"Je vaccine mes enfants parce que je les aime"

La vaccination sauve la vie des enfants

Ndiaga Seck
Une infirmiere en train de vacciner la fille de Josena
UNICEF Haiti/2020/Edler
11 juillet 2020

Josena Aldtidor est folle de Marc Carlo son bébé de sept mois, et elle ne s’en cache pas. Chaque matin, la mère de 30 ans lui fait des bains de feuilles d’oranger pour que sa peau se raffermisse, et le chouchoute en longueur de journée.  En plus, elle a tenu à l’allaiter exclusivement au sein jusqu’à ce qu’il ait six mois. Mais Josena ne se limite pas à cette bonne pratique familiale essentielle uniquement : elle donne à son fils tous les vaccins qui peuvent le protéger contre les maladies évitables.

« Je vaccine mes enfants parce que je les aime. Si un vaccin est dangereux, on n’allait pas le donner à l’enfant. Je continuerai toujours à le vacciner. Si je néglige et je rate un vaccin, je ne vais plus avoir l’occasion de le rattraper,” a-t-elle dit, ajoutant qu’elle tient la vaccination de sa mère qui a toujours vacciné tous ses enfants.

A la date du 8 juillet, 6432 cas de COVID-19 sont confirmés en Haïti dont 2080 guéris et 117 décès.  Le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) et l’UNICEF continuent de faire les efforts requis pour que les enfants soient vaccinés contre les maladies telles que la rougeole et la poliomyélite.  Josena fait partie des parents soucieux de la santé de leurs enfants et qui les ont amenés ce matin au centre de santé de Bethesda au Cap-Haïtien, chef-lieu du département du Nord, en Haiti, malgré le contexte de la COVID-19. Pour garantir l’hygiène et réduire les risques de contamination au coronavirus, le lavage des mains et le port du masque sont obligatoires.

UNICEF Haiti/2020/Chokarella

« Malgré la situation de la COVID-19 à travers tout le pays, nous à Bethesda, continuons à sensibiliser les mères, les gens de la communauté de toujours amener les enfants prendre leurs vaccins », a souligné Mme Prudence Louissaint, Infirmière-en-chef. « La vaccination joue un rôle important dans la vie des enfants. Elle peut sauver la vie des milliers et des milliers d’enfants. »

La vaccination est rendue possible grâce à des bailleurs comme les Emirats Arabes Unis, la Banque mondiale et Gavi. Depuis la survenue de la pandémie à COVID-19, bon nombre d’enfants ne sont pas vaccinés. Alors que de fausses informations ont déjà été portées sur les réseaux sociaux sur l’efficacité des vaccins semant le doute dans la tête des parents et autres gardiens d’enfants, il a fallu une communication de proximité ardue de la part des agents de santé pour amener les parents à la vaccination. En plus, des affiches, des dépliants et des feuillets informatifs sur les modes de transmission et les mesures de prévention de la pandémie ainsi que sur le port du masque, ont été distribuées.

Pour une meilleure qualité des vaccins, l’UNICEF et ses partenaires continuent de renforcer la chaine du froid en Haiti avec l’usage de l’énergie solaire, plus fiable dans un pays où l’approvisionnement en électricité n’est pas toujours assuré.  « Nous remplaçons tous les réfrigérateurs à gaz par des réfrigérateurs solaires. Les populations auront leurs vaccins disponibles au centre de santé le plus proche avec des réfrigérateurs contrôlés aussi à distance, » a expliqué Derline Mentor de l’UNICEF.

Malgré les rumeurs et les fausses croyances qui entourent la vaccination, Josena, elle, croit à juste titre, qu’elle reste le moyen le plus sûr de protéger ses enfants. « Quand je vaccine mes enfants, ils ne tombent pas malades pendant longtemps. Mon premier enfant a pris tous ses vaccins, il n’a jamais été malade, » a-t-elle dit. Comme toutes les mères, Josena vit dans l’espoir de voir son fils Marc Carlo grandir en bonne santé et réussir dans la vie.

 

Josena en train d'allaiter son enfant
UNICEF Haiti/2020/Edler
Josena breastfeeding her young child