Gros plan : Enseignements

Depuis 1995, l’UNICEF soutient les efforts menés par les pays pour suivre les progrès réalisés dans des dimensions clés du bien-être des enfants et des femmes par l’intermédiaire des enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS). Ces enquêtes représentatives auprès des ménages nationaux, ont été menées dans plus de 100 pays à revenu faible ou intermédiaire, et certaines d’entre elles ont intégré un module conçu pour détecter le handicap chez un enfant, qui contribue désormais à la conception de meilleurs instruments d’évaluation. 

Le handicap a été intégré aux questionnaires des enquêtes en grappes à indicateurs multiples en 2000–2001 (MICS2). Depuis, les données sur le handicap ont été rassemblées par le biais de plus de 50 enquêtes, ce qui fait des MICS la plus grande source de données comparables sur les enfants handicapés dans les pays à revenu faible ou moyen. 

Le module sur le handicap qui a été inclus dans les MICS menées entre 2000 et 2010 est le dépistage en dix questions : il a été mis en place dans le cadre de l’International Pilot Study of Severe Childhood Disability (Étude pilote sur les enfants gravement handicapés) en 1984. Sa conception illustre la compréhension du handicap de l’époque. 

Le dépistage en dix questions débute par un entretien avec les principales personnes s’occupant des enfants âgés de 2 à 9 ans. Elles fournissent une évaluation du développement physique et mental et du fonctionnement des enfants placés sous leur responsabilité. Cet entretien permet de savoir si l’enfant éprouve des difficultés à écouter, s’il semble comprendre ou non les instructions, s’il a des crises ou des pertes de connaissance, s’il a mis du temps à s’asseoir, à se tenir debout ou à marcher, comparé aux autres. Les réponses sont positives ou négatives sans nuances possibles. 

La validité de cette approche a été largement testée, mais les résultats doivent être interprétés avec prudence. Le dépistage en dix questions est un instrument de détection. Un suivi médical et une évaluation du développement de l’enfant sont nécessaires afin de fournir une estimation fiable du nombre d’enfants handicapés dans une population donnée. Les enfants atteints d’un handicap grave seront certainement dépistés positifs, mais une deuxième évaluation permettra de dévoiler que certains enfants initialement dépistés positifs ne sont, en réalité, pas handicapés. Ces erreurs peuvent être dues à des problèmes de santé temporaires qui peuvent être facilement traités. Bien que le dépistage en dix questions s’accompagne d’une recommandation insistant sur la nécessité d’une évaluation approfondie, peu de pays disposent des moyens financiers ou des capacités nécessaires pour mener à bien une évaluation clinique de deuxième niveau visant à valider les premiers résultats. L’absence d’une méthodologie d’évaluation standardisée constitue un frein supplémentaire. 

La mise en place du dépistage en dix questions au cours de la MICS de 2005–2006 a abouti à des résultats très variés dans les différents pays participants. Le pourcentage d’enfants dépistés positifs concernant le handicap allait de 3 pour cent en Ouzbékistan à 48 pour cent en République centrafricaine. Il est difficile de savoir si cette différence de résultat reflète une réelle différence entre les populations interrogées ou s’il faut l’attribuer à d’autres facteurs. Par exemple, le faible taux relevé en Ouzbékistan peut être le reflet du fait qu’un nombre important d’enfants handicapés vivent dans des établissements spécialisés, qui ne sont pas concernés par les enquêtes menées auprès des ménages.

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