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État de Palestine

Travailler avec les enfants pour consolider la paix dans les communautés palestiniennes

Image de l'UNICEF
© UNICEF État de Palestine/2016/Izhiman
Une jeune fille joue au basketball dans le centre de Burj Al Luq Luq, à Bab Hutta, une partie pauvre du quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Le Programme de l'UNICEF pour la consolidation de la paix, l'éducation et le plaidoyer (PBEA) comporte un volet spécifiquement axé sur le travail avec les adolescents.
 

Par Charmaine Seitz, Hanan Michael and Monica Awad

Si un enfant change, une famille peut être transformée. Et si suffisamment de familles sont transformées, la société peut évoluer. C'est sur ce postulat que repose un programme appuyé par l'UNICEF visant à modifier l'insoutenable climat de violence dans lequel vivent les enfants palestiniens.

JÉRUSALEM-EST, État de Palestine, le 6 février 2017 – Naheel, 40 ans, a quatre filles et un garçon. Avec son mari Jamel, qui travaille dans le bâtiment, ils vivaient à Bir Nabala, une petite ville au nord-ouest de la ville de Jérusalem. 

« Dans notre maison de Bir Nabala, il y avait de nombreuses pièces et un jardin où les enfants pouvaient jouer », se souvient Naheel.

Lorsque Bir Nabala a été séparée du centre de Jérusalem par la barrière, nombre de ses habitants, dont Naheel et sa famille, ont dû se rapprocher de la ville de Jérusalem pour conserver leur droit d'y vivre et d'y travailler. « Nous avons dû déménager dans une toute petite maison de la vieille ville de Jérusalem que ma belle-mère utilisait comme espace de stockage », explique-t-elle.

Mais ce déménagement a également eu des effets positifs. Sa fille Nadine, 13 ans, a commencé à participer à des activités dans le centre communautaire de Burj Al Luq Luq, dans la vieille ville de Jérusalem, dans le cadre du Programme de l'UNICEF pour la consolidation de la paix, l'éducation et le plaidoyer (PBEA). Financé par le Gouvernement néerlandais et mis en place en 2012, le programme PBEA reconnaît que l'occupation prolongée est un facteur de conflit et de violence et vise à lutter contre l'omniprésence de la fragmentation sociale et des agressions dans les communautés palestiniennes.

« Après seulement sept séances à Burj Al Luq Luq, j'ai remarqué un changement radical dans sa personnalité », explique sa mère avec joie. « Elle est moins timide. Elle s'exprime mieux et essaie toujours d'engager le dialogue avec moi, son père et ses frères et sœurs », plutôt que de s'emporter, explique Naheel. « J'en suis très heureuse ».

Nadine explique que lorsqu'elle est en désaccord avec un camarade, elle essaie d'avoir recours au dialogue pour y remédier.

« Si c'est fait avec respect, on peut même devenir très bon(ne)s ami(e)s », explique-t-elle avec sagesse.

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Une petite fille marche dans la vieille ville de Jérusalem avec des livres à la main. L'initiative de consolidation de la paix est essentielle dans cette partie de la ville où la violence demeure le principal moyen employé pour résoudre les conflits.

Le châtiment corporel

Les actes de violence dans les écoles palestiniennes restent très fréquents. La discipline des enfants par les coups physiques est généralement acceptée dans la société palestinienne, et n'est que petit à petit rejetée par les enseignants et les parents.

Une évaluation réalisée par le Ministère de l'éducation et de l'enseignement supérieur en 2010 et 2011 a révélé que 34 % des élèves affirmaient avoir subi des violences physiques au cours de l'année passée, 67 % affirmaient avoir été témoins de violences physiques et près de 29 % admettaient avoir eu recours à la violence physique envers les autres.

Le programme PBEA a impliqué plus de 24 000 éducateurs et spécialistes du développement de la petite enfance, adolescents, mères et aidants familiaux et plus de 1 300 écoles de l' État de Palestine.

« Cette initiative est essentielle pour la vieille ville de Jérusalem, dans la mesure où la violence demeure le principal moyen employé pour résoudre les conflits », affirme Ahmed Hammo, un animateur de 23 ans du centre communautaire de Burj Al Luq Luq. « J'étais moi-même violent avant, mais j'ai complètement changé ».

Il explique que les parents jouent un rôle crucial car ils servent de modèle à leurs enfants et les mettent en contact avec les comités communautaires.

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Une fillette sourit dans le Centre de ressources pour la petite enfance de l'école de Dar Al Aytam, à Jérusalem-Est. Dans ce centre, les parents sont encouragés à passer davantage de temps avec leurs enfants afin de remédier aux problèmes comportementaux

Investir pour les enfants dès le plus jeune âge

Dans le centre-ville de Jérusalem-Est, des animateurs du Centre de ressources pour la petite enfance encouragent les parents de l'école de Dar Al Aytam à passer davantage de temps avec leurs enfants afin de remédier aux problèmes comportementaux.

Nadia, 44 ans, a cinq enfants. L'aîné a 24 ans, et le plus jeune n'a que 7 ans. Elle explique que son petit garçon passe son temps à se défendre contre ses grands frères et sœurs, et que cela le rend de plus en plus violent.« Tout le monde essaie d'intervenir et de le punir quand il fait quelque chose de mal, même quand je leur dis de ne pas se mêler de son éducation ! », explique-t-elle.

Le simple fait que Nadia lui accorde un peu plus d'attention a permis à son fils d'être plus confiant et de ne plus recourir systématiquement à la violence pour exprimer ses besoins.

« Pour qu'un changement comportemental puisse avoir lieu chez l'enfant, il faut avant tout connaître les droits de l'enfant », explique Manal Herbawi, qui anime des séances appuyées par l'UNICEF auprès des mères et des éducateurs de la petite enfance.

Elle leur apprend des activités et des jeux pour modifier le comportement de leurs jeunes enfants, et, à travers ce processus, elle aide les adultes à réfléchir à leur propre comportement et à l'exemple qu'ils donnent aux enfants.

« Ils peuvent tous changer ensemble », affirme Manal Herbawi.

>> En savoir plus sur les besoins humanitaires des enfants palestiniens


 

 

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