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En bref: République arabe syrienne

Mines terrestres : l’ultime menace pour les enfants de Raqqa

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syrian Arab Republic/2017/Souleiman
Khaled tenant la main de Sherin, une spécialiste de la protection de l’enfance de l’UNICEF, dans l’hôpital où sa sœur et lui sont actuellement soignés.
 

QAMISHLI, République arabe syrienne, le 11 juillet 2017 – Il y a deux semaines, Khaled, 10 ans, et sa famille ont fui leur maison de Raqqa en pleine nuit en quête d’un lieu sûr après avoir vécu pendant des mois au cœur de violents combats, la peur au ventre. Avant cela, la famille avait déjà connu trois déplacements, se retrouvant à chaque fois contrainte de fuir en laissant tout derrière elle.

Une fois encore, le périple s’est avéré extrêmement dangereux. Khaled a marché sur une mine terrestre. L’explosion lui a provoqué plusieurs blessures aux mains, aux jambes et à la tête, tandis que la mâchoire de sa sœur Esraa, 14 ans, a été complètement pulvérisée. 

De nombreuses familles fuyant les combats ont rapporté que leur voyage était semé de dangers, parmi lesquels tirs de snipers, mines terrestres et débris de guerre explosifs transformant en véritables pièges mortels les routes qui permettent de quitter la ville. En effet, des témoignages concordants font état de représailles contre les familles qui tentent de fuir la ville, telles que la destruction de leur voiture et de leurs biens ainsi que le harcèlement et les châtiments. Souvent, les civils choisissent de prendre la fuite de nuit de peur d’être la cible de tireurs embusqués. 

De tragédie en tragédie

« Nous étions en train de marcher dans la nuit quand nous avons entendu une première explosion », se souvient Ismail, 16 ans, le grand frère de Khaled. « Puis ma cousine et son mari se sont mis à crier et à pleurer et nous nous sommes précipités pour aller les aider. »

« C’est alors qu’a eu lieu la deuxième explosion, mais cette fois, c’est mon père qui s’est mis à hurler et à pleurer, tout en portant Khaled et Esraa dans ses bras », ajoute le garçon, qui a dû se rendre de toute urgence dans trois hôpitaux différents à Hassaké, Qamishli et Kobani pour que son frère et sa sœur, ainsi que ses autres proches, tous grièvement blessés, puissent être pris en charge.

Un mois auparavant, la famille avait déjà perdu l’une de ses filles aînées et son bébé de deux mois dans les mêmes conditions.

« Nous cherchions tellement à éviter les balles perdues et les tirs d’artillerie que nous n’avons pas fait attention aux mines terrestres », se remémore douloureusement la mère de Khaled.

Des conditions de vie difficiles

À l’instar de celle de Khaled, des milliers de familles ont été contraintes de quitter leur maison de Raqqa pour fuir les combats permanents. Quelque 200 000 personnes ont ainsi été déplacées à l’intérieur du pays depuis novembre 2016, dont certaines dans des camps situés dans le désert au sein des gouvernorats d’Hassaké et de Raqqa, et d’autres plus loin encore jusqu’à Alep, Idleb et Hama.

Nombre d’entre elles ont voyagé pendant des semaines, sans nourriture ni eau en quantités suffisantes, et sans aucun abri. Mais les conditions de vie difficiles à Raqqa sont une raison de plus qui pousse les civils à quitter leur maison. En effet, au cours des quatre dernières années, la ville n’a reçu que très peu d’aide et le dernier convoi d’aide humanitaire interinstitutions de l’ONU dont elle a bénéficié remonte à octobre 2013.

« Nous avons dû aller de maison abandonnée en maison abandonnée, en quête de d’eau laissée par les habitants ayant pris la fuite », poursuit Khaled, se remémorant les difficultés extrêmes que sa famille a dû traverser pour trouver de l’eau potable.

Un long chemin vers la guérison

Au service des urgences de l’hôpital de Qamishli, Khaled et Esraa récupèrent doucement, mais les blessures psychologiques, elles, seront bien plus longues à guérir.

« Khaled et Esraa comptent parmi les nombreux enfants qui vivent dans un état de peur permanente en raison du violent conflit qui sévit à Raqqa », explique Sherin Murad Ismael, spécialiste de la protection de l’enfance au sein du bureau local de l’UNICEF à Qamishli.

« Les parties impliquées dans le conflit ont la responsabilité de protéger les enfants déjà très marqués par des années de guerre d’une violence sans nom », ajoute-t-elle. 

Khaled souffre tellement qu’il peut à peine parler. Mais il est soulagé d’être toujours en vie et d’avoir pu quitter Raqqa.

« J’ai tellement perdu à cause de cette guerre, mais tant que je serai vivant, tout s’arrangera avec le temps », confie-t-il.

L’UNICEF œuvre pour répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables qui ont dû fuir Raqqa, notamment en les approvisionnant en eau salubre, en installant des latrines, des douches et des réservoirs d’eau dans les camps et en distribuant des kits d’hygiène aux familles afin de protéger les enfants contre les maladies transmises par l’eau.

Des cliniques mobiles ont été créées pour fournir des soins de santé primaires, y compris des services de vaccination aux enfants et à leur mère. Des suppléments nutritionnels essentiels sont aussi distribués régulièrement. Enfin, des espaces amis des enfants ont été aménagés pour que les plus jeunes puissent participer à des activités ludiques et ainsi recevoir un soutien psychosocial qui les aide à surmonter leur traumatisme et à redonner à leur vie un semblant de normalité. 

 


 

 

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