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En bref : Sierra Leone

Des clubs, des livres et du ruban : les solutions simples qui sauvent des vies d’enfants en Sierra Leone

Par Indrias G. Kassaye

En Sierra Leone, près d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffre de malnutrition chronique. Une communauté a choisi de lutter contre la malnutrition des enfants grâce aux groupes de soutien aux mères.

ROGBONKO, Sierra Leone, le 13 avril 2016 – Samedi matin, huit heures, le centre du village de Rogbonko se remplit de chants joyeux et de rires tandis que des femmes se réunissent autour d’un simple livre d’images. C’est l’heure de la réunion hebdomadaire du groupe de soutien aux mères de Rogbonko, où des femmes enceintes, allaitantes et des mères de jeunes enfants de la communauté se rassemblent pour parler de nutrition.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sierra Leone/2015/Kassaye
Des mères et des enfants à la réunion hebdomadaire du groupe de soutien aux mères du village de Rogbonko, dans le district de Bombali, en Sierra Leone. Ces réunions permettent d’apprendre aux mères locales en quoi consiste véritablement la nutrition et à évaluer les niveaux de malnutrition des enfants au sein de la communauté.

« Nous sommes ici pour apprendre comment prendre soin de nos enfants au mieux pour qu’ils se développent correctement, » explique Rugiatu Kamara, qui préside le groupe.

Le danger de la malnutrition infantile

La Sierra Leone présente l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés dans le monde avec plus de 120 enfants pour mille qui meurent avant leur cinquième anniversaire. La pauvreté et le manque de nourriture y sont pour quelque chose, mais la plupart de ces décès sont évitables avec des interventions simples comme une nutrition adéquate. Dans le monde, la malnutrition est un facteur sous-jacent dans près de la moitié des décès des moins de cinq ans, et en Sierra Leone, près d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffre de malnutrition chronique.

« La principale cause de malnutrition dans la communauté est liée au fait que certaines personnes ne savent pas le type d’aliments qu’elles devraient donner à leurs enfants – quand et comment, et la fréquence à laquelle ils doivent être nourris, » explique Fatou Tarawalie, nutritionniste au sein de l’ONG World Hope International (WHI). Avec l’appui de l’UNICEF, WHI gère le programme de nutrition du groupe de soutien aux mères dans le district de Bombali.

Des solutions efficaces

L’une des principales difficultés de l’élimination de la malnutrition est de diffuser des informations pour la survie d’une manière simple qui puisse être utilisée dans les communautés de toute la Sierra Leone, où le taux d’alphabétisation n’est que de 48 % chez les plus de 15 ans.

Image de l'UNICEF: Rugiatu Kamara, la présidente du groupe de soutien aux mères.
© UNICEF Sierra Leone/2015/Kassaye
Rugiatu Kamara, la présidente du groupe de soutien aux mères. En utilisant des outils simples comme un ruban pour mesurer la circonférence du bras et un livre d’images sur la nutrition, Rugiatu donne aux femmes du groupe des informations sur la malnutrition et l’alimentation de la mère, du nourrisson et de l’enfant.

Pour aider à résoudre ce problème, l’UNICEF a développé un livre illustré, que Rugiatu utilise maintenant pour animer des discussions sur la nutrition et les pratiques d’alimentation. Les pages illustrées contiennent des informations sur l’alimentation de la mère, du nourrisson et de l’enfant, notamment sur ce que les femmes enceintes, les bébés et les jeunes enfants ont besoin de manger, à quelle fréquence, et dans quelles quantités pour garantir un état de santé optimal.

Après une discussion générale avec tout le groupe, Rugiatu fait le tour du cercle pour vérifier l’état nutritionnel des enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Pour ce faire, elle utilise un ruban coloré pour mesurer la circonférence du bras, qui permet d’identifier les enfants souffrant de malnutrition et le niveau de gravité. Le vert indique une bonne santé, le jaune indique une malnutrition aiguë modérée, et le rouge signale une malnutrition aiguë sévère – qui peut être mortelle en l’absence de traitement.

« Lorsque j’utilise le ruban de mesure de la circonférence du bras et qu’il indique la couleur jaune, je dis à la mère que son enfant risque de tomber malade et qu’elle doit faire attention à la manière dont elle le nourrit, » explique Rugiatu. « Si c’est rouge, l’enfant est malade et j’explique à la mère qu’elle doit l’emmener à l’hôpital. »

Ce samedi-là, tous les enfants ont obtenu un résultat vert, sauf Morlay, 15 mois, dont le résultat est jaune.

Rugiatu explique à la mère de Morlay, Kayima Kaloko, ce que signifie ce résultat, et la conseille sur la manière dont elle devrait nourrir son fils en lui montrant les pages du livre d’images sur la nutrition consacrées aux enfants âgés de 12 à 24 mois. Les illustrations indiquent qu’elle devrait compléter l’allaitement au sein avec un mélange adapté de fruits, de légumes et de céréales. Le livre explique également la fréquence à laquelle elle doit nourrir Morlay, et l’importance de veiller à de bonnes pratiques d’hygiène en préparant sa nourriture et en le nourrissant.

Kayima promet de suivre ces conseils. « La première chose que je vais faire en rentrant à la maison sera de trouver les bons aliments pour nourrir mon fils, » dit-elle.

Rugiatu Kamara utilise un livre d’images conçu par l’UNICEF pour montrer à Kayima Kaloko comment s’assurer que son fils est bien nourri.

Après s’être occupée de Kayima, Rugiatu s’adresse aux femmes enceintes du cercle. Grâce à des fiches illustrant une alimentation optimale au cours de la grossesse et de l’allaitement, elles parlent de l’importance de manger correctement pour la santé du bébé comme pour celle de la mère.

Un avenir prometteur

« Je suis contente parce qu’au moins maintenant les membres de la communauté savent ce qu’il faut faire, » dit Fatou, la nutritionniste de WHI. « Avant, le taux de malnutrition était élevé, mais avec l’aide des groupes de soutien aux mères, il est maintenant en train de baisser. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sierra Leone/2015/Kassaye
Rugiatu Kamara, la présidente du groupe de soutien aux mères. En utilisant des outils simples comme un ruban pour mesurer la circonférence du bras et un livre d’images sur la nutrition, Rugiatu donne aux femmes du groupe des informations sur la malnutrition et l’alimentation de la mère, du nourrisson et de l’enfant.

Fatou explique qu’avant, lorsque leurs enfants étaient malades, beaucoup de mères se contentaient de les garder à la maison. Désormais, ils sont adressés au centre périphérique de santé, où il existe un programme thérapeutique en ambulatoire (PTA), et ils peuvent y recevoir un traitement contre la malnutrition aiguë sévère qui les sauve. Chaque vendredi, les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère suivant le PTA reçoivent des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) fournis par l’UNICEF. Le traitement permet généralement de les remettre sur pied en 6 à 8 semaines.

Les groupes de soutien aux mères permettent aussi d’améliorer la santé d’autres manières. Suite à l’épidémie dévastatrice d’Ebola en Sierra Leone, beaucoup de personnes craignaient d’approcher les  dispensaires. Grâce aux réunions hebdomadaires et aux séances de conseil, les groupes de soutien aux mères restaurent la confiance et encouragent le recours aux établissements publics de santé.

Dans les communautés, les interventions simples – les clubs de mères, les livres d’images et le ruban coloré – sont au cœur de la lutte contre les maladies responsables des décès d’enfants comme le paludisme, la pneumonie, la rougeole et les maladies diarrhéiques. En partageant des conseils sur les pratiques optimales et en détectant la malnutrition à ses premiers stades, les communautés disposent des outils nécessaires pour réduire les taux tragiques de mortalité de l’enfant en Sierra Leone.


 

 

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