Journée mondiale de l’Enfance : Attirer l’attention sur les affres du séisme sur les enfants

Chaque 20 Novembre, l’UNICEF célèbre la Journée mondiale de l’enfance.

Jean Panel Fanfan
Sarah Ludgina Pierre dans son discours
UNICEF Haiti/2021/Plymouth
23 novembre 2021

Chaque 20 Novembre, l’UNICEF célèbre la Journée mondiale de l’enfance. Cette journée marque la célébration de la convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Elle offre l’occasion à l’UNICEF et aux autres acteurs de souligner les actions menées pour le respect des droits de l’enfant, et l’opportunité aux enfants et aux jeunes de se faire entendre.

Port-au-Prince, le 20 Novembre 2021- C’est en présence des différents acteurs de la protection de l’enfance, des enfants, des U-Reporters, des autorités locales et nationales, et des membres de la société civile que s’est tenue la célébration de la Journée mondiale de l’enfance dans la ville des Cayes dans le Département du Sud. Les enfants ont eu voix au chapitre.

« Le 20 novembre 1989, presque tous les pays se sont entendus sur une chose : Les enfants sont importants. Et ils ont pris l’engagement de tout faire pour que chaque enfant sans discrimination puisse jouir de tous leurs droits », a déclaré Sarah Ludgina Pierre, une fille de 13 ans appuyée par l’ONG partenaire Enpak, qui a porté la parole des enfants lors de la cérémonie célébration de la Journée mondiale de l’enfance qui s’est tenue aux Cayes.

Elle s’est aussi interrogée sur les améliorations des droits des enfants au sein de la société haïtienne. « Est-ce que les enfants haïtiens jouissent-ils de tous leurs droits ? Est-ce que les enfants haïtiens sont-ils protégés contre la violence ? Vont-ils dans de bonnes écoles qui leur permettent de participer au développement de leur pays ? Comment est la situation de la santé ? Et si on devait parler de la situation sécuritaire ? », s’est-elle adressée à l’assistance.

Une vue patielle de l'assistance avec en ligne de mire, les jeunes et les enfants
UNICEF Haiti/2021/Plymouth
Une vue patielle de l'assistance avec en ligne de mire, les jeunes et les enfants

Le cri du cœur des enfants

Sarah Ludgina a déploré toutes les conséquences de la violence sur la vie des enfants : beaucoup d’enfants sont orphelins car leurs parents sont tombés sous des balles assassines, des enfants sont enrôlés dans des gangs, les filles sont victimes de violence et d’abus sexuels. « En ce 20 Novembre, je voudrais, au nom de tous les enfants haïtiens, exhorté les autorités haïtiennes à faire du respect et de la mise en application de la Convention des droits de l’enfant, une priorité», a-t-elle interpelé, soulignant qu’il revient à tous les membres de la société de travailler afin de faire du respect des droits des enfants une réalité.

Le tremblement de terre qui a frappé le Grand Sud d’Haiti le 14 aout 2021 fait plus de 2240 morts, 12.700 blessés, et endommagé ou détruit plus de 130.000 maisons, 1000 écoles et une centaine d’institutions sanitaires. Il a affecté au moins 650.000 personnes dont 260.000 enfants. Et le sud-ouest est souvent affecté par les catastrophes naturelles, et les enfants en paient un lourd tribut.

« Cela fait 32 ans d’engagement et de promesses à nos enfants. Quelle est la situation des enfants dans le Sud ? Nous avons connu le cyclone Matthew, le coronavirus, et le tremblement de terre du 14 aout. Malgré ces défis, nous étions engagés et nous nous engageons encore dans la lutte pour le respect des droits des enfants », a indiqué Bertrand Méridien, responsable de l’IBESR dans le Sud. « 1700 enfants vivent en institution dans le département du Sud, et plus de 80% d’entre eux sont des cas de séparation familiale. Il y a beaucoup d’autres défis. Unissons-nous, pour une vie pleine d’amour et d’espoir pour nos enfants », a-t-il ajouté.

Les principaux partenaires de la protection de l'enfance
UNICEF Haiti/2021/Plymouth
Les principaux partenaires de la protection de l'enfance, avec les deux artistes BIC et Jean Jean Roosevelt

M Ary Louis, membre du cabinet du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a rappelé les efforts fournis pour un retour effectif des enfants du Grand Sud à l’école. « La ministre Mme Lucie Joseph promet de mobiliser davantage d’énergie et de moyens dont le ministère dispose en vue de travailler pour atteindre deux grands objectifs : maximiser l’accès aux enfants à l’école et améliorer la qualité de l’éducation », a-t-il précisé. L’UNICEF et le MENFP ont débuté la construction de 900 espaces d’apprentissage temporaires, en attendant la construction des écoles.

Les enfants sont les plus affectés par les crises

Durant la semaine, les ambassadeurs de bonne volonté de l’UNICEF en Haiti, Jean Jean Roosevelt et BIC ont l’un, discuté avec des écoliers sur leur vécu et leur futur, l’autre avec un club des mères sur les bonnes pratiques nutritionnelles pour les enfants. Le 20 novembre, de leur voix lyrique et de leurs textes engagés, ils ont égayé les enfants qui en avaient vraiment besoin. Car Haïti a célébré la Journée mondiale de l’enfance a l’instar d’autres pays mais pas dans le même contexte. En plus de la pandémie de COVID-19, le pays a connu de nombreuses crises liées à l’insécurité, causant le déplacement de 19.000 personnes dont 15.000 femmes et enfants, une pénurie de carburant qui a affecté le fonctionnement normal des hôpitaux et autres centres de santé, etc. 

Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF en Haiti dans son discours de circonstance
UNICEF Haiti/2021/Plymouth
Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF en Haiti dans son discours de circonstance

« Cette commémoration de la Journée mondiale de l’enfance coïncide avec le 75e anniversaire de l’UNICEF. Une année marquée également par une lutte acharnée contre la pandémie de COVID-19 où l’UNICEF a été en première ligne pour distribuer des vaccins et plaider en faveur d'un rétablissement centré sur l'enfant », a rappelé Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF en Haiti.

Un jeune enfant en train de chanter
UNICEF Haiti/2021/Plymouth
Un jeune enfant en train de chanter

L’une des crises les plus aigües reste le séisme d’octobre 2021 qui affecte le département du Sud, les Nippes et la Grand’Anse. Mais les enfants de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et environs aussi ne pouvaient pas se rendre à l’école librement. « Les enfants du Grand Sud sont affectés par un séisme qui a changé leur vie, pendant que ceux de l’ouest vivent dans la peur de prendre le chemin de l’école, d’aller jouer, ou d’aller à l’hôpital à cause de l’insécurité. Cette année, des centaines d’enfants et de femmes ont été kidnappés, privées de leurs droits fondamentaux :  droit à l’éducation, droits aux loisirs, droit à la liberté », a poursuivi Bruno Maes.

Depuis le début de l’année, Haïti connait une violence des gangs qui, ont affecté les indicateurs de la situation de l’enfant en termes d’accès aux services sociaux de base tels que l’Education, la Santé, la Protection, l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement. L’UNICEF se tient aux cotés de l’Etat haïtien pour renforcer les politiques publiques visant l’amélioration des conditions de vie des enfants, le bien-être des enfants.

 

jean jean roosevelt, BIC et deux jeunes chanteuses
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Jean Jean roosevelt, BIC et deux jeunes chanteuses en train de créer l'ambiance