Quatre choses à savoir sur l’eau et la famine | Eau, assainissement et hygiène | UNICEF

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Eau, assainissement et hygiène

Quatre choses à savoir sur l’eau et la famine

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© UNICEF/UN055942/Gilbertson
 

Au Yémen, en Somalie, au Soudan du Sud et dans le nord-est du Nigéria, les conflits, la sécheresse, les déplacements et les maladies sont à l’origine de crises humanitaires colossales, exposant des millions de personnes à un risque de famine, dont près de 1,4 million d’enfants atteints de malnutrition sévère susceptibles de mourir à tout moment.

Ces crises gagnent les pays voisins : la Corne de l’Afrique subit des sécheresses sévères, plus d’un million de réfugiés sud-soudanais fuient les conflits, mettant à l’épreuve les capacités et les ressources de l’Ouganda, et le bassin du lac Tchad est le théâtre de nombreux déplacements tandis que la population tente d’échapper aux conflits, aux changements climatiques, à la dégradation de l’environnement et à la pauvreté.

La famine est souvent associée à un manque de nourriture. Or, de plus en plus, elle n’est pas seulement provoquée par une insécurité alimentaire, mais aussi par un manque d’eau salubre et par des problèmes d’assainissement et de santé, notamment en ce qui concerne la prévention et le traitement des maladies. Pour les quatre raisons suivantes, l’eau et l’assainissement sont tout aussi importants que la nourriture pour les enfants et les familles confrontés à la famine et à l’insécurité alimentaire.


© UNICEF/UN053466/Modola
Une femme porte un seau fourni par l'UNICEF lors d'une mission d'intervention rapide dans le village de Rubkuai, État de Unity, au Soudan du Sud.

1. Les conflits

Les conflits constituent le facteur commun à l’origine de la menace de famine qui pèse sur ces quatre pays. Dans chacun d’entre eux, les conflits ont endommagé ou détruit les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Au Yémen, deux années d’affrontements acharnés ont provoqué la détérioration et le délabrement des réseaux urbains d’approvisionnement en eau, causant l’effondrement presque total de ces raccordements vitaux dans les plus grandes villes du pays. Dans les régions touchées par les conflits dans le nord-est du Nigéria, 75 % des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement ont été endommagées ou détruites depuis le début des affrontements. Au Soudan du Sud, où les combats font rage depuis plus de trois ans, près de la moitié des points d’eau du pays ont été dégradés ou complètement détruits.

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© UNICEF/UN057031/Hatcher-Moore
Amal, 17 ans, transporte dans une brouette un jerrican d’eau du robinet non traitée dans la périphérie de Juba, au Soudan du Sud.

2. La sécheresse

Les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses et les inondations, peuvent réduire ou polluer les ressources en eau. Cela menace à la fois la qualité et la quantité de l’eau dont dépendent des communautés entières. Dans leur lutte pour avoir accès à des sources d’eau peu abondante ou insalubre, les familles vivant dans des régions très affectées par une extrême pénurie en eau sont contraintes de quitter leur foyer, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies et met en péril leur sécurité. En Somalie, la situation humanitaire se détériore rapidement en raison d’une sécheresse sévère qui a commencé dans le nord du pays en 2016 et frappe aujourd’hui la majorité du territoire. D’autres pays situés dans la Corne de l’Afrique ont également été touchés, en particulier Djibouti, l’Éthiopie et le Kenya. Au Soudan du Sud, une sécheresse saisonnière a intensifié la lutte pour l’eau que se livrent les hommes et les animaux, entraînant une utilisation excessive des réserves d’eau déjà rares . Le bassin du lac Tchad, en Afrique de l’Ouest, a perdu près de 90 % de sa réserve d’eau depuis 1963 en raison de la variabilité du climat et de la pression démographique, ce qui a eu des conséquences dévastatrices sur la sécurité alimentaire dans la région.
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© UNICEF/UN065871/Alzekri
Des enfants reçoivent un traitement pour un cas suspecté de choléra à l’hôpital de Sab'een, à Sanaa, Yémen.

3. L’eau et la malnutrition

Une eau insalubre et un mauvais assainissement peuvent entraîner la malnutrition ou l’aggraver. « Quelle que soit la quantité d’aliments qu’un enfant atteint de malnutrition absorbe, sa santé ne s’améliorera pas si l’eau qu’il boit est insalubre », explique Manuel Fontaine, Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF. Une eau insalubre peut provoquer des diarrhées, ce qui empêche les enfants d’obtenir les nutriments dont ils ont besoin pour survivre et finit par les mener à la malnutrition. Les enfants souffrant de malnutrition sont également plus vulnérables aux maladies transmises par l’eau, comme le choléra. Près de 2,1 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau salubre.

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© UNICEF/UN057061/Abubakar
Zara recueille de l’eau qu’elle utilisera chez elle, dans le camp de déplacés internes de Bakassi à Maiduguri, au Nigéria.

4. Les déplacements

Lorsque les combats ou la sécheresse forcent des populations à quitter leur foyer, les enfants et les familles sont plus exposés aux mauvais traitements et aux menaces sanitaires. Les enfants en déplacement n’ont pas d’autre choix que de boire de l’eau insalubre. Les camps de fortune ne sont pas toujours équipés de toilettes et deviennent de véritables foyers d’épidémies. Les enfants, déjà vulnérables, sont davantage susceptibles d’attraper des maladies et, dans leur fuite, n’ont souvent pas la possibilité de se rendre à l’hôpital ou dans un centre de santé. On compte près de 8,3 millions de déplacés dans ces quatre pays menacés par la famine.

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Une jeune femme remplit d’eau des bidons à ramener chez elle, dans le camp de déplacés internes à Galkayo, en Somalie.

L’aide apportée par l’UNICEF

L’UNICEF combat la famine en fournissant de l’eau salubre à plus de 2,5 millions de personnes dans ces régions touchées par la famine.

Nous maintenons les enfants en vie en acheminant par camion des milliers de litres d’eau chaque jour dans des camps de déplacés, en soutenant les hôpitaux et les centres de traitement du choléra, en réparant de larges systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les villes et bien plus encore.

  • Au Yémen, depuis le début de l’année, l’UNICEF a aidé plus de 5 millions de personnes en déployant diverses activités vitales, consistant notamment à soutenir la gestion des réseaux d’approvisionnement en eau et des plans de traitement des eaux usées (en fournissant, par exemple, du carburant et de l’électricité pour assurer le fonctionnement des stations de traitement des eaux usées et de pompage), à procéder à la chloration de sources d’eau, à acheminer de l’eau par camion, ou à distribuer des kits d’hygiène, entre autres actions.
  • Dans les régions du Soudan du Sud exposées au choléra, l’UNICEF a creusé 22 puits de forage pour permettre à 210 000 personnes d’avoir accès à de l’eau salubre. Dans l’ensemble du pays, près de 207 000 personnes ont eu accès à l’assainissement et 610 000, à de l’eau salubre.
  • Dans les régions du nord-est du Nigéria dévastées par les conflits, l’UNICEF a œuvré avec ses partenaires pour permettre à près de 845 000 personnes d’avoir accès à de l’eau salubre. De nombreux agents chargés de l’EAH risquent leur vie pour fournir ces services essentiels aux plus démunis.
  • En Somalie, 1,66 million de personnes ont reçu un accès temporaire à de l’eau salubre et plus de 890 000 ont reçu des kits d’hygiène, lesquels jouent un rôle essentiel dans la prévention des épidémies.

Pour en savoir plus :

L’eau, une ressource précieuse

Eau, assainissement et hygiène 


 

 

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