La situation des enfants dans le monde 1999: Education
Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vœux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF

Encadré 6 Des bateaux-écoles au Cambodge

Moderne et colorée, l'école de Kampong Prahok est imposante. C'est une péniche, amarrée parmi les maisons en bois et en bambou d'un village flottant à l'extrémité nord du lac cambodgien de Tonle Sap. Au début de la saison des pluies, les habitants déplacent leur village vers des eaux plus calmes, emportant leur école avec eux.

UNICEF/Cambodge

En partageant les maigres ressources ainsi que les enseignants, les regroupements scolaires permettent de scolariser un plus grandnombre d'enfants et de redresser les déséquilibres. Ici, au Cambodge, l'école flottante de Kampong Prahok.

La base en bois de l'école est stabilisée sous l'eau par une coque d'acier qu'étayent sur deux côtés de solides cannes de bambou, liées pour former de fins rondins. Un toit en tôle ondulée protège des pluies de la mousson. Il y a un petit bureau pour les enseignants, et deux classes pouvant accueillir jusqu'à 80 élèves. Les enfants du village arrivent à l'école à la rame ou à la perche dans leur petit bateau qu'ils amarrent à la passerelle de planches à l'extérieur.

Loin d'être unique, l'école de Kampong Prahok fait partie d'une «escadre» d'écoles flottantes.

En 1993, l'UNICEF a créé, en coopération avec le Gouvernement cambodgien, des escadres scolaires dans sept zones habitées par des populations rurales, urbaines et minoritaires, avec pour objectif principal de redresser les déséquilibres flagrants dans la qualité des écoles. Il s'agissait alors de partager les ressources, l'administration et même souvent des enseignants, afin d'améliorer la situation des écoles les plus faibles sans pénaliser les meilleures. En 1995, le Gouvernement a étendu à l'ensemble du pays leur développement. Au total, 631 escadres ont été mises en place dans le pays, dont 44 qui bénéficiaient, à la mi-1998, du soutien direct de l'UNICEF.

Au fil des ans, l'expérience a montré que les parents transféraient leurs enfants dans ces écoles parce qu'elles offraient un enseignement de qualité, un meilleur équipement et des bâtiments neufs ou rénovés. Les enquêtes indiquent que les taux d'inscription y sontsensiblement plus élevés que les moyennes nationales et provinciales, et les taux d'abandon beaucoup plus faibles, en particulier dans les zones urbaines.


«L'école est un agent de changement communautaire. C'est un mécanisme que nous pouvons utiliser pour favoriser l'harmonie dans la société.»

Le système de regroupement permet de tirer le meilleur parti, en les centralisant, des maigres ressources et équipements pédagogiques disponibles. Les centres ainsi créés peuvent servir de salles de classe.

Compte tenu de tous ces avantages, il n'est pas étonnant que ces écoles soient populaires. Néanmoins, la communauté lacustre de pêcheurs n'a pas ménagé ses efforts pour doter la région du lac Tonle Sap d'une école de ce type. Des parents de la région se sont rendus au bureau provincial de l'éducation - soit deux journées de voyage - pour demander instamment que quelqu'un vienne sur place aider leur communauté à planifier les écoles.

«C'était une zone difficile», déclare Sieng Sovathana, directrice adjointe du bureau provincial de l'éducation. «Nous avions habituellement un taux d'inscription d'environ 15% parce qu'il n'y avait qu'une seule école.» Maintenant, avec l'aide de l'UNICEF, quatre écoles flottantes se déplacent avec les villages et l'ancien bâtiment scolaire a été rénové comme centre de ressources. Le taux d'inscription atteint 60%. «Grâce au système des groupements d'écoles», précise M me Sovathana, «les inscriptions sont plus nombreuses, l'éducation est de meilleure qualité et les taux d'abandon et de redoublement sont moins élevés. De plus, le travail administratif s'est remarquablement amélioré.»

Tous les problèmes n'ont pas pour autant disparu. Par exemple, les enseignants en poste sur les écoles flottantes n'ont toujours pas de bateau; chaque fois qu'ils veulent se déplacer, ils doivent en emprunter un aux élèves. Et Chhorn Rey Lom, 13 ans, qui va bientôt achever la deuxième année, risque de devoir abandonner des études à peine commencées, parce que le groupe de Kampong Prahok n'assure actuellement que les deux premières années d'enseignement. «Je devrai quitter l'école», regrette-t-elle, «pour travailler et pêcher afin d'aider mes parents. Je souhaite qu'il y ait davantage de niveaux d'enseignement et des écoles plus nombreuses dans ma communauté.»

Mais dans l'ensemble, les avantages l'emportent sur les difficultés, reconnaît Mme Sovathana. «Ce système permet aux écoles plus grandes, dotées de ressources plus importantes, d'aider les écoles plus modestes. Nous regroupons d'abord les écoles, puis les directeurs afin qu'ils soient au courant de ce qui se fait; ensuite, les enseignants pour qu'ils puissent s'aider mutuellement et échanger leurs expériences et leurs idées; enfin, les communautés.»

Dans un Cambodge encore fortement marqué par la guerre civile et ses souffrances, les regroupements d'écoles peuvent également servir un autre but plus général: «Depuis 1979, les gens ne se parlent pas librement. Ils ne sont pas non plus enclins à partager», remarque Pawan Kucita, administrateur de l'UNICEF chargé de l'éducation à Phnom-Penh. «Le concept de groupes mettant en commun les ressources, le matériel et les idées des écoles et desvillages ne peut être que bénéfique. Nous considérons l'école comme un agent de changement communautaire. C'est un mécanisme que nous pouvons utiliser pour favoriser l'harmonie dans la société, la volonté de partager et de se développer ensemble.»

 

 
Page précédente | Sommaire | Page suivante

Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vœux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF