Combattre la stigmatisation pour vaincre le VIH-Sida

Les chiffres de la lutte contre le VIH-Sida progressent dans le pays

Jean Panel Fanfan
UNICEF Haiti/Telisma

02 décembre 2019

Le 1er décembre ramène la Journée mondiale de lutte contre le sida. A cette occasion, toutes les attentions sont rivées sur la pandémie. Aussi est-il important de mettre en évidence, les problèmes dont les personnes vivant avec le VIH sont confrontées, notamment la stigmatisation et la discrimination. L’UNICEF supporte le MSPP et certaines organisations dans la lutte contre le VIH-Sida à travers plusieurs volets dont la sensibilisation chez les jeunes.   

Les chiffres de la lutte contre le VIH-Sida progressent dans le pays. Depuis plusieurs années, la sensibilisation au VIH a été renforcée et beaucoup plus de personnes connaissent la maladie. Les jeunes représentent un secteur où la sensibilisation a eu le plus d’impact. Ainsi, le taux de prévalence nationale est de 2% alors qu’il est de 1,0 % chez les jeunes de 15-24. Cependant, le plus important est de combattre la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH(PVVIH).

La voix grave, Justin (nom d’emprunt), explique qu’il suit régulièrement son traitement. Il a 26 ans, et il est né avec le VIH/sida. Quand il était plus jeune, il ne savait pas pourquoi il devait suivre ce régime drastique en prenant tous ces médicaments. « Un jour, j’ai demandé à ma mère car je voulais savoir. Et elle m’a révélé la vérité, c’était un choc. Au début j’étais très stressé mais depuis, j’ai appris à vivre avec le virus. J’’ai suivi beaucoup de formations sur le VIH notamment avec la FOSREF (Fondation pour la santé reproductrice et l'éducation familiale) », rappelle-t-il. 

Lutter contre la stigmatisation

De peur d’être stigmatisé, Justin n’a pas révélé son statut de séropositif à tout son entourage. « Si quelqu’un est au courant que vous avez le VIH, il va vous juger de manière très négative. C’est pour cette raison que je ne dévoile pas mon statut à tout le monde. J’ai un support inconditionnel de mes proches et ils me mettent à l’aise en famille. Je ne ressens aucune différence de traitement. », poursuit-il. En termes de prise en charge psychologique, il affirme que parfois, il suit des séances à la FOSREF. Justin conseille aux PVVIH, d’adhérer à leur traitement en prenant régulièrement leurs médicaments et de vivre sans aucun stress.

La discrimination envers les PVVIH est réelle et ceci à travers tout le pays. « Nous sommes comme tout le monde. Les personnes qui ont contracte le virus du sida ne l’ont pas fait exprès. Ceux qui ne l’ont pas, peuvent s’estimer heureux », poursuit-il.

 

38 jeunes pairs éducateurs ont été formés dans divers domaines tels que les techniques d’information et de sensibilisation sur le VIH, les droits des jeunes, les comportements sexuels responsables, l’utilisation régulière et constante du condom, l’importance du dépistage, le screening communautaire du VIH, entre autres. 

Fredine Jean Pierre Cantave
UNICEF Haiti/

Appuyer les jeunes dans le grand Sud

L’UNICEF a mis sur pied le projet Jeunes FOSREF-UNICEF depuis l’année 2018 dans le grand Sud, avec comme départements prioritaires la Grand’Anse et les Nippes, et en 2019, les Nippes et le Sud-Est.

 « 38 jeunes pairs éducateurs ont été formés dans divers domaines tels que les techniques d’information et de sensibilisation sur le VIH, les droits des jeunes, les comportements sexuels responsables, l’utilisation régulière et constante du condom, l’importance du dépistage, le screening communautaire du VIH, entre autres », explique Fredine Cantave, spécialiste en VIH/sida à l’UNICEF.

De janvier à novembre 2019, 2.265 femmes enceintes ont dépistées positif au VIH et conseillées lors des consultations prénatales, 1.909 d’entre elles (soit près de 50%) sont actuellement sous traitement antirétroviral (ARV)de même que  1.765 enfants et adolescents de moins 15 ans  et 4.152 de jeunes âgés de 15 à 24 ans.  38 % de jeunes femmes et 36 % de jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans ont une connaissance complète du VIH/sida.

Cependant, davantage d’efforts sont nécessaires afin de réduire le taux de transmission du VIH de la mère a l’enfant qui est de 9.1%, selon les estimations de 2017. Aussi, il existe une très faible progression dans le dépistage du VIH dans la population générale. Il est de28% chez les femmes selon EMMUS en 2017, par rapport à 26% en 2012.

L’UNICEF est déterminé à  continuer à accompagner l’Etat haïtien dans la lutte contre le VIH.