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Angola

En Angola, un centre de réfugiés redonne espoir à un garçon qui a perdu sa famille

Image de l'UNICEF
© UNICEF Angola/2017/Gonzalez
Dans le centre d’accueil de réfugiés de Mussungue à Dundo, dans le nord de l’Angola, Marie-Claire pose aux côtés de Mashata devant la maison où elle vit avec son mari, ses enfants et le jeune garçon. Mashata est originaire de la République démocratique du Congo. Il a fui son pays pour rejoindre l’Angola après avoir été témoin de l’assassinat de ses parents par la milice.

Par Marcos González

DUNDO, Angola, le 20 juin 2017 – « Mon père était policier. Un jour, après le travail, il est parti en moto pour venir nous chercher en ville ma maman et moi. C’est à ce moment-là que la milice est arrivée. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait mais la moto ne voulait plus avancer, c’était comme s’ils lui avaient jeté un sort. Ils se sont alors rués sur mes parents et les ont décapités. Alors je me suis enfui. »

C’est ainsi que Mashata raconte, du haut de ses 10 ans seulement, la plus grande tragédie de sa vie. Cette même tragédie qui l’a forcé à fuir seul Kamako, sa ville natale, située en République démocratique du Congo (RDC), pour rallier l’Angola voisin.

« Ils voulaient que je rejoigne la milice », explique-t-il. « C’est pour cela que j’ai fui et que je suis allé dans ce centre de réfugiés. »

Le voyage jusqu’en Angola a été très difficile. Mashata a dû marcher pendant deux jours, traverser des fleuves en canoë sans nourriture, juste de l’eau. Si, pendant son exil, le garçon a croisé de nombreuses personnes en chemin, il s’est retrouvé livré à lui-même, sans ami ni personne pour le protéger.

Au terme de son périple, Mashata est parvenu à rejoindre le centre d’accueil de réfugiés de Mussungue à Dundo, dans le nord de l’Angola. Il se souvient très bien de son premier jour là-bas : « Je suis arrivé sans rien. Je n’avais jamais vu autant de monde et n’avais jamais eu aussi faim de ma vie. »

Mais au milieu de cette foule, le visage familier de Marie-Claire a tout changé. « La "Maman pasteur" m’a vu et m’a reconnu. Elle m’a dit que j’étais comme un fils pour elle », explique Mashata.

« Quand je l’ai vu ici en Angola et que j’ai appris ce qui était arrivé à ses parents, je n’ai pas hésité à l’accueillir dans ma famille », raconte la femme pasteur évangélique, ancienne voisine du jeune garçon en RDC.

Cette infirmière de profession, qui a assisté à la destruction de sa maison et de sa ville par la milice, nous montre avec fierté des photos d’elle au travail dans les hôpitaux de son pays, comme pour témoigner de la normalité de sa vie passée. « Jamais je n’aurais pensé me retrouver dans une telle situation », confie-t-elle. « Personne ne peut prévoir une chose pareille ».

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Marie-Claire, assise aux côtés d’enfants, dont les siens, devant sa maison du centre d’accueil de réfugiés de Mussungue à Dundo, dans le nord de l’Angola. Dans sa ville d’origine, en République démocratique du Congo, elle était à la fois infirmière et pasteur évangélique. Avant de fuir, elle a assisté à la destruction de sa maison et de sa ville par la milice.

Réunir les enfants non accompagnés et leur famille

Situés à 18 km de la frontière de l’Angola, les deux centres d’accueil temporaire comptent déjà plus de 30 000 réfugiés à ce jour, parmi lesquels 13 000 enfants. Depuis le début du mois d’avril, ce sont entre 300 et 500 personnes qui, fuyant les violences qui frappent la région du Kasaï en RDC, affluent quotidiennement dans ces camps.

Depuis le début de la crise, l’UNICEF travaille de concert avec les autorités provinciales et d’autres partenaires pour venir en aide aux enfants et aux familles qui arrivent dans ces centres après plusieurs jours de marche. De nombreux enfants ont été témoins de violentes attaques ou souffrent de graves blessures par balles ou causées par des armes rudimentaires. D’autres racontent également avoir été enrôlés comme soldats.

Le recensement est une étape cruciale pour garantir la sécurité des enfants qui, comme Mashata, arrivent seuls. Cela permet de les protéger contre toute forme de traite, de mauvais traitements et d’exploitation et d’augmenter leurs chances de retrouver les membres de leur famille. L’UNICEF a ainsi dispensé une formation sur le recensement aux travailleurs sociaux de ces centres, ce qui a déjà permis de réunir 60 enfants et leur famille.

« Réunir ces enfants et leur famille est une priorité », déclare Abubacar Sultan, Représentant de l’UNICEF en Angola. « En attendant de pouvoir le faire, l’UNICEF et ses partenaires offrent aux enfants non accompagnés des solutions de placement temporaire dans un environnement accueillant et protecteur tout en déployant des efforts pour tenter de retrouver leurs familles biologiques. »

À l’heure actuelle, l’UNICEF met également en œuvre d’autres interventions essentielles dans ces centres de réfugiés pour répondre aux besoins fondamentaux en matière d’eau, d’assainissement, de santé, de nutrition et de protection. Ces interventions comprennent notamment la construction de latrines et de douches, l’approvisionnement en eau salubre, le dépistage de la malnutrition chez les enfants et la promotion des bonnes pratiques en matière d’hygiène via la diffusion de messages et la mise en place d’activités afin d’éviter les épidémies.

L’organisation a également fourni du matériel humanitaire, notamment des équipements pour traiter et purifier l’eau, des kits éducatifs et récréatifs pour les enfants, des médicaments antipaludéens et antidiarrhéiques, des tentes et des couvertures.

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Mashata pose avec d’autres enfants du centre d’accueil de réfugiés de Mussungue à Dundo, dans le nord de l’Angola. Dans les prochains mois, plus de 50 000 personnes fuyant la République démocratique du Congo sont attendues dans cette région d’Angola.

La vie dans les centres

Les deux centres de réfugiés ont déjà atteint leur pleine capacité. Et pourtant, la vie continue. Les femmes cuisinent dehors dans d’épais nuages de fumée noire pendant que les enfants s’amusent avec des jouets artisanaux. Des groupes de bénévoles œuvrent à la construction d’infrastructures et notamment de latrines pour améliorer la qualité de vie des réfugiés tandis que des dizaines de nouveaux arrivants continuent d’affluer depuis la frontière. Nombre d’entre eux espèrent y retrouver des membres de leur famille ayant fait le voyage plusieurs semaines avant eux.

En dépit de l’apparente normalité qui règne dans sa nouvelle maison, Mashata n’est pas heureux ici. « Depuis que j’ai perdu mes parents, je me sens abandonné », confie-t-il, le visage empreint d’une immense tristesse.

L’école est l’une des choses qui lui manquent le plus. « Ça me manque vraiment. Je veux étudier pour avoir toutes mes chances, car dans mon pays, j’ai commencé l’école tard », ajoute-t-il.

Mais Mashata ne veut pas non plus retourner dans sa ville natale. La seule famille qu’il lui reste est un oncle maternel qui s’est également enfui. « Je ne sais même pas où il est allé », poursuit-il. « Je n’ai personne d’autre ». Dans les mois qui viennent, un nouveau centre de réfugiés, plus grand, sera construit dans la municipalité de Lovua, située un peu plus loin de la frontière. Des services d’éducation seront mis en place lors de la deuxième phase de l’intervention humanitaire, une fois les réfugiés installés. À cette occasion, l’UNICEF contribuera à la création et au soutien de programmes pour le développement de la petite enfance, au renforcement des capacités des éducateurs ainsi qu’à la mise en place d’une scolarité formelle pour les enfants comme Mashata. Aussi le HCR, l’UNICEF et ses partenaires lancent-ils un appel de fonds de 65 millions de dollars É.-U. pour venir en aide au nombre croissant de réfugiés congolais en Angola, qui devrait bientôt franchir le seuil de 50 000 personnes.

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