La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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Les leçons de l'expérience

Les Etats ayant accédé à l'indépendance dans les années 60 et 70 ont placé l'éducation très haut dans leurs préoccupations. Elle était la pierre angulaire d'une stratégie visant à gommer les disparités, à unifier la nation et à alimenter le moteur du développement.

«L'éducation n'est pas un moyen d'échapper à la pauvreté de la nation», a dit Julius Nyerere, ancien enseignant et premier président de la République-Unie de Tanzanie, «c'est le seul moyen de combattre la pauvreté13

L'UNESCO , l'organisation des Nations Unies dont le mandat principal est l'éducation, a organisé une série de conférences régionales qui ont montré le chemin à suivre - à Karachi en 1960, à Addis-Abeba en 1961, à Santiago en 1962 et à Tripoli en 1966 - et qui ont fourni un premier portrait statistique des niveaux mondiaux de l'éducation. Un tableau effarant.

On y constatait qu'en 1960 moins de la moitié des enfants de 6 à 11 ans du monde en développement étaient inscrits à l'école primaire, contre 91% dans les pays industrialisés14, et que la situation était la plus mauvaise en Afrique au sud du Sahara: un enfant sur vingt seulement y suivait un enseignement secondaire15.

Les conférences de l'UNESCO ont adopté des objectifs précis et audacieux: faire en sorte que tous les enfants scolarisables fréquentent l'école en 1980 - mais dès 1970 en Amérique latine où les conditions étaient meilleures. Les résultats ont été spectaculaires: en 1980, la scolarisation avait plus que doublé en Asie et en Amérique latine; elle avait triplé en Afrique (voir Fig. 5 Evolution des taux nets de scolarisation primaire, par région (1960-2000)).

Mais ces chiffres ne reflètent que partiellement l'explosion démographique de cette période. Ainsi, l'Afrique subsaharienne avait ouvert 45 millions de places nouvelles aux enfants au lieu des 33 millions de places prévues. En dépit de cet effort héroïque, 11 millions d'enfants demeuraient néanmoins hors de l'école primaire16.

L'expansion rapide de l'endettement des pays pauvres dans les années 80, désignées parfois comme la «décennie perdue du développement», marqua un coup d'arrêt brutal. Croulant sous le remboursement de la dette et sous l'effondrement des prix des matières premières - en 1987, leurs recettes d'exportations furent ramenées aux niveaux les plus bas des années 50 17 - les nations en développement durent comprimer leurs dépenses, y compris les crédits consacrés à l'éducation.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, les dépenses d'enseignement par habitant chutèrent de 40% entre 1980 et 1987. En Afrique subsaharienne, la diminution fut encore plus catastrophique: elle atteignit 65%18.

Par conséquent, à la fin de la décennie, on constata que l'accès à l'éducation ne s'était pas suffisamment accru - pas plus que la qualité de l'enseignement. A titre d'exemple, les enseignants d'Afrique et d'Amérique latine touchaient alors un salaire très inférieur à celui qu'ils percevaient dix ans plus tôt 19.

Face à ces multiples revers et échecs, les Nations Unies organisèrent en mars 1990 à Jomtien (Thaïlande) la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, initiative importante visant à donner un nouvel élan à l'engagement du monde envers l'éducation de tous ses citoyens.

 

 
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