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En bref: Yémen

Au Yémen, l’envie d’apprendre, malgré les combats

Par Abdullah Modhesh et Kate Rose

Déplacée par les conflits pas une fois mais deux, une jeune fille au Yémen fait tout son possible pour continuer d’aller à l’école..

SANAA, Yémen, le 25 septembre 2015 – Rahaf Mohamed Saïd vivait tout près de son école avec sa famille dans la ville de Taïz, au sud du Yémen. « Elle faisait partie des élèves de 5e année d’école primaire les plus actifs de son école, » affirme son père, en se souvenant d’une autre époque.

Image de l'UNICEF: Rahaf Mohamed Saïd et sa famille ont été déplacés deux fois par les conflits continus au Yémen, d’abord de leur maison puis du village de son oncle, où ils avaient trouvé refuge
© UNICEF Yemen/2015/Mahyoub
Rahaf Mohamed Saïd et sa famille ont été déplacés deux fois par les conflits continus au Yémen, d’abord de leur maison puis du village de son oncle, où ils avaient trouvé refuge

L’école se trouvait dans la rue Al-Mwasalat, qui est devenue le théâtre de combats de rue parmi les plus violents de la ville plus tôt cette année, lorsque le pays a sombré dans les conflits.

Près de 2 millions d’enfants se sont retrouvés dans l’impossibilité de poursuivre leur scolarité suite à la fermeture de près de 3 600 écoles dans le pays à cause des conflits. L’école de Rahaf en faisait partie. La famille ne s’est pas laissé abattre pour autant. Espérant que les conflits cesseraient rapidement, ils ont continué à vivre dans leur maison autrefois joyeuse, en priant pour un retour à la normale dans la ville.

Mais mi-avril, un char de combat a pris position devant la maison familiale. Il s’est mis à bombarder l’autre côté de la ville, et parfois des rues proches. Comme plus d’1,4 million d’autres Yéménites, la famille a dû fuir sa maison. Elle s’est dirigée vers la montagne de Sabir, où elle a séjourné chez l’oncle de Rahaf.

Malgré les nombreuses difficultés, la famille s’est intégrée comme elle a pu au sein de la communauté du village. Rahaf, du haut de ses onze ans, est une jeune fille joyeuse et sociable et a rejoint l’école de ses cousins en tant qu’ « observatrice ». 

« Ça n’était pas aussi bien qu’à mon école. Il n’y avait pas de toilettes ni de cantine, et il n’y avait pas de chaise pour moi, » explique-t-elle. « Mais c’était mieux que de rester à la maison. »

Trouver des solutions

L’UNICEF travaille en lien étroit avec le Ministère de l’éducation afin de trouver des solutions pour les enfants comme Rahaf, qui ont été déplacés de chez eux et qui ont dû interrompre leur scolarité.

Les écoles ont reçu l’instruction d’accepter les enfants déplacés même s’ils n’avaient pas leurs  fiches de parcours scolaire. Rahaf a donc pu passer les examens finaux de 5e année.

« J’étais contente de ne pas manquer une année, mais je n’ai pas de diplôme. Personne ne m’a donné mes notes, » explique Rahaf.

Peu après la fin des examens, des conflits ont éclaté dans le village, entraînant un changement radical.

« Des chars sont à nouveau apparus devant la maison de mon oncle, et les bombardements avaient lieu jour et nuit, » explique Rahaf, qui se souvient que les bombardements faisaient trembler la maison et l’effrayaient. Quand elle était chez elle avec sa famille à Taïz, elle avait l’impression que son père saurait comment les sauver, mais qu’à présent ils étaient plus vulnérables. Cette fois, il y avait non seulement des chars, mais aussi des roquettes qui ne tombaient pas loin, et une maison très proche a été endommagée.



Image de l'UNICEF
© UNICEF Yemen/2015/Mahyoub
Dans la ville de Taïz, une famille fuit les combats de rue et les bombardements. On estime à plus d’1,4 million le nombre de personnes qui ont été contraintes de quitter leur foyer depuis l’escalade des conflits en mars.

De nombreuses familles ont quitté le village cette fois. Pour la famille de Rahaf, il s’agissait du deuxième déplacement. Ils n’avaient pas d’autre choix que de retourner dans la ville qu’ils avaient fuie. Comme ils ne pouvaient retourner dans leur maison, ils ont rejoint d’autres familles déplacées qui avaient trouvé refuge dans une école.

L’utilisation des écoles comme refuge pour les familles déplacées n’est pas nouvelle au Yémen. Il s’agit d’une pratique courante lors des conflits localisés de ces dernières années et  cela pose un sérieux problème pour l’éducation des enfants, tant pour les enfants déplacés que pour les enfants qui allaient autrefois à l’école là-bas. Les événements de ces derniers mois au Yémen n’ont fait qu’empirer les choses.

L’UNICEF travaille avec le Gouvernement pour mettre en place des cours de rattrapage pour ceux dont la scolarité a été interrompue, et pour encourager un maximum d’enfants à retourner à l’école pour la nouvelle année scolaire.

Environ 600 000 élèves ne pouvaient pas passer leurs examens de fin d’année parce que leurs écoles étaient fermées. L’UNICEF et le Ministère de l’éducation ont permis à environ 65 % des élèves de 9e et de 12e année de passer leurs examens nationaux.

Suite à l’interruption du système scolaire à cause des conflits, l’UNICEF est intervenu pour fournir un appui technique et logistique essentiel, notamment pour l’impression et la distribution des feuilles d’examen et la supervision des épreuves.

 


 

 

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