« Notre train de vie a brutalement changé », Wadlet Merant, jeune U-Reporter

Wadlet est un contributeur à U-Report et explique que dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, il a travaillé avec d'autres U-Reporters pour documenter les conséquences.

Fritz-Gerald Mentor
Wadelet devant un tas de decombre
UNICEF Haiti/2021/Haro
19 octobre 2021

Wadlet Merant est un jeune U-Reporter très dynamique de la commune de Pestel, dans la Grand’Anse. Il a été sur le terrain dès les premières heures du séisme à aider les autres, notamment ceux bloqués sous les décombres. En dépit du fait qu’il ait été lui-même victime, il n’a pas attendu, pour apporter sa contribution. C’était un moment assez éprouvant pour lui et les autres. Il est un jeune leader de la commune et veut donner l’exemple aux autres. Plus de deux mois après le séisme, il nous livre ses réflexions et sa vision de la situation.

1- Deux mois après le séisme dévastateur du 14 août, qu'est-ce qui a changé ?

Notre train de vie a brutalement changé. Nous vivons au bord de la mer, et avant on mangeait du poisson et des fruits de mer. Tout cela n’est plus possible parce que la pêche est au point mort. Nos habitudes ne sont plus les mêmes. Il y a un point d'eau appelé « Source Salée » à moins de cinq minutes du centre-ville où les gens s’approvisionnaient en eau potable. La communauté ne s’y rend plus car l’eau est inutilisable depuis le séisme. De nombreuses personnes ne peuvent plus continuer à mener leur vie comme avant à cause de la catastrophe. La communauté peine à se relever.

2- Et à votre avis, qu'est-ce qui a été accompli jusqu'à présent ?

Je ne suis pas satisfait de la réponse. Elle n’est pas appropriée, elle n’est pas compatible aux besoins des gens. Des mères et leurs enfants dorment à la belle étoile. Ils ont besoin d'abris pour se protéger du froid pendant la nuit. La distribution n'est pas équitable et manque de transparence. Les personnes les plus vulnérables telles que les personnes âgées, les handicapés et les membres des communautés éloignées ne sont pas touchés par l'aide.

3- Qu'est-ce qui vous a donné de l'espoir au cours de ces deux mois ? Quelque chose que vous avez entendu, vu ou vécu ?

Notre communauté de jeunes continue à s’impliquer davantage en faisant front commun pour venir en support à leurs concitoyens. Ils tendent la main pour apporter un sourire sur des visages fatigués dans la mesure de leur capacité. Nous nous sommes dépassés et nous avons fait la différence. Nous avons pu lever des fonds et donner de l’aide à nos amis et à nos familles dans un contexte difficile. Ceci m’encourage à m’impliquer dans le développement de ma cité. J’encourage tous les jeunes du pays à s’engager dans le changement de notre mère patrie.

Wadlet debout dans une maison detruite par le seisme du 14 aout
UNICEF Haiti/2021/Ndiaga
Wadlet debout dans une maison détruite par le séisme du 14 aout dans le grand Sud.

4- Que faites-vous aujourd'hui en guise de réponse au tremblement de terre ?

Je n’ai jamais cessé la mobilisation. Ces jours-ci, je suis plus enclin à m’impliquer à la rentrée scolaire et aider des enfants à aller à école, surtout ceux dans les zones reculées. J’ai une promesse de don d’une avocate pour 25 sacs à dos pour des enfants très vulnérables. Je continue à réfléchir sur la façon d’aider avec d’autres matériels scolaires tels que stylos, crayons, cahiers et instruments de géométrie.

5- Quel impact positif avez-vous observé dans votre environnement ?

Avant le séisme, les U-Reporters ont prêché par l’exemple en nettoyant le marché public. Après le séisme, plusieurs jeunes ont participé avec les U-Reporters à dégager les rues et enlever les décombres. Aujourd’hui, toute la communauté Pesteloise a participé à rendre la ville plus propre. Je ne m’y attendais pas. C’est un geste vraiment important.

Wadelet intervenant au cours d'une formation pour les U-Reporters
UNICEF Haiti/2021/Mentor
Wadlet intervenant au cours d'une formation pour les U-Reporters