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En bref: République arabe syrienne

Madaya, entre blessures inoubliables et lueurs d’espoir

Par Rafik ElOuerchefani

En Syrie, dans la ville assiégée de Madaya, les familles s’efforcent de reconstruire leur vie. L’éducation et les services médicaux ont souffert de l’accès humanitaire limité, et la malnutrition reste très présente.

 

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© UNICEF/UN07227/Al Saleh, WFP
À Madaya, les familles attendent la permission d’évacuer la ville assiégée. L’accès humanitaire limité bloque les mouvements depuis et vers la ville, privant des enfants comme Wassim du traitement médical dont ils ont besoin.

MADAYA/DAMAS, République arabe syrienne, le 8 avril 2016 – « Les personnes avaient l’air en meilleure santé que lors de ma première visite, » affirme un agent de santé de l’UNICEF, de retour d’une mission à Madaya mi-mars. Lors de la mission précédente, en janvier, les résidents de la ville peinaient à survivre.

>> Déclaration sur la zone assiégée de Madaya, le 15 janvier 2016 (en anglais)

Des signes d’amélioration ont effectivement été constatés au cours de cette récente mission. L’une des équipes de l’UNICEF a appris que le manque de nourriture continuait d’empêcher les enfants et les familles de dormir pendant les froides nuits de Madaya. Toutefois, contrairement aux mois précédents, les civils ne se plaignaient pas d’avoir faim, mais plutôt du manque de diversité alimentaire. « De nombreux enfants ont le ventre gonflé à cause du manque de protéines, » explique un père, en regardant les volontaires décharger des camions d’aide humanitaire dans des entrepôts de fortune.

Les agents de santé locaux de Madaya ont confirmé qu’un nombre élevé d’enfants et d’adultes présentaient des signes d’œdème à cause d’une carence en protéines. À cause du manque de personnel de santé qualifié, de médicaments, de traitements et d’installations, beaucoup de ces cas n’ont pu être diagnostiqués.

Une fillette de 8 ans était sortie toute seule dans le noir pour voir ce que les organismes d’aide humanitaire avaient amené. « Est-ce que vous avez amené du thon en conserve ? » a-t-elle demandé. Comme beaucoup d’autres personnes qui ont croisé le chemin de l’UNICEF à Madaya, elle savait que le thon en conserve est une source de protéines efficace et abordable.

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© UNICEF/UN07556/Singer
Le 14 janvier 2016, Mohammed est examiné pour malnutrition dans un hôpital de fortune à Madaya.

« Et des couches ? Vous avez amené des couches ? » a-t-elle demandé. Sa mère était restée à la maison avec son bébé d’un an.

Apprendre à Madaya

« Et l’université ? » a demandé une jeune femme.

L’éducation constitue un autre problème pour beaucoup de personnes à Madaya. Au paroxysme de la crise alimentaire, les écoles ont fermé pendant près de deux mois parce que les enfants étaient trop affaiblis pour s’y rendre.

Aujourd’hui, la plupart des enfants sont retournés à l’école, avec des cartables et des cahiers apportés récemment par les convois humanitaires de l’UNICEF, mais l’éducation n’a pas encore véritablement repris. Les enfants ont affirmé qu’ils avaient besoin d’un véritable programme scolaire pour que leurs études servent à quelque chose. Beaucoup se sont aussi plaints que leurs professeurs essayaient d’enseigner à des enfants de différents niveaux au sein d’une même classe. « Certes ils vont à l’école et apprennent forcément des choses, mais obtiendront-ils un diplôme ? » a demandé un père.

Les enfants ont raconté comment les fenêtres de l’école avaient éclaté à cause du siège, leur offrant une protection très limitée contre le rude hiver. « Il fait terriblement froid à l’école » a affirmé une fille. « Quand il pleut et que je vais à l’école, je suis glacée » a ajouté une autre.

Les cicatrices d’une douleur inoubliable

Même si les enfants et familles de Madaya ne meurent plus de faim, ils souffrent encore des conséquences dévastatrices du siège.

« Deux balles. Une dans le cou et une autre dans le dos, » a raconté un garçon à l’équipe de l’UNICEF, en expliquant comment on lui avait tiré dessus. On lui a ensuite interdit de sortir de Madaya pour recevoir un traitement médical.
Les cicatrices définitives de cet enfant en disaient long sur sa douleur inoubliable. Mais il a survécu.

« Wassim a perdu ses jambes, mais au moins il est en vie, » a dit une mère. Son fils de 7 ans s’est retrouvé à l’hôpital de fortune de Madaya après avoir eu les jambes brisées par une mine. Tragiquement, Wassim est décédé deux heures plus tard. Son frère, âgé de 6 ans, est décédé sept heures plus tard.

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© UNICEF Syrian Arab Republic/2016
Mohammed à Madaya en avril, l’air plus heureux et en meilleure santé, complètement rétabli.

Les frères jouaient avec leur ami Ammar. L’explosion l’a tué sur le coup.

Une lueur d’espoir

Malgré les difficultés continues qui touchent cette ville, on constate quelques signes d’amélioration. Mohammed, le garçon qui apparaissait dans une vidéo qui a fait le tour d’Internet et qui attirait l’attention mondiale sur la malnutrition sévère à Madaya, est en cours de rétablissement.

Examiné par un médecin de l’UNICEF qui a revu son traitement, il est désormais hors de danger.

Le traitement contre la malnutrition doit parvenir aux enfants de Madaya.

Les traitements médicaux, y compris l’évacuation médicale, doivent être rendus possibles pour les enfants comme Wassim, son frère et Ammar.

Les équipements spécialisés comme les trousses de sage-femme et le matériel chirurgical doivent bénéficier aux familles auxquelles ils sont destinés.

Ces mesures feront la différence entre la vie et la mort pour les familles de Madaya, dont la vie était menacée en janvier. À moins que l’aide humanitaire ne continue de leur parvenir, la mort planera au-dessus de la tête des enfants de Madaya – y compris de ceux qui ne sont pas encore nés.

« Mon souhait le plus cher », a confié un jeune enfant à l’équipe de l’UNICEF, « c’est de partir d’ici. »


 

 

UNICEF Photographie: Crise syrienne

 

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