Nous construisons un nouveau UNICEF.org et sommes en période de transition.
Merci pour votre patience – N’hésitez pas à nous rendre visite pour voir les changements mis en place.

En bref : Sierra Leone

En Sierra Leone, un travail de collaboration avec les communautés pour diminuer le nombre de grossesses chez les adolescentes

Par Harriet Mason

Bien trop souvent, les adolescentes sont absentes des programmes de développement, même si des progrès sont réalisés dans l’éducation, la santé, la lutte contre le VIH/SIDA et la protection contre la violence. Il convient de redoubler les efforts en faveur des adolescentes et  de leur donner la priorité, ce qui constitue l’axe de la Journée internationale de la fille 2015. Le thème de cette année est : « Le pouvoir des adolescentes : horizon 2030 ».

Alors que la lutte se poursuit en Sierra Leone pour éradiquer Ebola, l’UNICEF et ses partenaires appuient des programmes locaux et nationaux contribuant à prévenir les grossesses chez les adolescentes et à leur permettre de continuer d’aller à l’école.

 

Image de l'UNICEF: Isatu Jah, 17 ans, lit les notes qu’elle a prises à l’école sur la véranda de la maison familiale, à Kpangbama, en Sierra Leone
© UNICEF Sierra Leone/2015/Mason
Isatu Jah, 17 ans, lit les notes qu’elle a prises à l’école sur la véranda de la maison familiale, à Kpangbama, en Sierra Leone

KPANGBAMA, Sierra Leone, 7 octobre 2015 – Chaque après-midi, Isatu Jah, 17 ans, et un groupe d’autres jeunes filles se réunissent dans une salle communale du village de Kpangbama, au sud de la Sierra Leone, pour préparer l’avenir.

Il s’agit du club « Émancipation et moyens de subsistance pour les adolescents » (ELA) qui  se consacre à diminuer le nombre  de grossesses chez les adolescentes en offrant aux filles un espace protégé  leur permettant de recevoir une formation aux aptitudes à la vie quotidienne axée sur la santé sexuelle et reproductive. 

« Certaines de mes amies sont devenues mères et ce qu’elles ont vécu m’a incitée à participer à ce programme », dit Isatu.

« Je me suis inscrite au club ELA pour devenir plus autonome et éviter de tomber enceinte. Je suis satisfaite de dire que le programme ELA a joué un rôle essentiel pour m’aider à continuer à aller à l’école », dit-elle.

Quand les filles sont en vacances, la personne chargée de leur formation, Mbalu Kaikai, s’occupe d’elles. « Je me rends chez chacune d’entre elles pour m’assurer qu’elles vont bien. Nous parlons de tous les problèmes qu’elles peuvent avoir et nous essayons  de les résoudre ensemble », dit Mbalu Kaikai.

Outre les discussions sur la grossesse, les filles apprennent aussi à teindre les tissus, à fabriquer du savon, à coudre ou à coiffer les cheveux et reçoivent une formation de base sur la gestion d’un budget, en vue de leur permettre de comprendre les notions d’épargne et devenir indépendantes.

À l’issue de la formation, elles reçoivent de quoi mettre en pratique ce qu’elles ont appris ainsi qu’un prêt pour les aider à créer un petit commerce, le but étant qu’elles puissent subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. 

Impact sur la santé et les progress

La grossesse chez les adolescentes est en Sierra Leone un problème omniprésent qui a des répercussions sur la santé des filles et des jeunes femmes ainsi que sur leur progrès et leur émancipation dans les domaines social, économique et politique. La crise provoquée par le virus Ebola a aggravé la situation. La fermeture des écoles, associée à l’impact sur l’économie, a progressivement obligé les familles défavorisées et vulnérables à adopter des stratégies de survie désespérées.

L’enquête « Évaluation du rétablissement des enfants après Ebola en Sierra Leone » de Plan International, Save the Children, Vision mondiale et l’UNICEF a relevé des cas de plus en plus fréquents se rapportant au travail des enfants, à l’exploitation, à la violence et à la grossesse chez les adolescentes. La plus grande partie des filles devenues enceintes n’ont pas pu retourner à l’école.

Parallèlement, une évaluation rapide menée par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) sur la grossesse chez les adolescentes attend toujours de recevoir une confirmation officielle mais les résultats préliminaires montrent que, en Sierra Leone, plus de 14 300 filles sont devenues enceintes pendant la crise sanitaire provoquée par Ebola.

L’UNICEF a collaboré avec Irish Aid, le Ministère britannique du développement international, l’UNFPA et diverses autres institutions et programmes pour permettre de résoudre ce problème et le Gouvernement reçoit actuellement une assistance pour mettre en place un dispositif spécial destiné à aider les filles enceintes à poursuivre leurs études afin qu’elles puissent plus facilement reprendre une scolarité formelle après la grossesse.  Cette aide comprend aussi l’apport de conseil psychosocial, d’informations sur la santé et d’accès à des services de santé maternels et néonatals.

Les membres de la communauté, dont les parents, les hommes, les garçons et les chefs traditionnels, ont également été invités à participer à des débats portant, par exemple, sur la grossesse chez les adolescentes, le mariage précoce et la violence familiale.
 

Image de l'UNICEF: Un groupe de filles en train de danser et chanter au club Émancipation et moyens de subsistance pour les adolescents à Kpangbama ; celui-ci offre un espace protégé aux filles et leur permet de se former aux aptitudes à la vie quotidienne.
© UNICEF Sierra Leone/2015/Mason
Un groupe de filles en train de danser et chanter au club Émancipation et moyens de subsistance pour les adolescents à Kpangbama ; celui-ci offre un espace protégé aux filles et leur permet de se former aux aptitudes à la vie quotidienne.

Quand je vois des filles enceintes, je suis désolée pour elles car je sais qu’elles ne seront pas capables de s’occuper correctement d’elles-mêmes et de leurs enfants », dit Mme Jamie, une habitante de Kpangbama.

« J’encourage toujours les filles à rester à l’école parce que cela les aidera à avoir des vies meilleures dans l’avenir », ajoute-t-elle.

Les avantages de l’éducation

Bien que la grossesse chez les adolescentes reste en Sierra Leone un problème majeur touchant les filles et les jeunes femmes, on note des progrès à Kpangbama. « Les filles ne deviennent plus enceintes comme c’était le cas auparavant », dit Mbalu Kaikai, chargée de formation.

« Elles ont davantage conscience de la santé reproductive et de l’existence des centres de planification familiale. Aucune de nos écolières n’est tombée enceinte quand les écoles ont fermé et je suis sûre qu’elles retourneront en classe quand elles rouvriront. »

Isatu est d‘accord sur le fait qu’elle et les autres filles de leur village sont aujourd’hui conscientes des avantages de l’éducation et sont incitées à se consacrer davantage à leur scolarité.

« Je travaille davantage à l’école parce que je sais qu’il est important pour moi de faire des études afin que je puisse améliorer la vie de ma famille. Il y a un temps pour tout, même pour le sexe, dit-elle.

 Quand j’aurai fini l’école, je veux devenir infirmière parce que je veux aider les gens de mon pays à être bien soignés. » Le programme ELA, géré par BRAC Sierra Leone, reçoit aussi une assistance pour la prévention des grossesses chez les adolescentes.

« Les adolescentes doivent être à l’école pour préparer leurs vies futures, à leur âge, elles ne doivent pas être enceintes et élever des enfants , dit Geoff Wiffin, Représentant de l’UNICEF en Sierra Leone.

C’est pourquoi nous travaillons en collaboration étroite avec nos partenaires pour veiller à ce que les filles aient toutes les possibilités de rester à l’école et de faire des études. »


 

 

UNICEF Photographie : Mettre fin à Ebola

Recherche