La méthode Mère-Kangourou continue de sauver la vie des nouveau-nés

La méthode « Mère-Kangourou » (MMK), a sauvé la vie à des centaines de nouveau-nés notamment les prématurés

Jean Panel Fanfan
Une mère et son enfant
UNICEF Haiti/Fanfan
17 décembre 2019

Introduite en Haïti en 2011, la méthode « Mère-Kangourou » (MMK), a sauvé la vie à des centaines de nouveau-nés notamment les prématurés. L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) afin de renforcer leur service de néonatologie de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH). Dans cet hôpital, la MMK est utilisée et fait de bons résultats.

Au service de néonatologie de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, le vendredi est un jour de grande affluence. Les infirmières et les médecins tentent de se frayer un chemin, le long du couloir principal. Ce n’est pas facile, car plus d’une dizaine de mères avec leurs bébés occupent l’espace. Elles font partie du programme de « Mère-Kangourou », et elles viennent pour une visite de suivi, après avoir terminé la prise en charge à l’hôpital. Ces visites de suivi, recommandées par le médecin, s’inscrivent dans le cadre du protocole de soins adapté à la MMK permettant de s’assurer de la bonne évolution de ces bébés qui ont été libérés de l’hôpital après les premiers soins.   

Dans une salle d’hospitalisation, les cinq lits sont occupés par des Mères Kangourou avec sur leur poitrine, leurs bébés parfois âgés d’à peine quelques jours, précieusement emmaillotés. La méthode consiste principalement à faire transférer la chaleur de la mère à l’enfant d’où son nom « méthode Mère Kangourou ». Les femmes sont entourées de médecins résidents en pédiatrie et de médecins externes qui apprennent la méthode. Les cris aigus des bébés font partie du décor.

Sur l’un des lits, se trouve Edna F., 35 ans. Sur sa poitrine, la petite Evnaika, 19 jours seulement. C’est une enfant prématurée, venue au monde deux mois avant son terme. Le personnel soignant a réussi à lui sauver la vie et l’enfant a été placé dans une couveuse, ensuite la méthode « Mère-Kangourou » a pris le relais. Edna avait très peur pour son enfant à cause de son trop faible poids. Maintenant, elle est soulagée, en constatant que son bébé évolue bien.

 

On nous a appris que le corps à corps avec le bébé lui donne de la chaleur. C’est comme s’il était encore dans mon ventre et je sens les mêmes mouvements. La situation s’est beaucoup améliorée pour elle. Mais nous devons aussi respecter les consignes comme donner le sein à mon bébé à temps, réchauffer son corps. 

Edna F.
Un appareil pour proteger l'enfant
UNICEF Haiti/Fanfan

Méthode Mère-Kangourou, facile et efficace

La méthode « Mère-Kangourou » consiste à porter un nouveau-né prématuré ou de poids faible à la naissance sur le ventre, peau contre peau avec sa mère. Cette méthode, très efficace et facile à appliquer, contribue à la bonne santé et au bien-être des prématurés et des nouveau-nés de petit poids nés à terme.

Selon l’infirmière en chef du service de néonatologie de l’HUEH, Mme Marie Monette Adonis Dejean, ce ne sont pas tous les nouveau-nés qui sont éligibles au MMK. Parmi les critères d’admission, l’enfant doit être un prématuré et avoir un poids inférieur à 2000 grammes, il doit aussi présenter des signes vitaux stables.   « Le taux de réussite de la Méthode « Mère-Kangourou » est très élevé. C’est une méthode peu couteuse et qui donne des résultats très satisfaisants. Cependant, la mère doit aussi s’impliquer ainsi que l’infirmière qui donne les directives », rappelle-t-elle.   

L’UNICEF, un partenaire clé

La Méthode « Mère-Kangourou » est appliquée à l’HUEH formellement depuis novembre 2011. « L’apport de l’UNICEF à la MMK a été considérable car c’est l’organisation qui nous a aidé à la mettre en place, et en nous fournissant aussi du matériel. Dans le début, elle nous a facilité un voyage d’étude et de partage d’expériences au Cameroun », indique Mme Dejean. Grace à cet appui, 727 nouveau-nés ont été pris en charge en 2018 et 659 nouveau-nés de janvier à novembre 2019.

En Aout 2018, l’UNICEF a distribué des incubateurs, des tables et kits de réanimation, des couveuses, des systèmes chauffants à trois hôpitaux du pays pour renforcer leur service de néonatologie.