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Ce qu’il faut savoir sur les mutilations génitales féminines et l’excision

« L’excision et les mutilations génitales féminines m’ont fait perdre mon identité. Je ne savais pas qui j’étais. J’ignorais ma place dans la société. Je n’étais pas consciente de ma force. J’avais l’impression que subir une excision signifiait que je n’étais pas à la hauteur... La musique m’a aidée à m’en remettre. »


La chanteuse malienne Inna Modja

 

Chaque année, le 6 février marque la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, qui cherche à mieux faire connaître ces pratiques et à mobiliser les appuis pour y mettre fin. Voir ci-dessous pour en savoir plus sur le travail de l’UNICEF auprès des collectivités et des autorités en vue de mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l’excision partout dans le monde.

« Il faut l’avoir vécu pour témoigner de la confusion et de la terreur qu’on éprouve à découvrir que son corps est différent, alors qu’il était semblable à celui des autres à la naissance. Parce qu’on nous a privées de quelque chose sans qu’on y consente, parfois même sans qu’on le sache. »

- Effie Johari, jeune Malaysienne ayant subi des mutilations
génitales féminines.

Mutilations génitales féminines et excision : de quoi s’agit-il ?

Les mutilations génitales féminines et l’excision sont des opérations visant à modifier ou à endommager les parties génitales d’une femme ou d’une fille, sans motif d’ordre médical. Il s’agit le plus souvent de retirer les parties génitales externes, en tout ou en partie. Dans certaines communautés, on parle de « circoncision féminine », mais ce terme est critiqué, car il normalise cette pratique en faisant le parallèle avec la circoncision masculine, sans égard pour les distinctions majeures sur le plan des dommages physiques et psychologiques

Pourquoi ces pratiques existent-elles ?

Dans bien des pays où les mutilations génitales féminines sont pratiquées, elles correspondent à une norme sociale profondément ancrée qui trouve son origine dans l’inégalité entre les hommes et les femmes. Les motifs de ces pratiques sont multiples. Parfois, il s’agit d’un rite de passage vers la féminité, ailleurs, d’une tentative pour réprimer la sexualité féminine. De nombreuses communautés croient que ces pratiques permettent de bien élever les filles, leur assurant ainsi plus tard un bon mariage, et de préserver l’honneur de la famille. Certaines l’associent aussi à des croyances religieuses, même si aucun texte sacré ne prône de telles pratiques.

Quels risques ces pratiques posent-elles pour les filles et les femmes ?

Les mutilations génitales féminines et l’excision ne sont aucunement bénéfiques pour la santé. Au contraire, elles mènent souvent à des complications médicales à long terme (douleurs intenses, hémorragies prolongées, infections, infertilité) et peuvent même causer la mort. Elles peuvent également accroître les risques de transmission du VIH. Ce type de mutilations peut également engendrer des complications lors de l’accouchement, comme l’hémorragie du post-partum, la mortinatalité et le décès néonatal précoce . Outre les risques qu’elles posent sur le plan physique, ces pratiques bafouent aussi les droits fondamentaux des filles et des femmes.

Les mutilations génitales féminines sont-elles courantes ?

Bien que le nombre exact à l’échelle mondiale reste inconnu, on estime qu’au moins 200 millions de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans et vivant dans 30 pays ont subi des mutilations génitales féminines ou une excision. Plus de la moitié vivent dans trois pays : l’Égypte, l’Éthiopie et l’Indonésie . La pratique est pour ainsi dire universelle à Djibouti, en Guinée et en Somalie, où plus de 90 % des femmes et des filles subissent des mutilations génitales féminines ou une excision, sous une forme ou une autre.

Que fait l’UNICEF pour mettre fin à cette pratique ?

L’UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) conduisent ensemble le plus vaste programme mondial visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l’excision. Ce programme soutient les lois et politiques de tolérance zéro et collabore avec les agents de santé pour éliminer ces pratiques et fournir des soins aux femmes et aux filles qui les ont subies. Dans les pays où ces pratiques sont répandues, les statistiques montrent qu’une majorité s’y oppose, hommes et femmes confondus, mais la plupart cachent leur opinion, de crainte d’être rejetés par la communauté . Pour changer ces perceptions, le programme de l’UNICEF et de l’UNFPA travaille avec les communautés pour les encourager à discuter ouvertement et exprimer leur souhait de mettre fin à ces pratiques.

Quels ont été les effets du programme ?

Depuis le lancement du programme conjoint de l’UNICEF et de l’UNFPA en 2008, 13 pays ont adopté des lois qui interdisent les mutilations génitales féminines et l’excision . Le programme a permis à 732 928 filles et femmes (soit 38 % de plus que l’année précédente) d’accéder aux services de prévention, de protection et de traitement . Quelque 2 906 communautés dans une quinzaine de pays se sont mobilisées pour déclarer publiquement qu’elles abandonnaient ces pratiques, touchant ainsi 8 498 528 personnes, bien plus qu’en 2015 .

Au cours des trente dernières années, la pratique des mutilations génitales féminines et de l’excision a reculé et cette tendance se poursuit . En continuant notre action, nous pouvons, ensemble, mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l’excision d’ici à 2030 .

« Faisons de cette génération celle qui abolira ces pratiques une fois pour toutes, afin de créer un monde meilleur et plus sain pour l’ensemble de l’humanité. »


- Déclaration du Directeur exécutif de l’UNFPA
et du Directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake

En savoir plus :

Aperçu de l’UNICEF sur les mutilations génitales féminines et l’excision (en anglais)
Données de l’UNICEF sur les mutilations génitales féminines et l’excision (en anglais)
Aperçu de l’UNFPA sur les mutilations génitales féminines et l’excision (en anglais)
Les mutilations génitales féminines et l’excision : Une question d’intérêt pour le monde entier (en anglais)
Mesurer les progrès, encourager le changement


 

 

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