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En bref: République arabe syrienne

Les enfants syriens touchés par le manque d'eau à Damas

Image de l'UNICEF: Syrian girl drinks water
© UNICEF/UN048256/Nader
Après avoir été privée d’eau pendant 2 semaines, la famille d’Afnan, 11 ans, a fait appel aux services d’un fournisseur privé. « L’eau que nous avons bue était très chère et avait un drôle de goût ».
 

Des millions de personnes sont privées d’eau courante depuis des semaines et les enfants sont particulièrement touchés. L’UNICEF a organisé un approvisionnement d’urgence en eau  par camions vers les écoles prioritaires de Damas. Il bénéficiera à plus de 90 000 élèves.

Par Yasmine Saker

DAMAS, République arabe syrienne, le 16 janvier 2017 – Environ 5,5 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants, sont privées d’eau courante depuis plus de trois semaines à Damas et dans ses environs. Il s’agit de la plus longue coupure d’eau qu’ait connue la ville. 

Les combats intenses ont endommagé les infrastructures liées aux deux principales sources d’eau potable de Damas (Ain El Fijeh et Wadi Barada) situées dans une vallée montagneuse proche de la capitale.  

Un programme de rationnement de l’eau a été mis en place par les autorités locales. Il permet à certains quartiers de recevoir l’eau courante pour une durée maximum de deux heures tous les trois ou quatre jours. C’est à peine assez pour couvrir les besoins élémentaires. 

« Lorsque mon père nous dit que c’est notre tour d’avoir de l’eau, nous préparons tous les récipients possibles à la maison : des bouteilles, des jerricanes, des casseroles et des poêles », explique Bachir, un garçon de 12 ans vivant dans le quartier d’Al-Midan à Damas. «

Quand l’eau arrive, c’est comme une fête pour nous ! », ajoute-t-il.

>> Soutenez les enfants touchés par la crise syrienne

Image de l'UNICEF: Syrian boy drinks water
© UNICEF/UN048254/Nader
Ibrahim, 12 ans, n’a plus d’eau chez lui depuis le début de la pénurie. « Un jour sur deux, j’aide mon père à relier un tuyau dans le jardin à un petit réservoir dans notre maison, sinon nous ne pouvons même pas nous laver les mains ».
 

Les graves pénuries d’eau représentent un danger pour la santé

Alors que la pénurie d’eau continue, les familles recourent à des alternatives comme par exemple acheter de l’eau à des vendeurs privés au double du prix habituel, sans garantie de qualité ni de salubrité. Ces pratiques soulèvent des préoccupations quant aux risques de maladies transmises par l’eau, notamment chez les enfants.

Dans certains quartiers de Damas, les gens paient jusqu’à 12 dollars É.-U. pour 1 000 litres d’eau à des sociétés privées. Le même volume d’eau ne coûtait que 5 dollars É.-U. il y a un an.

La semaine dernière, Bachir a été hospitalisé à cause de douleurs abdominales, de diarrhée et de vomissements. « À l’hôpital, ils m’ont dit que c’était peut-être lié à des aliments ou de l’eau contaminés », explique Bachir qui a manqué deux jours d’école lorsqu’il était malade.

>> Lire la déclaration commune PAM, UNICEF, OCHA, OMS, HCR sur la situation dans le pays

Image de l'UNICEF: Syrian boy washes his hands
© UNICEF/UN048105/Nader
Bachir, 12 ans, et sa famille ont fui les violences près de chez eux, dans la périphérie rurale de Damas, il y a bientôt quatre ans. Depuis, ils ont été déplacés trois fois. Bachir a été hospitalisé à cause de douleurs abdominales, de diarrhée et de vomissements ayant pu être causés par des aliments ou de l’eau contaminés.
 

Les enfants sont les premiers touchés par le manque d’eau
La lourde tâche d’aller chercher de l’eau revient de manière disproportionnée aux enfants. Beaucoup doivent se lever avant l’aube pour faire la queue aux points locaux de distribution d’eau avant qu’il n’y en ait plus. 

Pour beaucoup d’enfants, la longue marche sous le poids des lourds jerricanes est devenue une habitude quotidienne. Le temps qui devrait être passé à jouer, à étudier ou à se reposer est remplacé par des heures consacrées à aller chercher de l’eau. 

Tous les deux jours, après l’école, Dania, 11 ans, marche jusqu’à une mosquée avec son père et son grand-père, avec un jerricane de 10 litres pour aller chercher de l’eau. Ce trajet de 15 minutes semble plus long au retour.

« Le retour est fatigant, mais je fais des pauses. Ou bien je traîne le jerricane quand je n’arrive plus à le porter », explique Dania. « Je ne demande pas à mon père de m’aider parce qu’en général il porte déjà deux ou trois jerricanes, alors j’essaie de l’aider même si j’ai mal aux bras et au dos », ajoute-t-elle. 

Abdulrahman, 12 ans, subit le même sort chaque jour. Au lieu de faire ses devoirs, de se reposer ou de jouer avec ses amis, il passe des heures à aller chercher de l’eau pour sa famille.

« Chaque jour, après l’école, j’accroche trois jerricanes vides à mon vélo et je me rends dans une mosquée proche d’ici pour les remplir. C’est fatigant mais je suis l’aîné donc je dois m’en occuper pour ma famille », explique-t-il.

« Sans eau, nous mourrons »

Les longues coupures d’eau n’ont pas laissé beaucoup de possibilités à certains résidents. Certaines familles sont contraintes d’utiliser de l’eau non traitée provenant de puits n’ayant pas servi depuis des années.

Un père a expliqué à l’équipe de l’UNICEF : « Si nous tombons malades, nous pouvons être traités. Mais sans eau, nous mourrons ».

Environ 700 000 personnes à Damas, la plupart vivant sur les hauteurs de la ville, n’ont plus d’eau depuis plus de trois semaines à cause d’un volume d’eau réduit dans les puits souterrains. Depuis que l’eau des réseaux de distribution a été coupée, le 22 décembre 2016, les puits constituent l’unique source d’approvisionnement pour des millions de personnes.

Ces graves pénuries d’eau représentent une pression supplémentaire pour des familles qui subissent déjà de longues coupures de courant et un manque de gaz et de mazout dans un froid glacial.

Image de l'UNICEF: UNICEF-supported truck delivers water to a Syrian school
© UNICEF/UN048104/Al-Asadi
Un camion-citerne soutenu par l’UNICEF apporte de l’eau à une école du quartier d’Al-Midan à Damas, la capitale. L’UNICEF a déjà fourni des groupes électrogènes et livre 15 000 litres de combustible chaque jour pour accroître la capacité de pompage de l’eau, et achemine de l’eau par camions à 90 écoles prioritaires autour de Damas.
 

L’intervention d’urgence de l’UNICEF

Dans le cadre de son intervention plus large en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement à Damas, l’UNICEF a déjà rénové et équipé 120 puits souterrains à l’intérieur et autour de Damas, qui couvrent jusqu’à un tiers des besoins quotidiens en eau dans la ville. Ces puits d’eau fonctionnent actuellement à plein régime pour répondre aux graves pénuries d’eau.

L’UNICEF fournit pour les puits d’eau et les stations de pompage du combustible, des pièces de rechange et des réparations. Il s’agit d’accroître la production et le pompage de l’eau afin d’atteindre un maximum de 200 000 mètres cubes par jour. Ainsi, jusqu’à 3,5 millions de personnes pourront avoir accès à de l’eau potable.

Pour garantir un environnement d’apprentissage adapté aux enfants, l’UNICEF a commencé un acheminement d’eau d’urgence par camions vers 90 écoles prioritaires à Damas. Il bénéficie à plus de 90 000 élèves.

L’UNICEF se tient prêt à appuyer les travaux de réparation de la source et des réseaux d’eau endommagés dès que l’accès sera accordé, afin d’apaiser la souffrance des enfants et de leur famille.

>>  En savoir plus sur les besoins humanitaires des enfants syriens


 

 

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