La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Encadré 7 Inde: apprendre dans la joie

Le premier indice est la couleur de l'école - un rose chaleureux et accueillant. A l'intérieur, la différence s'accentue. Ce ne sont pas seulement la décoration d'animaux et de fleurs peints en couleurs vives en haut des murs blanchis à la chaux, l'exposition de dessins d'enfants, ou le «tableau» haut d'un mètre - c'est la partie inférieure du mur, peinte en noir - qui fait le tour de la pièce. La vraie différence réside dans l'ambiance.

UNICEF/5852/Vilas

De nouvelles techniques permettent aux enfants d'entrer plus activement dans le processus d'apprentissage. Elles rendent l'école plus agréable pour les maîtres et les élèves. Ici, en Inde, un enseignant et des enfants de sa classe.

On voit que les enfants et l'enseignant sont heureux de travailler. Ils ont envie d'être là. On ne peut imaginer de contraste plus spectaculaire avec les tristes leçons apprises par coeur qui étaient la norme dans bien des classes indiennes depuis des générations.

C'est une bal mitra shala - une école amie des enfants - et elle s'inscrit dans la stratégie du Shikshak Samakhya, le programme de formation des maîtres qui a rajeuni les écoles primaires dans l'Etat indien du Madhya Pradesh. Le choix du mot «stratégie» est mûrement réfléchi. Il s'agit d'un modèle différent de formation des maîtres, d'un changement dans le processus et la pratique pédagogiques, et d'un programme très efficace de motivation, mais il va beaucoup plus loin que l'addition de ces éléments. Le système d'éducation - les planificateurs et les administrateurs - a placé sa foi dans les enseignants au niveau local. Et il en a été récompensé par les succès les plus réconfortants.

Le district où a commencé cette aventure n'était pas le lieu idéal pour un projet pilote. Dhar a longtemps été qualifié «d'arriéré»: les tribus recensées forment plus de 75% de la population, les gens migrent régulièrement vers les villes pour trouver du travail et les taux de fréquentation scolaire sont faibles.


«Voyant que les enfants apprennent vite et ont envie d'aller à l'école, les parents et la communauté ont entrepris de soutenir l'enseignant et l'école.»

En 1992, quand le programme a été lancé à l'occasion de la Journée des enseignants - le 5 septembre - dans 186 écoles primaires et 23 centres de regroupement de ressources, les enseignants locaux n'y ont d'abord vu qu'un fastidieux programme gouvernemental de plus. Mais la grande force du Shikshak Samakhya est la manière dont il réussit à motiver les enseignants. Depuis le début, ils ont été associés à la conception et au développement du projet à tel point qu'ils l'ont rapidement considéré comme leur bien propre. La nouvelle approche s'est très vite étendue aux districts voisins, et le soutien dévoué des premiers enseignants à leurs collègues dans des domaines nouveaux s'est révélé capital.

En 1995, le Shikshak Samakhya avait gagné sa reconnaissance à l'échelon national - les programmes qu'il a inspirés fonctionnent maintenant dans dix autres Etats indiens, sous le nom générique de projet de perfectionnement des maîtres - ou «apprendre dans la joie».

Le recours aux chants, aux danses et à des auxiliaires didactiques simples et fabriqués sur place permet aux enfants d'entrer plus activement dans le processus d'apprentissage.

Cette initiative a aidé les enseignants à recouvrer la fierté et le respect que la tradition indienne accorde à leur profession, déclare Sardar Singh Rathore, principal de Dhar. Ce respect avait été miné ces vingt dernières années. «Non seulement ils apprécient leur activité d'enseignement dans la classe, mais ils ont pu la rendre si intéressanteque les enfants ont envie d'aller à l'école», dit M. Rathore. Un autre avantage a été la hausse des inscriptions dans les écoles desservies, particulièrement des filles et des enfants qui travaillent. Le programme est soutenu par plusieurs institutions des Nations Unies, notamment l'UNICEF, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour la population (FNUAP).

Les enseignants qui participent au programme du Shikshak Samakhya suivent une session initiale d'orientation de deux jours où d'autres collègues les initient à cette approche et leur donnent une formation pratique sur la manière de préparer les nouveaux auxiliaires pédagogiques. La formation des enseignants elle-même est menée selon les méthodes de «l'apprentissage dans la joie», avec un large recours à des chansons, des devinettes et des activités de groupe.

Reposant sur le postulat qu'un enseignant motivé et un élève satisfait sont la meilleure manière de transformer le système d'éducation, «l'apprentissage dans la joie» suppose que les maîtres du primaire peuvent être motivés et réussir si on leur fait suffisamment confiance, s'ils sont assez encadrés et conseillés. Les parents enverront leurs enfants à l'école si l'expérience scolaire est rendue opportune, efficace et plaisante.

«Voyant que les enfants apprennent vite et ont envie d'aller à l'école, les parents et la communauté ont entrepris de soutenir l'enseignant et l'école», poursuit M. Rathore.

Les retombées de cette approche ne pourraient être plus claires. L'investissement de l'Inde en faveur de cette stratégie a donné aux enseignants les moyens de réaliser leur potentiel, il a pu rendre agréables l'apprentissage et l'enseignement, ce qui a un impact positif sur les résultats scolaires. La stratégie a par ailleurs traversé les frontières nationales et fait tache d'huile au Bangladesh, au Népal et au Pakistan.

 

 
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