La situation des enfants dans le monde 1999: Education
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La qualité en question

Certes, il ne suffit pas de s'assurer que les enfants vont à l'école. Encore faut-il se soucier de la qualité de l'enseignement qu'ils reçoivent. La manière de transmettre le savoir, les compétences et les valeurs est aussi importante que le contenu de l'enseignement.

Les enfants doivent pouvoir participer pleinement au processus éducatif. Il faut les traiter avec dignité et faire en sorte qu'ils acquièrent des niveaux de confiance en soi, d'autodiscipline et de plaisir à apprendre qui leur seront utiles tout au long de leur vie d'adultes.

Ceci est particulièrement important pour les filles, car la salle de classe reproduit trop souvent des modèles de discrimination qui prévalent dans la société: ainsi, on ne les interroge pas ou peu, ou bien on les relègue dans des domaines moins stimulants, et leurs enseignants, leurs camarades masculins et le milieu scolaire dans son ensemble ont tendance à les sous-estimer.

La Convention relative aux droits de l'enfant est claire sur ce point: tout enfant a droit à un enseignement de qualité qui favorise l'épanouissement de sa personnalité et le développement de ses aptitudes. Mais de nombreuses régions du monde en développement n'ont pas les ressources voulues pour garantir l'accès de tous les enfants à l'éducation. Et les écoles n'ont pas les moyens d'améliorer leurs prestations ni de rendre leurs programmes plus attrayants pour les élèves.

Dans beaucoup de pays, surtout dans les Etats à plus faible revenu, l'impression générale est d'une grande morosité aussi bien sur le plan matériel qu'intellectuel. Quelquefois, les classes sont dépourvues de tout, même de tableau noir. Les bâtiments scolaires des zones rurales sont construits de manière précaire. N'ayant d'autre éclairage que la lumière du jour, les classes ont tendance à être sombres. Les conditions sont souvent à peine meilleures dans les zones urbaines pauvres.

Les salles sont généralement surchargées, surtout les classes élémentaires et celles des zones urbaines. Dans certains pays, deux élèves de première année sur cinq n'ont pas de siège. Au Bangladesh, par exemple, les effectifs peuvent atteindre 67 élèves par classe, et 90 en Guinée équatoriale 9.

Entassés, les enfants se battent pour avoir un peu de place, pour attirer tant soit peu l'attention d'unmaître débordé, pour un manuel quelquefois en lambeaux, souvent rédigé dans une langue qu'ils comprennent mal. Maladies et parasites se propagent aisément. Faute de moyens pour fixer l'attention de leurs élèves, les enseignants sont contraints de recourir à la discipline et aux châtiments corporels. Quant au contenu de l'enseignement, il n'a pas toujours grand-chose à voir avec la vie quotidienne des enfants.

Le matériel pédagogique renforce souvent les stéréotypes en vigueur et il n'est pas tenu compte des problèmes physiques qui sont le lot des filles, tels que l'éloignement du foyer et le manque de toilettes adaptées.

La qualité médiocre de l'enseignement est dissuasive, même si les enfants ont accès à l'école. Les spécialistes du travail des enfants ont constaté que beaucoup de jeunes travailleurs préfèrent occuper un emploi plutôt que de se soumettre à un régime scolaire qui ne répond pas à leurs besoins.

Assane a 10 ans. Il est cireur à Ziguinchor (Sénégal). Au cours d'une interview, il explique:

«Je n'ai pas besoin d'aller à l'école. Que puis-je y apprendre? Je connais des enfants qui sont allés à l'école. Leur famille a payé les frais et les uniformes. Maintenant ils sont instruits, mais ils ne sont d'aucune utilité à leur famille. Ils ne savent pas cultiver la terre, ni faire du commerce, ni gagner de l'argent. Je sais que je dois apprendre à lire et à écrire, mais si on essaie de me faire aller à l'école, je m'enfuirai10

Pourtant, l'éducation de base demeure de loin le facteur le plus important pour protéger les enfants des formes dangereuses et intolérables de travail et d'exploitation sexuelle. La Convention relative aux droits de l'enfant est très claire à ce sujet, tout comme les résultats de la Conférence mondiale sur le travail des enfants (Oslo, 1997). Il y aurait aujourd'hui dans le monde en développement 250 millions d'enfants au travail, dont un grand nombre ne reçoivent aucune forme d'instruction.

Dans de nombreux pays, les écoles n'ont tout simplement pas la qualité suffisante pour attirer ou retenir les enfants, pour deux raisons principales: la pénurie chronique de moyens financiers et des coûts qui les rendent trop onéreuses pour la majorité de la population (sur ce sujet, voir également Investir dans les droits de l'homme).

Mais le système éducatif lui-même souffre d'un manque d'organisation, tant du point de vue de la gestion des systèmes scolaires que de la manière dont les disciplines sont enseignées en salle de classe. La diminution des taux de scolarisation primaire et secondaire en Europe centrale et orientale et dans la Communauté d'Etats indépendants, où naguère l'enseignement avait une place remarquable, en témoigne de manière dramatique.

 

 
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