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En bref: République arabe syrienne

Un nouveau foyer – à la recherche d’enfants syriens ayant perdu leur famille

Image de l'UNICEF: Two Syrian boys sitting on steps
© UNICEF/ Syrian Arab Republic 2017/ Khudr Issa
Zakariya, 6 ans, et Doha, 5 ans, étaient renfermés quand ils sont arrivés au foyer. Désormais, ils ont plaisir à interagir avec d’autres enfants et les « taties ».
 

La violence qui règne à Alep a séparé de nombreux enfants de leur famille. Avec l’aide de partenaires sur le terrain, l’UNICEF part à la recherche de ces enfants afin de leur offrir un lieu d’accueil temporaire sûr le temps que l’on retrouve des membres de leur famille. Mohammed, 12 ans, et ses cinq frères et sœurs ont été découverts vivant seuls dans des conditions terribles. Après plusieurs mois de recherche, ils ont pu retrouver leur oncle.

Par Basma Ourfali et Yasmine Saker

ALEP, République arabe syrienne, le 21 mars 2017 – Dans une rue d’Alep se trouve une maison à deux étages avec une porte vert vif. Bordée d’un petit jardin planté de jasmins et d’oliviers, la coquette demeure contraste avec la dureté des expériences traversées par les enfants qui y vivent..

La crise syrienne en chiffres*

6 ans de conflit

6 millions d'enfants dépendant de humanitarian assistance

2,3 millions d'enfants syriens réfugiés

Plus 1,7 million d'enfants
désclolarisés

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Au fond du gouffre

*mars 2017
Au fil de l’escalade de la violence à Alep ces trois dernières années, le principal orphelinat de la ville a été endommagé. Les enfants et le personnel ont dû déménager plusieurs fois pour trouver refuge ailleurs.

Fin novembre 2016, quand les familles ont fui et évacué les quartiers est de la ville, l’UNICEF a identifié un nombre croissant d’enfants non accompagnés, dont certains trop petits pour savoir parler.

« C’est tellement triste de voir des enfants séparés de leurs proches alors qu’ils tentent de fuir le danger immédiat dans le chaos et la confusion », déplore Hanaa Singer, Représentante de l’UNICEF dans le pays.

Il était urgent de créer un havre de paix pour ces enfants pendant que s’engageaient des efforts pour réunir les enfants et leur famille. C’est ainsi qu’un foyer a vu le jour avec le soutien de l’UNICEF et a ouvert ses portes à 74 enfants orphelins ou séparés de leurs proches.

« Notre priorité est de faire en sorte que les enfants non accompagnés aient un endroit sûr pour vivre et soient pris en charge le temps que nous recherchions leur famille », explique Hanaa Singer.

Image de l'UNICEF: Syrian boy doing school work
© UNICEF/ Syrian Arab Republic 2017/ Khudr Issa
Après avoir eu la charge de ses cinq frères et sœurs pendant deux mois, Mohammed (12 ans) peut redevenir un enfant au sein du foyer.
 

Nulle part où aller

Le mois dernier, alors que des bénévoles ratissaient les quartiers de l’est d’Alep à la recherche d’enfants non accompagnés, ils sont tombés sur Mohammed, 12 ans, et ses cinq frères et sœurs : Doha, Hanadi, Ibrahim, Zakariya et un bébé de neuf mois, Yamen. L’équipe a trouvé les six enfants dans un endroit déserté d’Alep, vivant dans un immeuble partiellement détruit.

N’ayant nulle part où aller ni personne pour s’occuper d’eux, les six enfants ont vécu seuls pendant presque deux mois dans la même chambre.

« Mon père a été tué pendant les combats et notre mère a été arrêtée en sortant acheter de la nourriture », raconte Mohammed.

Les enfants n’ont eu d’autre choix pour survivre que de vendre de la ferraille trouvée en fouillant dans les décombres, ce qui leur a permis d’acheter de petites quantités de nourriture et d’eau potable. Pour se réchauffer, ils ont brûlé des morceaux de bois.

Malgré son jeune âge, Mohammed a endossé le rôle de l’« homme de la maison » et s’est occupé de ses frères et sœurs, y compris de Yamen. Le bébé a été retrouvé emmitouflé dans une couverture souillée.

Image de l'UNICEF: Syrian children and a caregiver sat together
© UNICEF/ Syrian Arab Republic 2017/ Khudr Issa
Dans le foyer, les enfants sont pris en charge par des « taties », le surnom qu’ils ont donné aux douze personnes qui s’occupent d’eux dans l’orphelinat qui est aujourd’hui leur maison.
 

Un nouveau foyer

Les enfants ont été conduits au foyer soutenu par l’UNICEF où ils ont pu prendre des douches chaudes, des repas chauds et enfiler des vêtements propres pour la première fois depuis des semaines.

« Quand ils sont arrivés au foyer, ils étaient dans le pire état qu’on puisse imaginer », se rappelle un membre de l’équipe qui a été parmi les premiers à accueillir les enfants.

« Ils étaient choqués, ils n’avaient pas pris de douche depuis tellement longtemps. Ils étaient couverts de cendres à cause du bois qu’ils faisaient brûler pour se réchauffer. Leurs cheveux étaient pleins de poux et le bébé pleurait sans interruption. »

La fratrie a été prise en charge par les « taties », surnom donné par les enfants aux douze personnes qui s’occupent d’eux dans l’orphelinat qui est aujourd’hui leur maison.

Leur seul souhait était de ne pas être séparés les uns des autres.

Image de l'UNICEF: Syrian girl sat on a bed
© UNICEF/ Syrian Arab Republic 2017/ Khudr Issa
Lorsqu’une famille fuyant Alep est à la fin du mois de décembre a trouvé Nour, elle était seule parmi les décombres, terrorisée. Alors qu’ils recherchaient un abri, la petite ne cessait d’appeler « Maman, Papa ! » mais ses parents restaient introuvables. Nour vit aujourd’hui à l’orphelinat où les taties s’occupent d’elle. Aucune trace de ses parents n’a pu être trouvée.
 

Retour à l’école
Il y a quinze jours, des membres de l’équipe du foyer ont inscrit les enfants dans une école voisine. Mohammed et Hanadi avaient hâte de retourner à l’école tandis que Doha et Ibrahim voyaient une classe pour la première fois.

Au foyer, ils côtoient des enfants qui ont vécu des situations comparables. Nour, petite fille de deux ans, a été sauvée des décombres par une famille qui fuyait Alep est en décembre 2016. Terrorisée, blessée et désorientée, elle a été transférée avec la famille dans un foyer en banlieue d’Alep puis à l’orphelinat le temps que l’on recherche sa famille. Les « taties » l’ont appelée Nour qui signifie « lumière ». Aucune trace de sa famille n’a pu être trouvée.

Cette solution d’accueil temporaire offre aux enfants un environnement protecteur afin de restaurer un semblant de normalité dans leurs vies anormales. Ils se lèvent à sept heures pour prendre le petit-déjeuner ensemble avant d’aller à l’école. Chaque jour après l’école, ils suivent des cours supplémentaires dans différentes matières pour les aider à rattraper leur retard sur leurs camarades de classe.

« Nous essayons de leur rendre la vie le plus simple possible », résume Mohammed, membre de l’équipe de l’orphelinat. « Le week-end, nous allons jouer au parc et nous nous amusons comme une grande famille ! »

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ Syrian Arab Republic 2017/ Khudr Issa
Les meilleures amies Rama (à gauche) et Esraa (à droite) ont toutes deux perdu leur famille dans les combats à Alep est. « On partage tout », dit Esraa de sa meilleure amie. « La nourriture, les habits, les histoires et les secrets. »
 

 Une lueur d’espoir
En travaillant avec des partenaires sur le terrain, l’UNICEF a identifié à Alep 324 enfants non accompagnés et séparés de leurs proches. Les enfants ont été confiés à des lieux d’accueil temporaire sûrs le temps que l’UNICEF et des ONG partenaires locales recherchent leurs parents, des proches survivants ou des membres de la famille élargie.

Après avoir été témoins de tant d’horreurs au cours de leur courte vie, nombreux sont les enfants à avoir besoin d’un soutien psychosocial.

Heureusement, la maison à l’accueillante porte verte offre une lueur d’espoir.

En janvier, après avoir vécu quatre mois dans le foyer, les six frères et sœurs ont pu retrouver leur oncle. Après des mois de recherche, l’unité dédiée du foyer a réussi à le localiser. Il est leur plus proche parent survivant après que leurs parents ont été tués dans les combats à Alep est.

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