enfants reçoivent de la vitamine A chaque année et 45 000 reçoivent du fer avec 14 autres micronutriments ; la promotion des bonnes pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant notamment l’allaitement maternel et l’alimentation complémentaire diversifiée : 20 000 mères sont conseillées chaque année.

 

Mesure du périmètre brachial
Jean Panel Fanfan
Une infirmière du centre mesure le périmètre brachial de l'enfant.

Nous remercions le peuple des Etats-Unis d’Amérique pour ce don généreux. C’est un partenariat qui porte des fruits et qui continue dans d’autres domaines. La lutte contre la malnutrition est un prérequis pour que chaque enfant haïtien atteigne son potentiel physique et intellectuel. Nous menons ce combat en appui au MSPP à travers tout le pays notamment dans les régions les plus reculées afin que tous aient un accès équitable aux soins de santé.

Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.