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Nutrition

Les visages de la malnutrition

Image de l'UNICEF
Deux volontaires de santé mesurent la circonférence du bras d’Anish Tamang durant une orientation sur la nutrition au poste de santé Mulkharka, à Katmandou

La malnutrition : une situation d’urgence « invisible »

La malnutrition a des millions de visages :

  • Celui d’un enfant qui n’atteint jamais sa taille maximale à cause de la pauvreté, de mauvaises conditions d’assainissement, du fait de ne pas avoir été allaité au sein et d’un accès limité à des aliments nutritifs ;
  • Celui d’une jeune femme qui devient anémique pendant sa grossesse et accouche d’un enfant atteint d’insuffisance pondérale qui, plus tard, sera confronté à des retards dans son développement ; 
  • Celui d’un enfant devenu aveugle à cause d’une carence en vitamine A ;
  • Celui d’un enfant qui devient obèse parce qu’il consomme trop d’aliments de mauvaise qualité ; 
  • Celui d’un enfant émacié, en danger de mort imminente.

Près de la moitié des décès d’enfants âgés de moins de cinq ans peuvent être attribués à la sous-nutrition. Cela se traduit chaque année par la mort d’environ 3 millions de jeunes enfants.

Une petite partie seulement de ces enfants meurent à cause de circonstances catastrophiques comme la famine ou la guerre. Dans la majorité des cas, les conséquences mortelles de la malnutrition sont bien plus subtiles : elle retarde la croissance des enfants, les prive des vitamines et des minéraux qui leur sont indispensables et les rend plus vulnérables aux maladies.   

La malnutrition constitue une atteinte au droit de l’enfant à la survie et au développement et ses effets restent souvent invisibles jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour agir.  

La malnutrition est plus qu’un manque d’aliments ; c’est une combinaison de facteurs : insuffisance en protéines, en énergie et en micronutriments, infections ou maladies fréquentes, négligence, mauvaises habitudes alimentaires, services de santé inadaptés et services d’eau et d’assainissement insuffisants. Rien que le fait de ne pas, ou de mal, allaiter les enfants au sein représente presque 12 % de la totalité des décès chez les enfants âgés de moins de cinq ans .

La malnutrition chronique en début de vie conduit au retard de croissance qui empêche le cerveau et le corps de l’enfant de se développer et d’atteindre tout son potentiel. Les dommages provoqués par le retard de croissance sont irréversibles et ont toutes sortes de conséquences, de la réduction des capacités d’apprentissage et donc des résultats scolaires à des revenus inférieurs plus tard dans la vie. Dans le monde, 159 millions d’enfants de moins de cinq ans sont atteints de retard de croissance. Ces enfants proviennent souvent des foyers les plus défavorisés, ce qui fait du retard de croissance un des principaux critères de la pauvreté et de l’inégalité. 

L’émaciation – le fait que l’enfant dépérit, n’ayant plus sur lui que la peau et les os – est le résultat terrible de la malnutrition aiguë et présente un danger immédiat de mort. En 2014, 50 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient atteints d’émaciation et 16 millions étaient atteints d’émaciation sévère.

La triple menace de la malnutrition 

Certes, le retard de croissance et l’émaciation persistent sur la planète mais la malnutrition change rapidement de visage. La surnutrition – notamment l’excès de poids et l’obésité – est aujourd’hui en hausse dans presque chaque pays du monde.

Sur la planète, environ 41 millions d’enfants sont atteints d’un excédent de poids. De nombreux pays sont à présent confrontés au « triple fardeau » de la malnutrition : sous-nutrition et carence en micronutriments d’une part et excès de poids/obésité d’autre part.   

Ces problèmes ne se posent pas aux deux extrémités d’une ligne allant de la famine à l’obésité : la réalité est beaucoup plus complexe. En fait, sous-nutrition et surnutrition coexistent fréquemment dans le même pays, la même communauté ou encore chez une même personne. Par exemple, les enfants atteints de retard de croissance risquent davantage de développer un excédent de poids lorsqu’ils seront adultes.

Les causes de la sous-nutrition, de l’excès de poids et de l’obésité sont similaires et interdépendantes. La pauvreté, le manque d’accès à des régimes alimentaires convenables, de mauvaises habitudes d’alimentation pour les nourrissons et les jeunes enfants, la commercialisation et les ventes d’aliments et de boissons nocives pour la santé peuvent conduire aussi bien à la sous-nutrition qu’à l’excès de poids et à l’obésité.

Les bases d’une bonne nutrition

Il est possible de prévenir la sous-nutrition et l’excès de poids grâce à bon nombre de techniques similaires. Un ensemble d’interventions essentielles, essayées et testées, notamment pendant la période critique des mille premiers jours de vie, peuvent tout changer.

Les bases d’une bonne nutrition consistent notamment à améliorer la nutrition des femmes avant, pendant et après la grossesse ; à encourager et soutenir l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie de l’enfant ainsi que la poursuite de l’allaitement au sein jusqu’à l’âge de deux ans ou au-delà ; à faciliter l’apport de compléments alimentaires sains, appropriées et de qualité supérieure au moment qui convient ; et à effectuer des interventions appropriées en matière de micronutriments.

Aussi bien dans les contextes des situations d’urgence et que dans ceux du développement, les programmes de l’UNICEF permettent de poser les bases d’une bonne nutrition et de traiter la malnutrition sous toutes ses formes. 

La nutrition pour un développement durable 

Une bonne nutrition constitue la base de communautés et pays sains, prospères et productifs.

Des enfants bien alimentés sont en meilleure santé, résistent mieux aux maladies et aux crises et réussissent mieux à l’école. Au fur et à mesure qu’ils grandissent, ils sont mieux capables de participer et de contribuer à la vie de leurs communautés. Les bienfaits d’une bonne nutrition se transmettent ainsi d’une génération à l’autre et agissent comme un  « ciment »  liant et soutenant les différents aspects du développement d’un pays.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est admis dans monde entier qu’une bonne nutrition est essentielle pour le développement durable. En particulier, l’Objectif 2 des Objectifs de développement durable 2015 (ODD) vise à « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ».

Mais une bonne nutrition, c’est plus que la simple élimination de la faim : une bonne nutrition est aussi indispensable pour atteindre de nombreuses cibles des ODD, notamment celles visant à mettre fin à la pauvreté, à parvenir à l’égalité des sexes, à permettre à tous de vivre en bonne santé, à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie, à améliorer la croissance économique, à bâtir des sociétés ouvertes et à garantir des modes de consommation durables. 

Voici un seul exemple : l’allaitement au sein prévient les décès, les maladies infantiles et les maladies non transmissibles tout en contribuant au développement cérébral et à la protection de la santé maternelle. Il est également durable en termes d’environnement et réduit les inégalités en aidant même ceux qui disposent d’un accès limité aux services de santé.

Transformer le paysage nutritionnel

Le paysage nutritionnel mondial a considérablement changé au cours des dernières années. Les nations reconnaissent la capacité de la nutrition à rendre plus fortes les sociétés et à transformer la vie des enfants et de leurs familles, même dans les endroits les plus pauvres et les plus fragiles.

L’UNICEF se trouve à l’avant-garde de ce changement en assurant un leadership mondial et en développant à grande échelle des programmes de nutrition pour les mères et leurs enfants, en accordant la priorité à l’aide aux populations les plus vulnérables et les plus marginalisées. Pour en savoir plus sur notre approche et notre action.


 

 

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